Vers une gestion écosystémique des marais littoraux - l’exemple de Terres d’oiseaux

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Vers une gestion écosystémique des marais littoraux - l’exemple de Terres d’oiseaux

Un partenariat associant la commune de Braud-et-Saint-Louis, l’ONCFS et l’Onema a été mis en place au parc ornithologique Terres d’oiseaux. L’objectif est d’expérimenter de nouvelles modalités de gestion destinées à améliorer la fonctionnalité du milieu pour les espèces piscicoles, notamment l’anguille, tout en conciliant les autres enjeux présents sur le site.

 

Terres d’oiseaux, sur la rive droite de l’estuaire de la Gironde, est situé au cœur des marais littoraux du Blayais. Ce territoire d’une centaine d’hectares, composé d’un canal central relié à l’estuaire et de huit plans d’eau, constitue un milieu favorable à l’anguille européenne Anguilla anguilla et pour certains poissons vivant dans l’embouchure. À la suite de nombreuses dégradations, la commune de Braud-et-Saint-Louis, propriétaire du site, a pris l’initiative de réhabiliter Terres d’oiseaux. L’ONCFS, qui en est le gestionnaire, a réaménagé le réseau hydraulique en établissant des connexions entre les différents compartiments et avec l’estuaire. Les mortalités d’anguilles observées durant l’été 2006 ont mené l’ONCFS à faire appel à la direction régionale Sud-Ouest de l’Onema pour définir d’autres modalités de gestion du site. Un partenariat entre la mairie, l’ONCFS et l’Onema a ainsi vu le jour.

Une approche écosystémique

Dès le départ, une approche écosystémique prenant en compte l’ensemble des enjeux et des contraintes identifiés sur le site a été favorisée. Le fonctionnement hydraulique a été placé au cœur des préoccupations. L’objectif était de recréer, au gré des marées, des échanges d’eau fréquents avec l’estuaire, sans contrainte lourde pour le gestionnaire. Sur la base de relevées topographiques, des simulations hydrauliques ont permis de déterminer les entrées d’eau possibles sur le site en fonction des différentes conditions de l’estuaire et les répercussions sur l’évolution des niveaux d’eau dans les différents compartiments et sur l’ensemble du parc. Résultat : la solution résidait dans la modification d’un seul ouvrage, le batardeau aval, qui contrôle les entrées d’eau en provenance de l’estuaire et assure le maintien d’un niveau d’eau minimal sur le site.

Un travail partagé pour une réussite avérée

Les agents ont choisi de reconnecter le site à l’estuaire de façon permanente entre octobre et avril pour des coefficients de marées moyens. En revanche, en période de grandes marées, Terres d’oiseaux est déconnecté de l’estuaire afin d’éviter les inondations. De mai à septembre, alors que les eaux de l’estuaire sont plus chargées en sel et que nombre d’oiseaux nichent sur le site, seules des entrées ponctuelles sont pratiquées afin de maintenir des conditions de vie favorables aux poissons. Des campagnes de pêche ont été mises en œuvre afin de déterminer l’état initial des peuplements de poissons et d’évaluer l’efficacité des nouvelles mesures mises en place à l’automne 2010. Les dernières pêches effectuées à l’automne 2011 par l’unité spécialisée migrateurs Adour-Garonne de l’Onema ont révélé une évolution particulièrement intéressante des peuplements de poissons et l’apparition de nouvelles espèces, comme le maigre. Cette démarche sera transposée à d’autres sites gérés par l’ONCFS. Des discussions sont actuellement en cours avec le Conservatoire du littoral et l’Agence de l’eau Adour-Garonne afin de créer un réseau de sites complémentaires sur la façade sud-atlantique. Les enjeux sont d’importance, les marais littoraux représentant à l’échelle de la façade ouest-atlantique une surface de plus de 200 000 hectares.

Contacts :
matthieu.chanseau@onema.fr
lionel.taillebois@onema.fr

Article issu de La Lettre #10 - décembre 2011