Un exemple de requalification environnementale d’infrastructures routières

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Un exemple de requalification environnementale d’infrastructures routières

En 2009, le groupe des Autoroutes du sud de la France (ASF) a lancé une étude sur l’établissement de corridors écologiques dans le département de la Drôme. Sollicité par le groupe, l’Onema a été associé dès le départ à la démarche en participant au comité scientifique. Une fois les sites à restaurer en priorité désignés, ASF a engagé des travaux d’aménagement sur un ouvrage qui entravait la continuité d’un cours d’eau sous l’autoroute A7. En seulement deux ans, une passe à poissons et un passage latéral ont ainsi pu être mis en service, permettant à de multiples espèces de franchir l’obstacle.

 

Contactée par le groupe ASF, la délégation régionale Rhône-Alpes de l’Onema a identifié un seuil existant sur le Roubion, classé prioritaire dans le cadre du plan de gestion de l’anguille, qui nécessitait une intervention pour rétablir la continuité. En béton lisse, ce seuil de 2 m de dénivelé ne permettait à aucune espèce aquatique de passer. Il en était de même pour les mammifères terrestres tels que castors, loutres, renards, chevreuils, ou encore micro-mammifères.

Elaboration d’un projet multi-espèces

L’objectif était de mettre sur pied un projet multi-espèces. L’Onema a alors apporté son appui technique à ASF et au bureau d’études Ginger pour le choix d’une solution technique répondant à ces besoins. Le seuil ne pouvant être supprimé ou arasé, une solution de type rampe rugueuse a été retenue. L’Onema a rapidement pu donner un avis favorable au projet, en été 2010. Les travaux ont ainsi pu être programmés pour l’été 2011. Après avoir procédé à la découpe du seuil, ASF a aménagé une rampe à 5 % de pente avec des plots béton régulièrement disposés sur un fond d’enrochement afin que les écoulements soient freinés et que la vitesse de l’eau soit compatible avec celle des poissons. Un passage hors d’eau a également été conçu pour la faune terrestre.

Un double suivi aux résultats prometteurs

Un double suivi financé par ASF a été mis en place afin de mesurer les effets de ce nouvel aménagement. Concernant les espèces aquatiques, le bureau d’études Naturalia, engagé par ASF, a réalisé des prospections nocturnes afin de compter les anguilles présentes sur 1 km en aval et 1 km en amont du seuil. Aucune anguille n’était présente en amont avant son aménagement, ce qui confirme que le seuil n’était pas franchissable. Les résultats de suivi après travaux sont attendus courant 2012.
Pour les autres espèces, il est prévu de marquer une centaine de poissons par des transpondeurs avec détection automatique par deux antennes fixées dans la passe. Pour surveiller les passages de la faune terrestre, un double piège photographique muni d’un détecteur de mouvement a été installé sur le seuil.
Cette collaboration rapide et efficace a permis de mettre en service la passe à poissons seulement deux ans après la prise de contact entre ASF et l’Onema.

Contact : pascal.roche@onema.fr

Article issu de La Lettre #13 - octobre 2012