Quels prélèvements pour quels usages ?

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Vendredi 04 août 2017

Quels prélèvements pour quels usages ?

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  Prélèvements et usages   Impacts   Milieux aquatiques et changement climatique

 

Production d’eau potable, industrie, irrigation, … quels sont les volumes prélevés par les différents usages et dans quelle ressource (cours d’eau, retenues, nappes, …) ?
La connaissance des prélèvements dans le temps et dans l’espace est un des préalables à la gestion quantitative de la ressource en eau.

L’irrigation, une part modeste des prélèvements annuels, mais en général centrée sur la période d’étiage


(Michel Bramard, AFB)

Accès rapide :
Les chiffres clés sur les prélèvements en France
Les bases de données et synthèses disponibles
Des résultats d’études sur l’amélioration de la connaissance des prélèvements



Les chiffres clés sur les prélèvements d’eau en France

38,5 milliards de m3 prélevés en France en 2013 (hors hydroélectricité, Source BNPE)
38,1 milliards de m3 ont été prélevés en métropole et 373 millions de m3 dans les Outre-mer (hors Mayotte).
Ce chiffre n’intègre pas les volumes utilisés pour l’hydroélectricité très importants, d’environ 940 milliards de m3 en 2013, prélevés dans les cours d’eau mais qui y retournent à l’aval après turbinage. Les différences de localisation entre le prélèvement et la restitution, pouvant conduire à des transferts d’eau d’un bassin à l’autre, sont susceptibles de générer de fortes perturbations hydrologiques.

La moitié concerne le refroidissement des centrales
de production d’électricité
Le refroidissement des centrales de production d’électricité (nucléaire ou thermique) représente 55 % des volumes prélevés en 2013, soit environ 21 milliards de m3. Pour les autres principaux usages : la production d’eau potable et l’alimentation des canaux (pour la navigation) représentent environ 14 % des prélèvements, l’industrie 8 % et l’irrigation 7 %.

Le type de ressource prélevé est différent selon l’usage
Les eaux de surface représentent la principale ressource prélevée (73 % sur l’ensemble des usages hors hydroélectricité), notamment du fait de l’alimentation des canaux et du refroidissement des centrales électriques qui les utilisent principalement. Pour l’irrigation et l’industrie elles consitutent environ 2/3 des prélèvements.
A l’inverse, les 2/3 des prélèvements pour l’eau potable concernent les eaux souterraines.

L’irrigation, une part modeste des prélèvements annuels, mais concentrée sur l'été
A l’échelle annuelle, l’irrigation représente environ 7 % des prélèvements.
Cependant, ces prélèvements sont essentiellement concentrés sur les mois de mai à septembre, cette période coïncidant généralement à la période d’étiage des cours d’eau. De plus, contrairement à d’autres usages, l’eau prélevée pour l’irrigation est, dans sa quasi-totalité, consommée par les plantes ou évaporée. Une très faible partie est restituée au milieu, sauf dans le cas de l'irrigation gravitaire. L’irrigation peut ainsi consituter une part très importante des volumes consommés sur la période d’étiage estival.
Pour l’eau potable ou le refroidissement des centrales, si une part importante de l’eau prélevée retourne au milieu, les caractéristiques des eaux restituées sont toutefois modifiées (température et qualité de l’eau).
A noter que sur les cours de montagne présentant une période de basses eaux hivernale, la consommation d’eau potable peut représenter une part importante des prélèvements en saison touristique d’hiver.
En savoir plus : Bulletin 2013 de la BNPE

Les prélèvements pour l’eau potable et l’industrie baissent
Les prélèvements pour l’industrie baissent depuis la fin des années 1990. Ceux utilisés pour la production d’eau potable baissent depuis le milieu des années 2000, alors que dans le même temps la population augmente. La baisse concernant l’eau potable est liée à la fois à une réduction des pertes sur les réseaux de distribution et à une évolution du comportement des consommateurs pour réduire le gaspillage.
En revanche, il est difficile d’établir une tendance pour l’irrigation. En effet, les changements intervenus en 2008 sur les méthodes d’estimation des volumes prélevés, suite à la loi sur l’eau et les milieux aquatiques (LEMA, 2006), ont entraîné une discontinuité dans la chronique. Les séries de données avant et après 2008 ne peuvent être comparées. Des données sont disponibles sur l'évolution des surfaces irriguées, avec une très forte augmentation dans la seconde moitié du 20ème siècle et une stabilité depuis.
Les prélèvements pour la production d’énergie sont très influencés par le programme de maintenance des centrales nucléaires, mais aussi par les conditions climatiques.
En savoir plus : les prélèvements en 2013 et les évolutions sur 20 ans


Les bases de données et synthèses disponibles

La banque nationale des prélèvements en eau

 

La Banque nationale des prélèvements en eau (BNPE) est l’outil national dédié à la diffusion des données quantitatives des prélèvements sur la ressource en eau, pour la France métropolitaine et les Outre-mer (sauf pour Mayotte).
Le site permet de consulter des données détaillées ou de synthèse et de les exporter dans un format facilement réutilisable.
Issues aujourd’hui de la gestion des redevances par les agences et offices de l’eau, ces données sont appelées à être complétées par celles des DDT/M (ces dernières étant notamment alimentées par les données des Organismes uniques de gestion collectives, OUGC).
La BNPE publie un bulletin annuel de synthèse (voir 2012 et 2013).
Les principales caractéristiques techniques des données sont les suivantes (plus d’information : cf. chapitre « Clés de lecture » des bulletins).

  • Les données concernent les volumes annuels prélevés, et non les volumes consommés*.
  • Les informations associées sont : le type d’usage, la localisation (commune, coordonnées et niveau de précision associé), le type d’eau (souterraine, de surface continentale (cours d'eau et plan d'eau), milieu littoral), la modalité d’obtention du volume (forfait/mesure), l’année.
  • Le site permet de télécharger des données à partir de 2008 et jusqu’à l’année N-3. La collecte des données auprès des agences et offices de l’eau n’est pas encore finalisée. La « carte de peuplement » permet de visualiser la mise en ligne pour chaque année et par bassin hydrographique.
  • L’identification des prélèvements n’est pas exhaustive. Certains usages sont exonérés de redevance (Exhaure de mines, géothermie, …). De plus, les redevances s’appliquent à partir d’un seuil (10 000 m3/an ou 7 000 m3/an en zone de répartition des eaux). Les petits volumes restent inconnus.

Les agences et offices de l’eau peuvent disposer d’informations techniques complémentaires à celles diffusées par la BNPE, comme par exemple : la distinction entre volumes prélevés en cours d’eau et plan d’eau, les données antérieures à 2008…

Les travaux suivants d’amélioration sont prévus :

  • couvrir Mayotte, avec une échéance prévue pour 2018 ;
  • compléter la collecte des données auprès des agences et offices de l’eau. L’historique ne remontera pas avant 2008 ou 2010 selon les bassins, en fonction de l’année de mise en place de la méthode d’estimation des volumes, en application de la LEMA ;
  • réduire le délai de diffusion sur le site, en passant de N-3 à N-2 pour l’ensemble du territoire ;
  • enrichir le jeu de données avec une intégration des données des DDT/M et un rattachement des prélèvements à la masse d’eau et/ou à la ressource en eau.

CartOgraph’ : cartographie des données sur l’eau

 CartOgraph’ permet de visualiser des données de synthèse sur l’eau, les milieux aquatiques et leurs usages. Destiné à informer le public et à faciliter l’aide à la décision des politiques publiques, il présente des données homogènes sur l’ensemble de la France (métropole et outre-mer), sur une vingtaine de thématiques, dont les prélèvements.

Toutes les données sont téléchargeables et imprimables sous formes de tableaux, graphiques et cartes.

Les synthèses du Service de l'observation et des statistiques (SOeS)

Le SOeS recueille, élabore et diffuse l’information statistique concernant les domaines de compétences du ministère en charge de l’écologie.
Parmi l’ensemble des publications du SOes sur l’eau, à noter :

Les synthèses du SOeS et de la BNPE donnent des bilans en volume légèrement différents. Le SOeS ne prend pas en compte les prélèvements dans les eaux littorales et en Outre-mer, contrairement à la BNPE.


Les études sur l’amélioration de la connaissance des prélèvements

Les agences et offices de l’eau fournissent des données annuelles sur les prélèvements. La répartition mensuelle est généralement inconnue, ce qui serait utile pour une analyse ciblée sur la période d’étiage du cours d’eau. De plus, la localisation précise des prélèvements n’est pas toujours identifiée. Or, pour la gestion, il est utile de pouvoir disposer de données à une échelle spatiale ou temporelle fine.
Par ailleurs, au-delà de la connaissance stricte des volumes prélevés, il est également utile de comprendre leurs déterminants techniques et économiques (coût et valeur ajoutée des prélèvements, évolution des besoins, …) pour aider à la prise de décision dans les scénarios de gestion.
Les résultats d'études appuyées par l’AFB apportent quelques éléments de réponses à ces questions.

  La tarification dans les réseaux d’irrigation (Irstea)
Cette étude est une analyse les différentes modalités de tarification de l'eau dans les réseaux, sur la base d'une enquête dans les trois principaux bassins où ce type d’irrigation est présent : Loire-Bretagne, Adour-Garonne et Rhône-Méditerranée-Corse.
Les résultats devraient être disponibles en 2017.

  Services écosystémiques des hydro-systèmes dans les bassins versants irrigués
Cette étude est une évaluation économique de ces services (eaux de surface ou aquifères) dans des bassins où l’irrigation est un usage important. L’objectif est d’apporter des éléments d’aide à la décision pour l’élaboration des politiques nationale et locale de gestion de l’eau d’irrigation.
L’approche par les services écosystémiques permet d’identifier de manière exhaustive tous les usages de l’eau actuels et potentiels. Elle permet en outre de tenir compte de la dynamique temporelle des services rendus et des complémentarités ou concurrences entre usages de l’eau.
Elle apportera des éléments de réponse à l’obligation de la DCE d’évaluer les coûts environnementaux liés à l’usage de l’eau y compris pour l’irrigation.