Evaluation de la qualité écologique des estuaires

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Lundi 09 octobre 2017

Evaluation de la qualité écologique des estuaires

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  Outils en réponse à la DCE   Restauration écologique

 

La Directive Cadre européenne sur l’Eau (DCE) établit un cadre réglementaire visant à préserver et restaurer les milieux aquatiques impactés par les activités humaines. La DCE fixe des objectifs d'atteinte du bon état des masses d’eau superficielles et souterraines (ou de bon potentiel pour les masses d’eau fortement modifiées) mais également des objectifs de non dégradation de ce bon état en agissant sur les pressions.
Des critères spécifiques d'évaluation de la qualité sont définis pour les eaux de transition par la DCE. Pour y répondre, des actions sont menées au niveau national sur les estuaires de la façade Mer du Nord/Manche/Atlantique par l'AFB et ses partenaires.

Accès rapide :

critères d'évaluation fixés par la DCE pour les masses d'eau de transition

La DCE dans les eaux de transition



Masses d’eau de transition françaises

Les masses d’eau de transition (MET) regroupent les estuaires, les lagunes et les étangs connectés au milieu marin identifiés par la France. La Coordination inter-estuaires cible les milieux estuariens de la façade mer du Nord/Manche/Atlantique sur laquelle 53 MET, réparties sur 41 estuaires et 3 zones portuaires, ont été identifiées.
 

Eléments de qualité et règles d’évaluation

Pour évaluer l’état des MET, divers critères de qualité ont été retenus par la DCE en distinguant l’état chimique de l’état écologique.

L’état chimique est déterminé à partir de l’analyse de 41 substances dont les concentrations dans l’eau ne doivent pas dépasser les Normes de Qualité Environnementales (NQE) fixées par la législation.

L’état écologique est caractérisé par :

  • l’état biologique ;
  • l’état physico-chimique et l’état hydromorphologique (comme support à la biologie) : les conditions associées aux classes de qualité « bon » et/ou « très bon » doivent correspondre aux conditions de milieu nécessaires pour atteindre un bon ou très bon état biologique.
Ces éléments sont ensuite agrégés selon des règles d’évaluation fixées par l’annexe V.1.2 de la Directive 2000/60/CE.METTRE LIEN
L’état global d’une MET est ensuite défini par l’état le plus déclassant des états écologique et chimique.

Les résultats des dernières évaluations DCE par masse d'eau sont disponibles sur le site Envlit de l'Ifremer ou sur les sites des Agences de l'eau.


  Des outils en réponse à la DCE

Les spécificités des estuaires rendent difficile le développement d’indicateurs de qualité adaptés aux MET, tout particulièrement la distinction entre les effets induits par les facteurs naturels de ceux induits par les pressions anthropiques et la définition de conditions de référence et de grilles de qualité.
Des indicateurs adaptés aux estuaires sont tout de même opérationnels notamment ceux basés sur les poissons, le phytoplancton, les angiospermes (herbiers à zostères), les macroalgues opportunistes, les macroalgues intertidales sur substrat dur et les nutriments.
Exceptés pour les poissons et les macroalgues intertidales sur substrat dur, ces indicateurs sont généralement les outils développés pour les eaux côtières qui ont été transposés ou adaptés aux eaux de transition. Pour les éléments de qualité restant, des travaux sont en cours dans le cadre de la Coordination inter-estuaires afin de développer des outils d'évaluation spécifiques aux MET. Ces travaux sont détaillés ci-dessous.
Accès aux fiches indicateurs validés du "Guide relatif aux règles d'évaluation de l'état des eaux littorales dans le cadre de la DCE" (prochainement disponible)
 

Qualité biologique des eaux de transition


  Sélection d’un indicateur basé sur les invertébrés benthiques pour les estuaires
Le développement d’un indicateur basé sur les invertébrés benthiques adaptés aux MET françaises s’est avéré complexe. Pour parer à l’absence d’outil opérationnel, l’Université de Bordeaux en partenariat avec l’Irstea ont été sollicités pour :
  • tester les indicateurs DCE préexistants au niveau européen pour une application ou une adaptation de l'un d'entre eux aux MET françaises ;
  • développer un indice de pression associé ;
  • réaliser l'exercice d'intercalibration de l'indicateur sélectionné tel qu’exigé par l'Europe.

Qualité physico-chimique des eaux de transition


  Développement d’un indicateur DCE basé sur l’oxygène dissous
Des déficits en oxygène intenses et fréquents entraineront des perturbations plus ou moins importantes sur les organismes et auront par conséquent, une influence sur la qualité biologique au sens large des estuaires.
La forte variabilité spatio-temporelle de ce paramètre observée en estuaires ne permet pas d’appliquer l’indicateur DCE développé pour les eaux côtières. Des travaux sont en cours afin de développer un outil adapté aux eaux de transition. Ces travaux menés par l’IRSTEA et l’Université du Havre visent à (1) caractériser les épisodes hypoxiques par leur intensité, leur durée et leur étendue à l’aide de données haute fréquence, (2) analyser les facteurs déclenchants ces phénomènes (pressions, facteurs naturels) et (3) faire le lien avec la biologie. Pour établir ce lien, la démarche proposée consiste à évaluer la tolérance de certaines espèces à des déficits en oxygène (en durée et en intensité) et d’évaluer les risques de perturbations physiologiques engendrées par différents niveaux d’expositions.
Hypoxies dans les grands estuaires et effets sur quelques espèces piscicoles (2014) => diffusion à confirmer avec MAIA
 

Qualité hydromorphologique des eaux de transition


  Classification en très bon état hydromorphologique et surveillance des eaux de transition
Afin de déterminer les masses d’eau de transition en très bon état hydromorphologique, la méthodologie développée par le BRGM consiste en une analyse des pressions exercées sur les estuaires au travers de métriques. Ces dernières font référence à l’artificialisation des MET (digue, port…), aux perturbations du fond (dragage, clapage, conchyliculture…) et aux modifications des apports en eaux douces et de sédiments (prélèvement d’eau, continuité sédimentaire…).
Rapport prochainement disponible

  Développement d’indicateurs DCE basé sur les paramètres hydromorpho-sédimentaires (HMS)
Sur la base de précédents travaux menés dans le cadre du projet Liteau III - BEEST, un projet coordonné par l’Université de Bordeaux et l'Ifremer avec l’appui de la Coordination inter-estuaires a été mené en 2013/2015. Ces travaux ont permis de sélectionner des indicateurs jugés les plus pertinents pour qualifier l’état HMS des estuaires : l’évolution longitudinale des sections, l’hypsométrie (répartition amont/aval des zones intertidales et subtidales) et la salinité. Ces éléments restent à valider pour aboutir à des outils opérationnels. Des tests d'indicateurs (notamment sur l'hypsométrie) sur divers estuaires sont prévus en 2018.
Phase 1 : conceptualisation des indicateurs (Ifremer), Phase 1 : inventaire des données HMS (Université de Bordeaux), Phase 2 : tests sur des estuaires schématiques (Ifremer), Phase 2 : tests sur des estuaires réels (Université de Bordeaux).PHASES PAS CLAIR : tel


Constitution d'une base de données "Pression" nationale
=> Présentation de la BDD à valider avec MAIA
Toute évaluation de la qualité d'un milieu n'a pas de sens si les indicateurs retenus ne répondent pas à minima à une pression anthropique exercée sur le milieu. Sans évaluation de la source de la perturbation, il est impossible de détermner sur quel levier agir pour améliorer la qualité du milieu si celle-ci s'avère dégradée.

  En l'absence de base de données nationale, l'AFB et ses partenaires ont développé une première base de données quantitatives sur les pressions anthropiques ayant une influence sur les indicateurs de l'état écologique des masses d'eau littorales de la façade Manche/Atlatique (partenariats AFB / HOCER / IFREMER). Cette base de données livrée en 2015, rassemble des métriques pouvant être renseignées à l'échelle nationale (du type "flux de nutriments mensuels" déclarés dans le cadre de la convention OSPAR ou "pourcentage de surfaces agricoles ou urbanisées rapportées à la surface du bassin versant"). Par conséquent, les données disponibles permettent essentiellement de quantifier les pressions exercées sur un milieu à une échelle régionale.
Cette base de données est vouée à être mise à jour voire à évoluer pour mieux répondre aux besoins dans le cadre notamment des évaluations de la DCE.
Accès sur demande à la base de données 2015 (format access) - Contact : Valérie Foussard


Réseaux de contrôle de surveillance des eaux de transition

Afin de renseigner les indicateurs de qualité, les Agences de l'eau mettent en place des réseaux de surveillance (appelés réseaux de contrôle) ou s'appuient sur les réseaux existants tels que ceux gérés par l'IFREMER sur le littoral français.
Les programmes de surveillance sont définis et mis en oeuvre par chaque Agence de l'eau à l'échelle de son district hydrographique et cela pour la durée d'un SDAGE (tous les 6 ans).
Il existe différents types de réseaux de contrôle : le Réseau de Contrôle de Surveillance (RCS), Opérationnel (RCO), d’Enquête (RCE) et Additionnel (RCA).

  Afin d'avoir une vision à l'échelle nationale des suivis menés dans les MET, la Coordination inter-estuaires a réalisé en 2014, une synthèse des réseaux de contrôle de surveillance menés par chaque Agence de l'eau (fréquence et localisation des suivis, protocoles d'échantillonnage...). Cette synthèse concerne uniquement le RCS permettant des suivis récurrents à long terme, de l’état global des masses d’eau.
Bilan des RCS à l'échelle nationale sur la période 2010-2015
Ce bilan fait état des suivis menés au cours du SDAGE 2010-2015. Les programmes et les protocoles employés ont pu évoluer depuis suite aux travaux menés sur la pertinence des stations, le développement des indicateurs...