Interviews de partenaires

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Mercredi 03 août 2016

Interviews de partenaires

Francois COMBARD / Domaine Saint André de Figuiere (70 hectares en bio)

« En janvier 2014, une partie de mes vignes a été arrachée par le cours d’eau transformé en fleuve en furie. Il est tombée 90 millimètres de pluie en seulement 45minutes. J’ai reconstitué les berges mais le vignoble a de nouveau été endommagé par la seconde vague d’inondations en novembre 2014. Se sont alors posées les questions « quoi faire et comment le faire ? ». J’ai compris qu’il fallait laisser la place au cours d’eau car ces catastrophes risquaient de se reproduire. Nous avons donc végétalisé les bords de rivières pour stabiliser les berges et adopté la politique du recul stratégique en plantant nos vignes plus loin. La formation organisée par la Chambre d’agriculture a eu plusieurs vertus. Elle a permis de prendre conscience de la complexité du fonctionnement d’un cours d’eau, toute action a des conséquences en amont et en aval. Elle a également prouvé qu’entretenir régulièrement un cours d’eau pouvait être simple. Enfin, elle a montré l’importance de s’organiser collectivement pour trouver des financements nécessaires aux travaux d’entretien. Nous sommes d’ailleurs en train de réfléchir à créer une association en prenant exemple sur celle de la rivière « Le Gapeau ». Aujourd’hui, il reste un enjeu, celui de la pression foncière qui empêche toute compensation en terre cultivable en cas de recul stratégique. »

Francois COMBARD / Viticulteur du Domaine St André de Figuiere

 

Sylvie CANAL / adjointe au chef de service / service de l’Eau et des Milieux Aquatiques

« La DDTM est très sollicitée pour des demandes de travaux considérés urgents, des remblais et des digues se créent ainsi sans les autorisations requises. En 2011, à la demande de la Chambre d’agriculture, nous avons créé un dossier type permettant de décrire les travaux envisagés. En 2014, ce document a été élargi à tous les publics, sous la forme d’un dossier d’intention de travaux. Le statut envisageable pour ces travaux peut alors être précisé aux demandeurs : aucune autorisation spécifique avec rappel des bonnes pratiques, procédure administrative nécessaire, ou travaux d’urgence, avec compte-rendu à produire. Ce document est disponible sur le site internet de la Préfecture. Enfin, nous sommes en train de réaliser des outils de communication pour faire comprendre au public toutes ces notions liées aux travaux. La formation proposée par la Chambre d’agriculture s’inscrivait donc dans la continuité de notre politique d’information. De plus, nous avons dans le Var un vrai enjeu : les assurances demandent que les terrains soient hors d’eau. Des remblais ont donc été construits en zones inondables sans tenir compte des obligations au code de l‘environnement et au code de l’urbanisme. Nous avons donc de nombreux contentieux. La formation, en sensibilisant aux travaux d’entretien régulier d’un cours d’eau, est donc aussi pour nous un moyen de limiter les infractions. »

Voir la plaquette d’entretien des cours d’eau

Sylvie CANAL / adjointe au chef de service / service de l’Eau et des Milieux Aquatiques

 

Thierry SAVIO / Chambre d’agriculture du Var
 

« Suite aux inondations récurrentes dans le Var et pour répondre aux interrogations des agriculteurs sur les possibilités d’intervention en cours d’eau, nous avons proposé aux viticulteurs une journée de formation sur l’entretien des berges et des cours d’eau. Par crainte de se faire verbaliser par les services de l’État et par méconnaissance des règles qui s’appliquent à l’entretien des cours d’eau, les agriculteurs riverains interviennent de moins en moins sur les cours d’eau. Le discours ambiant était « dans les cours d’eau on ne peut plus rien faire ». La formation a permis aux agriculteurs de dialoguer et de questionner les services de l’État et l’Onema en charge du contrôle et de bien comprendre les droits et les devoirs des propriétaires riverains. Les stagiaires ont pu se rendre compte que de nombreuses interventions étaient réalisables dans le cadre de l’entretien régulier (enlever des embâcles, des atterrissements, reconstituer des berges par la technique du génie végétal...) sans démarche administrative préalable. Les stagiaires ont pu également identifier les personnes ressources capables d’apporter du conseil et mieux connaître celles qui instruisent les dossiers administratifs. A mon sens, cette formation est un succès car elle apporte les éclaircissements nécessaires, nous pourrions cependant laisser plus de place aux interventions pratiques sur le terrain. »

Thierry Savio / Responsable du service Eau & Environnement