Quatre questions à Martin Gutton, directeur général de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne..

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Vendredi 29 juillet 2016

Quatre questions à Martin Gutton, directeur général de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne..

Quelle est votre perception de l’approche économique dans la préservation des milieux aquatiques ?

Les évaluations socio-économiques ont pris une place de plus en plus conséquente dans le domaine de la gestion de l’eau et de la préservation des milieux aquatiques. L’approche économique est même devenue une préoccupation forte, surtout en cette période de crise où il est plus difficile d’inciter les acteurs économiques à investir dans l’environnement. C’est vrai pour l’élu local également, pour qui l’équation se termine souvent par un choix entre l’économie et l’environnement. L’approche économique est ainsi nécessaire pour objectiver une partie des débats et faciliter les arbitrages.
 
Comment le bassin Loire-Bretagne utilise-t-il cette approche ?

La directive-cadre sur l’eau promeut une utilisation durable et équilibrée des eaux alliant protection des milieux aquatiques et développement des activités économiques. Les agences de l’eau doivent donc s’inscrire dans une logique de développement économique des territoires. Sur le bassin Loire-Bretagne, l’utilisation de l’analyse économique a aidé à caractériser les enjeux du territoire lors de l’état des lieux et à élaborer le plan de gestion. Cette approche nous a permis d’évaluer l’importance de l’utilisation de l’eau, d’estimer les coûts des programmes d’actions et de décrire les modalités de financement de la politique de l’eau. Enfin, tant les décideurs que les agents sur le terrain nous interpellent de façon récurrente pour développer des analyses coûts-bénéfices mais aussi des approches socio-économiques, voire sociologiques.
 
Comment s’inscrit l’évaluation économique dans votre Sdage ?

Le rôle et la place de cette évaluation ont été renforcés dans le Sdage 2016-2021, avec la création d’une orientation dédiée. Cette dernière permet de promouvoir l’analyse économique comme un outil d’aide à la décision, mais aussi de ne pas rendre son utilisation systématique, sous peine d’être contre-productif. 
L’approche économique ne doit être utilisée que lorsqu’une aide à la décision est requise. Par exemple, pour la restauration de la continuité écologique, une analyse intégrant la dimension économique (tourisme, loisirs, production d’énergies renouvelables) d’un ouvrage est souvent privilégiée pour envisager une suppression ou un aménagement. L’aspect sociologique devra également être pris en compte dans de nombreux cas pour progresser sur cet enjeu. En outre, dans le Sdage, le choix a également été fait de renforcer le rôle de l’analyse économique dans le contexte précis des Sage et des commissions locales de l’eau qui représentent des lieux de gouvernance privilégiés pour mettre en oeuvre ces outils d’aide à la décision.
 
Pourquoi est-il important d’investir dans le secteur de l’eau et de l’environnement ?

Il faut rappeler qu’investir dans la préservation des milieux aquatiques est créateur de valeurs et d’emplois. En Loire-Bretagne, les emplois créés ou sauvegardés liés à la mise en oeuvre des programmes d’intervention s’élèvent en moyenne à 6 500 emplois par an. Il est également important de penser aux bénéfices indirects liés à ces investissements et financements. Pour exemple, la construction d’une nouvelle station d’épuration à Vendôme en février 2015, dotée d’une filtration membranaire, permet de rejeter une eau de « qualité de baignade » dans la Loire et améliore donc la qualité des milieux aquatiques. Cette dernière apparaît comme un élément d’attractivité, de valorisation du patrimoine et de communication.
 
 

 

Lettre #22 - Spécial Economie et eau - hiver 2015-2016