Le 1er janvier 2017, l’Onema, l’Agence des aires marines protégées, Parcs nationaux de France et l’Atelier technique des espaces naturels regroupent leurs compétences pour fonder l’Agence française pour la biodiversité. Les ressources techniques et scientifiques continuent à être mises à jour.

LES MICROPOLLUANTS LITTORAUX SOUS ÉTROITE SURVEILLANCE

LES MICROPOLLUANTS LITTORAUX SOUS ÉTROITE SURVEILLANCE

De nombreuses substances émergentes issues des activités humaines sont apparues dans les milieux naturels ces dernières années, y compris dans les eaux littorales. Afin d’identifier et suivre ces micropolluants, l’Onema finance deux études de veille menées par l’Ifremer qui aideront à comprendre la dynamique d’évolution de ces contaminations, et à mettre à jour la liste des substances à surveiller de manière régulière dans le cadre des programmes de surveillance.

La présence des micropolluants et des substances émergentes ne se limite pas aux eaux de surface continentales, mais s’étend bien évidemment sur la façade maritime. Depuis plusieurs années, l’Onema collabore et soutient des actions de recherche pour fournir des données participant à l’inventaire des substances chimiques émergentes dans les eaux françaises.

Plastifiants, pesticides et hydrocarbures : substances majoritaires

Les premiers résultats d’une étude prospective nationale sur les contaminants émergents dans les eaux littorales de la métropole et des départements d’outre-mer ont été publiés début 2014. Cette étude avait pour objectif de quantifier la présence de molécules peu ou pas connues, et ainsi de contribuer à la réflexion sur l’évolution des programmes de surveillance. En 2012 et 2013, plus de 15 300 analyses d’échantillons d’eau et de sédiments ont été effectuées sur une quarantaine de stations réparties sur le littoral de l’Hexagone ou des DOM. Sur l’ensemble de ces analyses, 605 se sont avérées positives. 68 molécules sur les 231 recherchées au départ ont pu être identifiées au moins une fois dans l’eau brute ou le sédiment. En métropole, comme dans les DOM, les plastifiants et les pesticides sont majoritaires dans les eaux, alors que les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), grande sous-famille des hydrocarbures, dominent dans les sédiments. Il est à noter que les 5 concentrations les plus élevées mesurées dans l’eau et les 6 plus fortes mesurées dans les sédiments sont observées dans les DOM. Cette étude a également permis d’expérimenter et d’évaluer des méthodes analytiques, notamment l’utilisation d’échantillonneurs passifs. Cette dernière permet, pour certains composés, de les extraire et de les concentrer en réduisant ainsi une partie des difficultés et du coût liés à l’analyse des contaminants à l’état de traces.

Moules et huîtres,sentinelles de la contamination chimique

Une surveillance de l’arrivée et de la présence de polluants émergents dans des mollusques filtreurs du littoral français, tels que la moule et l’huître, est aussi organisée par Ifremer, et soutenue depuis 2009 par l’Onema. Fixes, ces mollusques sont en effet de bons indicateurs des niveaux de contamination chimique du littoral car ils accumulent les polluants dans leurs tissus et les dégradent peu. Les substances recherchées, sur lesquelles très peu de données existent, sont de plus en plus nombreuses chaque année : retardateurs de flamme bromés (RFB) et leurs produits de remplacement utilisés pour leurs propriétés ignifugeantes, des composés perfluorés employés en tant que surfactants, ou encore des muscs synthétiques rencontrés couramment en cosmétique. Les mollusques sont prélevés sur une vingtaine de sites répartis sur les trois façades maritimes du littoral métropolitain : Manche, Atlantique et Méditerranée. Pour mieux identifier les apports des activités humaines, des zones estuariennes majeures – réceptacles des eaux de bassin versant – ont ainsi été retenues, de même que des zones moins impactées. Les données acquises qui sont partagées au sein du réseau européen Norman, mettent ainsi en évidence une contamination plus élevée en Méditerranée pour la majorité des RFB, et également des concentrations fortes dans l’estuaire de la Seine sur la façade Manche pour tous les composés recherchés.

Contact : pierre-francois.staub@onema.fr

Décembre 2015
Les temps forts 2014