Aménagement des centrales sur le Rhin : l’expertise de l’Onema sollicitée

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Aménagement des centrales sur le Rhin : l’expertise de l’Onema sollicitée

Chaque année, l’Onema délivre de nombreux avis techniques sur des projets favorisant la libre circulation des espèces aquatiques. En 2014, 19 avis complexes ont été rendus. Exemple avec le Rhin et ses centrales hydroélectriques.

Pour des opérations de restauration de la continuité écologique, les agents de l’Onema analysent les projets portés par les gestionnaires de ces ouvrages et délivrent des avis techniques aux services de l’État lors de l’instruction de demande d’autorisation.Dans le cas de dossiers plus complexes, le pôle d’études et de recherche écohydrauliques de Toulouse (Onema/Irstea/INPT) peut être sollicité par les délégations interrégionales (DIR) de l’Onema concernées. Ce pôle intervient avant tout comme appui technique pour évaluer la conception et le dimensionnement de la solution proposée. Deux enjeux essentiels sont notamment à apprécier : l’attractivité et le franchissement des passes à poissons. En 2014, 19 grands projets ont bénéficié de cette expertise.

De nouvelles passes à poissons sur le Rhin

Sur le Rhin où se trouvent de nombreuses usines hydroélectriques, la DIR Nord-Est collabore régulièrement avec le pôle écohydraulique, mais également avec les ingénieurs d’EDF, principal gestionnaire de ces ouvrages, notamment au sein de la délégation française de la Commission internationale pour la protection du Rhin (CIPR). Ce fleuve fait en effet l’objet d’un programme ambitieux de restauration de la continuité écologique, « Saumon 2020 », dont l’objectif est le retour du saumon à Bâle en 2020. De par la taille des centrales présentes, une dizaine avec des hauteurs de chute atteignant 15 mètres sur le Rhin, la conception et la réalisation de dispositifs de franchissement sont complexes, longues et coûteuses. Plusieurs réunions en amont sont nécessaires entre ces différents acteurs pour identifier la solution pertinente à mettre en oeuvre pour chaque obstacle. En effet, il ne s’agit pas d’une simple passe à poissons, mais bien d’un ensemble d’ouvrages. Prévue pour fin 2015, la nouvelle passe à poissons d’EDF à Strasbourg est ainsi constituée d’une double entrée, d’une succession de 18 bassins en béton, suivie d’une rivière pseudo-naturelle, longue de 500 mètres, puis d’une nouvelle succession de 18 bassins en béton. Ce type de dispositif sera également mis en place, avec quelques variantes, sur la centrale de Gerstheim (terminée en 2017).

Un bassin mobile comme solution temporaire

Trois autres centrales hydroélectriques devront encore être équipées par EDF (Rhinau, Marckolsheim et enfin Vogelgrun) pour que les saumons puissent remonter jusqu’à Bâle. Par rapport à celles de Strasbourg et de Gerstheim, les passes à poissons seront plus compliquées à concevoir et donc plus onéreuses, notamment pour Vogelgrun. Pour cette dernière, il faut en effet réussir à collecter les poissons au pied du barrage où transite l’essentiel du débit, pour les envoyer ensuite vers le Vieux Rhin (via un point haut ou un tunnel). Ce défi en ingénierie écologique a fait l’objet d’un workshop réunissant, entre autres, EDF, l’Onema, la CIPR ainsi que des experts internationaux pour analyser les solutions envisageables. En parallèle, une délégation française (EDF, Dreal, Agence de l’eau et Onema) a proposé une solution techniquement et économiquement viable pour tenir l’objectif fixé : une passe à poissons à bassin mobile. Captés à l’aval de Rhinau, les poissons franchiront les différentes écluses dans un bassin mobile avant d’être relâchés directement dans le Vieux Rhin et ses zones de frayères. Mis en place en 2020, ce système temporaire de capture et transport en bateau sera évalué pendant 2 ou 3 ans, avant de décider d’une solution définitive.

Contact : david.monnier@onema.fr ; dominique.courret@onema.fr

Décembre 2015
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