Le 1er janvier 2017, l’Onema, l’Agence des aires marines protégées, Parcs nationaux de France et l’Atelier technique des espaces naturels regroupent leurs compétences pour fonder l’Agence française pour la biodiversité. Les ressources techniques et scientifiques continuent à être mises à jour.

Une réflexion stratégique globale pour réussir un projet de restauration

Une réflexion stratégique globale pour réussir un projet de restauration

Lors d’une opération de restauration écologique d’un cours d’eau, l’aspect technique est important, voire essentiel, mais d’autres dimensions doivent nécessairement être intégrées. En effet, la légitimité du porteur de projet, l’acceptation sociale, l’implication de réseaux d’acteurs ou encore le volet économique sont à prendre en considération pour garantir, ou tout au moins favoriser, la réussite d’un projet de ce type. Un constat mis en évidence dans l’étude Cerceau financée par l’Onema.

Douze projets de restauration hydromorphologique menés en France et en Europe ont été analysés et comparés. Objectif de cette étude : observer la dynamique de ces opérations du point de vue des sciences humaines et sociales, en se concentrant notamment sur les moments clés de l’avancée de ces projets. Afin d’accompagner les acteurs de l’eau à développer de telles démarches de restauration, les conclusions et les enseignements issus de ce travail ont été détaillés dans un ouvrage de la collection « Comprendre pour Agir », intitulé Comment développer un projet ambitieux de restauration d’un cours d’eau ?

Légitimité, pertinence et intégration économique : les clefs de l’acceptabilité

Pour assurer le succès d’un projet de restauration, plusieurs recommandations ou enseignements ont été précisés, notamment les conditions d’une légitimité reconnue du porteur de projet, qu’il soit institutionnel ou local. Pour garantir cette reconnaissance, il est toujours nécessaire de s’appuyer sur les réseaux du niveau territorial. Outre cette légitimité, l’acceptabilité de la restauration du cours d’eau par les différents acteurs concernés dépend de la pertinence du projet mais ausside sa bonne intégration économique. Si le partage des ambitions environnementales s’avère important, il convient de s’assurer que le projet de restauration trouve aussi une pertinence sociale, politique et territoriale.Cela nécessite d’expliquer le projet dans ses différentes dimensions et de le mettre en scène pour le rendre visible et permettre ainsi aux riverains de se projeter dans un cadre de vie post-restauration. Enfin, il faut démontrer l’intégration technico-économique de l’opération et créer une synergie avec des intérêts sectoriels en place sur le territoire. Si cet exercice passe par la négociation et le compromis, le développement connexe d’une activité de loisir ou de tourisme vert, un rapprochement avec les chasseurs et les pêcheurs par exemple, ou encore une participation à la rénovation urbaine favorisent l’appropriation de ces projets de restauration.

Un exemple de restauration réussie sur la Digeanne Cours d’eau de plaine en Côte-d’Or, la Digeanne est un réservoir biologique qui abrite 17 espèces de poissons dont le chabot, la lamproie de Planer ou encore la truite commune. Jusqu’en 2012, un ouvrage hydraulique sans usage situé sur le site d’anciennes forges impactait le fonctionnement écologique du cours d’eau : ralentissement des écoulements, pauvreté des habitats aquatiques, blocage de la circulation des poissons et des sédiments, réduction de moitié du linéaire. En 2012, une action ambitieuse de restauration du cours d’eau est entreprise pour répondre à la fois aux attentes du propriétaire du lieu, un agriculteur-éleveur qui souhaite développer l’élevage, et aux enjeux écologiques. Les travaux ont consisté en : remise du cours d’eau dans son ancien lit, reméandrage et suppression de l’ouvrage hydraulique. Cette action a été menée par le propriétaire avec le soutien technique du syndicat intercommunal des cours d’eau châtillonnais et l’expertise de l’Onema. En 2014, le suivi écologique réalisé par les services de l’Onema et la Fédération de pêche de Côte-d’Or montre que les résultats sont à la hauteur des ambitions : 14 espèces de poissons sur les 17 que compte le cours d’eau ont recolonisé cette partie de la Digeanne : truite, vandoise, barbeau, chabot, loche franche et truite commune sont de retour.

 

 

Contact : delphine.loupsans@onema.fr ; julien.gauthey@onema.fr

Décembre 2015
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