La géolocalisation pour visualiser la répartition géographique des écrevisses

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La géolocalisation pour visualiser la répartition géographique des écrevisses

L’utilisation de la géolocalisation pour la 6e enquête nationale sur la répartition des écrevisses fournit des données plus précises qui rendent possible l’identification de fronts de colonisation ou encore de zones à protéger.

Depuis de nombreuses décennies, l’intensification des activités humaines et l’introduction d’espèces invasives – et désormais le phénomène de changement climatique – provoquent des bouleversement écosystémiques importants, notamment chez les écrevisses. Pour suivre l’évolution de ces dernières, qu’elles soient natives ou non, l’Onema a mené en 2014 une nouvelle enquête nationale sur leur répartition, qui s’ajoute aux cinq précédentes réalisées depuis 1977. Cette enquête, effectuée par les services départementaux pour la partie observation sur le terrain et par les délégations interrégionales pour la collecte de données, permet de mettre en évidence diverses tendances telles que l’évolution des populations d’écrevisses ou encore leur répartition géographique. Cet état des lieux fournit ainsi des informations indispensables pour la définition des statuts de conservation pour les espèces natives, ainsi que pour la directive habitats faune flore et le règlement sur les espèces exotiques envahissantes.

Identifier les fronts de colonisation

Les technologies ne cessant de s’améliorer, la géolocalisation a pour la première fois été utilisée pour cette enquête. Les données obtenues sont ainsi beaucoup plus précises qu’auparavant. Une avancée qui a permis de constituer pour l’ensemble du territoire national, une véritable base de données (environ 9 000 collectées) sur la situation des écrevisses en France et de visualiser la répartition géographique de chacune des espèces. Il est désormais possible d’identifier les fronts de colonisation des écrevisses invasives et ainsi définir les zones à protéger. Avec ces données, l’élaboration de modèles de niches avec la projection des habitats favorables ou défavorables peut également être envisagée, avec précaution toutefois puisque les pathogènes ne sont encore pas recensés.

Situation alarmante pour les écrevisses natives

En termes de résultat, cette dernière enquête confirme les tendances observées auparavant, avec une raréfaction des populations d’écrevisses natives et une progression constante des populations invasives. En compétition directe et subissant les effets de la « peste » des écrevisses véhiculée par ces dernières, les 3 espèces indigènes – écrevisses des torrents, écrevisses à pattes rouges et écrevisses à pieds blancs – sont inscrites sur la liste rouge nationale établie par l’UICN1 et le MNHN2. Elles sont principalement regroupées sur des tronçons de cours d’eau en tête de bassin et sont caractérisées par un habitat moins impacté. Le nombre d’espèces invasives est par ailleurs passé à 6, avec l’apparition de l’écrevisse calicot sur le bassin du Rhin. Ces espèces introduites continuent leur progression dans de nouvelles zones géographiques, notamment l’écrevisse du Pacifique qui doit actuellement être considérée comme la principale menace pour les écrevisses natives. Enfin, l’enquête 2014 révèle que la connaissance des espèces allochtones doit progresser, notamment sur leur répartition dans les plans d’eau qui constituent un vecteur essentiel de propagation et de dispersion.

Contacts :
marc.collas@onema.fr
nicolas.poulet@onema.fr
caroline.penil@onema.fr

Décembre 2015
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