Le 1er janvier 2017, l’Onema, l’Agence des aires marines protégées, Parcs nationaux de France et l’Atelier technique des espaces naturels regroupent leurs compétences pour fonder l’Agence française pour la biodiversité. Les ressources techniques et scientifiques continuent à être mises à jour.

DES PROJETS D’ENVERGURE POUR TRAQUER ET TRAITER LES MICROPOLLUANTS URBAINS

DES PROJETS D’ENVERGURE POUR TRAQUER ET TRAITER LES MICROPOLLUANTS URBAINS

Du diagnostic au traitement innovant, en passant par l’acceptabilité sociale et économique des solutions… Telles sont les nombreuses dimensions que revêtent les projets lauréats de l’appel à projets « Innovation et changements de pratiques : micropolluants des eaux urbaines », lancé en juin 2013. Zoom sur deux d’entre eux.

Treize, c’est le nombre de projets sélectionnés en juillet 2014 dans le cadre de cet appel à projets porté par l’Onema, les agences de l’eau et le ministère en charge de l’écologie. Les projets retenus, dont 2 en Outre-mer, bénéficieront d’une enveloppe de 10 millions d’euros d’aides afin de tester en conditions réelles des solutions pour identifier et réduire les micropolluants dans l’eau. En multipartenariat, ils mobilisent sur 5 ans (2014-2018) des collectivités locales et de nombreux acteurs, qu’ils soient privés (entreprises, associations) ou publics (laboratoires de recherche). L’Onema devenu AFB et les agences de l’eau animent un réseau national de ces différentes expérimentations afin de les valoriser et garantir une visibilité nationale. Les 13 projets couvrent 4 grandes thématiques : lutte contre les résidus de médicaments et de cosmétiques d’origine domestique, lutte contre les rejets hospitaliers, gestion intégrée des micropolluants dans les réseaux collectifs d’assainissement et gestion de la pollution drainée par temps de pluie.

Roulépur : traiter à la source les micropolluants drainés par la pluie

Comment faire face et appréhender la contamination des eaux de ruissellement des voiries et des parkings par les micropolluants ? Une question essentielle, notamment en milieu urbain, à laquelle le projet Roulépur tentera d’apporter des réponses. Ce projet, partenaires2, vise ainsi à trouver des solutions pour maîtriser à la source cette contamination. Il s’agit avant tout de diagnostiquer la composition chimique de ces eaux et leur toxicité, puis d’identifier les sources primaires de contamination. En parallèle, 4 solutions différentes sont évaluées sur des sites déjà opérationnels dans les collectivités partenaires et pour lesquels des données et équipements existent également. Les procédés retenus couvrent différents niveaux de technicité– fossés filtrants et infiltrants végétalisés, parking perméable végétalisé, filtre planté horizontal, procédé compact industrialisé – et sont adaptés à différents contextes urbains.coordonné par l’école des ponts ParisTech-Leesu1 et rassemblant de nombreux

Ainsi, un dispositif compact est installé en milieu urbain dense sans foncier disponible (voie Georges-Pompidou à Paris), alors que le filtre planté correspond davantage à du péri-urbain où l’occupation du sol est moins contraignante (Rosny-sous-Bois). L’objectif des tests in situ n’est pas seulement de juger l’efficacité de ces solutions en termes d’abattement des micropolluants, mais également d’analyser leur performance environnementale globale ainsi que leur acceptation sociale et économique.

Lumieau : une boîte à outils transposable à d’autres collectivités

Concevoir des solutions pour réduire les micropolluants dans les rejets aqueux et limiter leur impact sur les milieux aquatiques de Strasbourg : un objectif ambitieux pour Lumieau, projet dont la singularité est de proposer une approche de gestion intégrée des micropolluants à l’échelle d’une agglomération. Cette démarche pilote, portée par l’Eurométropole de Strasbourg et associant 9 partenaires3, vise au final à construire une palette d’outils innovants d’aide à la décision permettant de prioriser les actions à mener et les solutions à déployer.

Mais pour parvenir à cette boîte à outils,plusieurs grandes étapes ont été définies, comme la réalisation d’un diagnostic en utilisant les données de suivi existantes des micropolluants dans les réseaux et en recherchant les nouvelles sources potentielles. Un logiciel d’aide à la hiérarchisation des zones prioritaires pour la recherche des sources de micropolluants sera dans le même temps développé. Tout un travail d’accompagnement au changement de pratiques sera aussi engagé auprès des publics ciblés, notamment l’artisanat et les PMI, pour introduire des produits de substitution et de nouvelles technologies propres afin de réduire les rejets dans les réseaux.

La pertinence de ces outils sera ensuite évaluée par le biais de démonstrateurs,sur des secteurs donnés ou dans le cadre d’activités spécifiques. Cette évaluation portera sur l’efficacité en termes de réduction des rejets, les coûts de mise en place et la facilité de mise en oeuvre. Enfin, à terme, le projet Lumieau et les résultats obtenus permettront d’élaborer un plan d’actions pluriannuel stratégique.

Toutes ces différentes étapes devraient également aboutir à la construction d’une boîte à outils qui sera transposable à d’autres collectivités urbaines concernées par la réduction des micropolluants sur leurs territoires urbains.

Contacts :
pierre-francois.staub@afbiodiversite.fr
esterelle.villemagne@afbiodiversite.fr

Décembre 2015
Les temps forts 2014