Le 1er janvier 2017, l’Onema, l’Agence des aires marines protégées, Parcs nationaux de France et l’Atelier technique des espaces naturels regroupent leurs compétences pour fonder l’Agence française pour la biodiversité. Les ressources techniques et scientifiques continuent à être mises à jour.

Évaluer les risques d’altération hydromorphologique

Évaluer les risques d’altération hydromorphologique

En partenariat avec les agences de l’eau et avec l’appui scientifique et technique de son pôle hydroécologie commun avec le Cemagref à Lyon, l’Onema dresse une cartographie des zones à risque d’altérations hydromorphologiques susceptibles de constituer un risque de non atteinte du bon état écologique. Cette cartographie, qui repose sur la méthodologie Syrah, vise à identifier les zones où une attention particulière doit être portée. Elle contribuera, en 2013, à la révision de l’état des lieux requis par la DCE.

Des pressions multiples - culture intensive, extraction de granulats, barrages et plans d’eau, urbanisation - dispersées sur le réseau hydrographique, sont à l’origine des altérations du fonctionnement physique des cours d’eau. Les chercheurs du pôle Onema/Cemagref de Lyon ont élaboré une méthodologie, appelée Syrah, [1] qui permet d’évaluer le risque d’altération hydromorphologique des cours d’eau à partir de la connaissance de ces pressions.

Analyse du risque d’altération à l’échelle du tronçon de cours d’eau

Après avoir publié un atlas, à l’échelle nationale, des aménagements et des usages susceptibles d’être à l’origine de ce type d’altérations (voir Temps forts 2009), les chercheurs ont développé une méthodologie pour évaluer le risque d’altération hydromorphologique à une échelle plus fine, c’est-à-dire à l’échelle du tronçon géomorphologique. Près de 230 000 km de cours d’eau métropolitains ont ainsi été découpés en 69 500 tronçons, chaque tronçon étant un linéaire de cours d’eau présentant des caractéristiques géomorphologiques similaires.

A chaque tronçon a été attribué un type de fonctionnement de cours d’eau. En effet, les pressions n’ayant pas le même impact selon le type de fonctionnement géomorphologique d’un cours d’eau, le risque d’altération est différent. Ainsi, un ouvrage aura un impact moindre sur un cours d’eau dynamique et pentu de montagne que sur un cours d’eau plus lentique de plaine. Les chercheurs proposent donc de croiser, sur chaque tronçon, les informations sur la présence de pressions - voie de communication, digue, plan d’eau, gravière, pont… - avec les données de typologie du cours d’eau sur lequel elles s’exercent.

Un outil opérationnel pour la révision de l’état des lieux

Avec la méthodologie Syrah, les secrétariats techniques de bassin - agences de l’eau, Onema, DREAL - disposeront ainsi d’un outil opérationnel pour réaliser une cartographie complète des risques d’altération hydromorphologique de leur bassin et mettre en place des solutions optimisées. Avec l’appui technique de l’Onema, Syrah contribuera ainsi à la révision de l’état des lieux de 2013.

Des journées d’information dans les bassins

Pour permettre aux acteurs locaux - agences de l’eau, DREAL, conseils généraux, commissions locales de l’eau, EPTB, fédérations de pêche…- d’appréhender les avancées considérables en termes de connaissances hydromorphologiques mises à disposition par cet outil et de s’en approprier les résultats, l’Onema et le pôle d’hydroécologie ont organisé des journées d’information dans chacun des six bassins métropolitains. Ces journées ont été l’occasion de leur présenter le principe, la méthode et des exemples d’application au niveau local.

[1] Système relationnel d’audit de l’hydromorphologie

Septembre 2011
Les temps forts 2010