Lettre #19 - 3 questions à Olivier Thibault, directeur de l’agence de l’eau Artois-Picardie

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Lettre #19 - 3 questions à Olivier Thibault, directeur de l’agence de l’eau Artois-Picardie

L’Agence de l’eau Artois-Picardie est mobilisée sur le projet de l’observatoire national de l’eau et des milieux aquatiques aux côtés de l’Onema. Pouvez-vous nous expliquer le sens de cette nouvelle gouvernance ?

En juillet 2013, l’Agence de l’eau Artois-Picardie a été nommée pour piloter aux côté de l’Onema l’observatoire national des services publics d’eau et d’assainissement. Depuis maintenant plus d’un an, chaque projet prioritaire du système d’information sur l’eau (SIE) est copiloté par l’Onema et une agence de l’eau. Cette nouvelle gouvernance, qui résulte d’une volonté nationale, a pour objectif de faciliter l’accès aux données sur l’eau et les milieux aquatiques. Il faut donc s’assurer que les données produites répondent aux besoins d’utilisation des usagers quels qu’ils soient (citoyens, journalistes, acteurs de l’eau, bureau d’études…) et soient accessibles simplement. Pour l’observatoire, nous nous rendons compte que le site web d’accès aux données sur le prix et les performances des services est encore trop éloigné des préoccupations des usagers. Alimenté commune par commune grâce aux indicateurs des rapports sur la qualité et la performance des services (RPQS), le site de l’observatoire ne permet pas aujourd’hui de trouver facilement des chiffres clefs comme le prix moyen de l’eau au niveau national, le taux de fuite ou bien encore la part de l’eau dans la facture des ménages. Un des chantiers est donc de simplifier et consolider l’information pour la rendre accessible en repensant totalement le site internet.

Vous réalisez sur votre bassin une enquête annuelle sur le prix de l’eau. Quel est son lien aujourd’hui avec l’observatoire ?

Notre agence de l’eau réalise, en effet, depuis longtemps, sur son bassin une enquête quasi exhaustive auprès des collectivités locales sur le prix de l’eau, eau potable et assainissement, via un questionnaire à nous renvoyer. Le taux de réponse couvre plus de 90 % de la population. C’est simple et efficace mais il manque les facteurs explicatifs du prix de l’eau : la qualité de l’eau, le rendement ou le taux de fuite dans les réseaux, la qualité du service, etc. Nous avons donc proposé à l’Onema que notre enquête alimente la base de données de l’observatoire afin que celui-ci dispose rapidement de données plus récentes et plus simples. De son côté, l’observatoire dispose des données de performances issues des RPQS et saisies par ces mêmes collectivités dans la base de l’observatoire. Pour cette année test, nos collectivités locales doivent se connecter sur le site de l’observatoire pour remplir leurs données sur leur prix de l’eau et non plus nous renvoyer le questionnaire. Notre enquête a été lancée en juin 2014. Actuellement, nous avons un taux de retour qui représente 20 % de la population.

Quelles sont les perspectives d’amélioration pour l’observatoire ?

L’observatoire doit s’inscrire dans une démarche de progrès. La base de données fonctionne mais l’accès à une information vulgarisée à partir des données disponibles, par exemple en mettant en avant de grands chiffres clés, des synthèses, etc., reste à améliorer. La refonte en cours du site web doit apporter une réponse à une difficulté qui avait été notée lors de la conférence environnementale en 2013 pour l’ensemble du SIE : celle pour le citoyen d’accéder à des données facilement compréhensibles. C’est un enjeu majeur pour que ce même citoyen ait confiance dans les données disponibles. Le second axe d’amélioration est de continuer d’acquérir de la donnée. Une première piste à explorer est d’avoir deux niveaux de mise à jour des données : un premier niveau de mise à jour rapide, annuelle, de données simples comme le prix de l’eau sur le modèle de notre enquête, un second niveau de mise à jour, selon une fréquence à déterminer, pour les indicateurs de performances qui évoluent peu comme le taux de renouvellement des réseaux, les investissements réalisés, etc. L’observatoire est un projet partenarial entre l’Onema, les agences de l’eau, les directions départementales des territoires et de la mer, les élus et les exploitants. Une autre piste pour acquérir de la donnée rapidement est d’élaborer des outils qui permettent, par exemple, de saisir en masses des données issus d’un exploitant qui gère plusieurs communes ou EPCI.

 

La Lettre #19 - Eté 2014