Témoignage de partenaire

Bienvenue sur le portail technique "eau et milieux aquatiques" de l'Agence française pour la biodiversité.

Témoignage de partenaire

 Jean-Philippe Siblet \ MNHM

 

Le SPN travaille à l’inventaire du patrimoine naturel, avec les acteurs contribuant à la connaissance : associations, institutions et entreprises. Les données recueillies par l’Onema sur la biologie et la répartition géographique des espèces aquatiques sont une composante essentielle, qui associée au référentiel taxonomique que nous développons au Muséum, permettent d’obtenir des informations de qualité. Ces données enrichissent le système d’information sur la nature et les paysages (SINP) et sont portées à la connaissance du plus grand nombre. Depuis 5 ans, nous avons une collaboration fructueuse avec l’Onema, sur ce recueil de données et l’orientation de la stratégie d’acquisition de la connaissance. Profitant de nos compétences respectives, nous travaillons de concert pour bâtir un système d’évaluation de l’état de conservation des habitats et des espèces dans le but d’améliorer la gestion et la préservation de la biodiversité.

Jean-Philippe Siblet est directeur du service patrimoine naturel du Muséum national d’histoire naturelle

 Christophe Durand \ agriculteur biologique

J’ai vu la biodiversité se réduire dans la Creuse depuis des années. Impliqué dans un contrat agri-faune, je suis convaincu qu’en agissant pour la sauvegarde d’une espèce, on peut en préserver d’autres. Pour protéger la mulette et permettre à la truite de revenir, j’ai aménagé un tronçon des berges de la Leyrenne sur mes parcelles. J’ai implanté des haies qui créent des ombrages pour limiter le réchauffement de l’eau et clos les berges pour empê- cher le piétinement des troupeaux et la pollution de l’eau. La création d’abreuvoirs en dehors du cours d’eau a permis de concilier qualité de l’eau et présence des cheptels. Ces travaux représentent un investissement important, soutenu en partie par le PNR. Les consommateurs demandent des produits sains, avec des garanties, que je donne par mes actions. Mais il faut être conscient de la charge financière de ces aménagements, que tous les agriculteurs ne peuvent se permettre.

 Jean Patrice Damien \ PNR Brière

 

La Brière est fortement colonisée par l’écrevisse de Louisiane qui provoque un véritable bouleversement écosystémique, impacte les réseaux trophiques et la flore aquatique. Or notre connaissance de cette espèce et des conséquences de sa prolifération est très imparfaite. Par ailleurs nous manquons d’outils de gestion à l’efficacité évaluée. N’oublions pas que les écrevisses américaines, du Pacifique et de Louisiane ont une capacité de reproduction très élevée et sont de plus porteuses saines de maladies affectant les écrevisses locales. En 2013, un colloque national issu d’un partenariat entre l’Onema, l’INRA et le Parc naturel régional a permis de dresser un bilan des connaissances et expériences disponibles sur les écrevisses invasives. Des personnes ressources ont pu être identifiées et il nous semble qu’une communauté intéressée par cette problématique émerge depuis ces journées. Nous aimerions que cette nouvelle dynamique nationale perdure pour inciter les acteurs de l’eau à renforcer leur vigilance et à mieux appréhender collectivement ces espèces.

Jean-Patrice Damien est chargé de mission environnement au pôle « protection et gestion du milieu naturel » du Parc naturel régional de Brière