Des méthodes standardisées pour décrire les pressions subies par les milieux aquatiques

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Des méthodes standardisées pour décrire les pressions subies par les milieux aquatiques

Pour permettre aux acteurs de l’eau d’actualiser les états des lieux dans les différents bassins hydrographiques, l’Onema a coordonné un vaste chantier collectif de suivi des pressions. Résultat : un recueil de méthodes de caractérisation des pressions s’exerçant sur les cours d’eau a été élaboré. En 2012, les outils permettant de décrire les altérations hydromorphologiques et les pollutions diffuses ont été finalisés et appliqués sur l’ensemble du territoire. Ce recueil a été complété en 2013 sur certaines thématiques.

La réalisation du premier état des lieux des milieux aquatiques en 2003-2004 – exercice sans précédent exigé par la directive-cadre européenne sur l’eau (DCE) – s’est heurtée à la difficulté de décrire les pressions subies par les cours d’eau et les eaux souterraines, raison notamment de l’insuffisance des méthodes et outils disponibles. Pour lever ces difficultés, un chantier ambitieux a été entrepris à partir de 2010 dans le but d’élaborer des méthodes au niveau national et de fournir les outils et données indispensables à la réalisation du prochain état des lieux. Piloté par le ministère en charge du développement durable et coordonné techniquement par l’Onema, il a mobilisé les trois ministères en charge du développement durable, de l’agriculture et de la pêche, et de la santé, les six agences de l’eau, certaines DREAL, les organismes de recherche – Ineris, BRGM, Irstea, Inra – et l’Onema. Conformément aux exigences de la directive, l’actualisation des états des lieux pour l’ensemble des bassins hydrographiques français a été achevée fin 2013.

Des méthodes simples et opérationnelles

Une douzaine de méthodes a été élaborée ou améliorée pour décrire quatre grands types de pressions : les pollutions diffuses (azote, phosphore, pesticides), les prélèvements d’eau, les rejets industriels et urbains et les altérations de l’hydromorphologie. Elles sont classées par catégories d’eau : eaux de surface – cours d’eau, plans d’eau, eaux littorales – et eaux souterraines. Porté par Irstea et l’Onema, le projet Arpeges a ainsi permis de développer un indicateur de risque de contamination des eaux de surfaces par les pesticides qui a abouti en juillet 2012 à une cartographie des risques à une échelle nationale. Dans le modèle proposé, le risque de contamination est défini par le croisement de la vulnérabilité des eaux de surface et de la pression phytosanitaire d’origine agricole. Toujours à propos des pollutions diffuses, une méthode d’estimation des émissions d’azote d’origine agricole à l’échelle des masses d’eau continentales a été définie par l’Inra, en collaboration avec l’Onema. Cette estimation se base sur le surplus d’azote sur les sols, fourni par l’outil national NOPOLU, et d’un coefficient de transfert vers les masses d’eau. En 2012, la méthode a été appliquée à l’ensemble de la métropole et mise à disposition des bassins.

Une méthode d’analyse basée sur des données géographiques

Autre exemple de méthode décrite dans ce recueil, l’outil Syrah offre la possibilité de réaliser une cartographie des zones à risque d’altérations hydromorphologiques, susceptibles d’impacter l’état écologique des cours d’eau. Elaborée depuis plusieurs années, cette méthode a désormais été déployée sur l’ensemble du territoire par les délégations interrégionales de l’Onema, les agences de l’eau et les Dreal. L’objectif de Syrah était de proposer un dispositif homogène et standardisé, en limitant au maximum les expertises de terrain. Ainsi, des cartes numériques et des données issues de bases nationales élaborées par l’IGN ou l’Inra par exemple, ont été traduites en données de surface afin d’analyser les activités, l’occupation des sols, les aménagements et les usages le long des 230 000 kms de cours d’eau métropolitains à l’origine d’altérations. Intégrées dans des modèles, ces informations ont ensuite été utilisées en 2011 et 2012 par Irstea et l’Onema pour définir des indicateurs de pression, autorisant ainsi des comparaisons de l’intensité des pressions et des risques liés à l’usage. A partir de ces différents indicateurs, un risque global d’altération hydromorphologique pour chacune des masses d’eau françaises peut être établi dans chaque bassin de manière comparable.

Certaines pressions dont celles relatives aux rejets de micropolluants (autres que pesticides) ne disposent pas encore d’une méthodologie à l’échelle des masses d’eau, un véritable travail de recherche étant nécessaire. De plus, certaines méthodologies proposées aujourd’hui seront étoffées pour le prochain cycle de la DCE.

Acteurs locaux, Onema, une collaboration essentielle

Mais pour obtenir des résultats homogènes et représentatifs des risques d’altération physique des hydro-systèmes, un travail conjoint a été nécessaire entre les délégations interrégionales de l’Onema, formées à l’outil Syrah depuis 2007, et les autres partenaires techniques locaux. Ainsi, sur le bassin Rhin-Meuse, de nombreuses réunions de concertation ont été organisées en 2012 par l’Onema pour exploiter cette méthode avec les agences de l’eau et les Dreal. Cela a permis de mettre en évidence l’intérêt de cet outil qui délivre un risque d’altération et pas un état. Ces échanges étaient également importants pour expliquer comment avait été réalisée l’intégration des données aboutissant à la détermination d’un risque. Au cours de ces réunions, l’Onema a également sollicité les services départementaux afin qu’ils expertisent cet outil et ces résultats. Le but était de s’assurer que les risques calculés en fonction des données Syrah correspondent aux pressions réellement observées sur le bassin Rhin-Meuse. Pour l’instant, la majorité des retours est positive.

Retrouvez les méthodes de caractérisation des pressions disponibles pour l’actualisation de l’état des lieux 2013

Contacts :
gaelle.deronzier@onema.fr
jean-marc.baudoin@onema.fr

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