Lettre #16 Eaux de surface d’outre-mer : des outils disponibles pour évaluer leur état écologique

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Lettre #16 Eaux de surface d’outre-mer : des outils disponibles pour évaluer leur état écologique

En vue du second cycle de gestion de la directive cadre sur l’eau (2016-2021), un effort soutenu de recherche et développement a été mené pour doter les milieux aquatiques d’outre-mer de bioindicateurs adaptés, indispensables à l’évaluation de l’état écologique des eaux.

 


Pour évaluer l’état écologique des milieux aquatiques, la directive cadre sur l’eau (DCE) exige des États-membres la mise en œuvre règlementaire d’un ensemble de méthodes de bioindication, chacune reposant sur une communauté biologique donnée : algues microscopiques, macrophytes aquatiques, invertébrés benthiques, poissons. En France métropolitaine, le développement de ces outils complexes a été pour l’essentiel finalisé en 2012, à l’issue de plusieurs années d’une mobilisation intense de la communauté scientifique et des gestionnaires des milieux aquatiques.


Voir aussi sur la Bioindication en métropole :

Les outils pour évaluer l’état écologique des milieux aquatiques synthèse du séminaire "DCE et Bioindication"

Les exigences de la DCE s’appliquent sans restriction – et avec le même calendrier – aux départements et collectivités d’outre-mer, dont les milieux aquatiques abritent une faune et une flore très spécifiques et souvent très diversifiées. Les cours d’eau amazoniens et les récifs coralliens sont de véritables réservoirs de biodiversité. Véritable défi scientifique, en raison notamment d’une connaissance imparfaite des pressions et des espèces présentes, le développement de méthodes de bioindication adaptées a été mené en quelques années par les Offices de l’eau locaux, en lien avec les opérateurs de recherche nationaux (Irstea, IRD, CNRS, etc.), et avec le soutien financier et technique de l’Onema.
A titre d’exemple, pour l’île de la Réunion, le programme initié en 2008 a débouché en 2012 sur un jeu d’indicateurs DCE-compatibles en cours de validation par les gestionnaires des milieux aquatiques. Un outil basé sur les diatomées (algues microscopiques) reflète la qualité physico-chimique générale du milieu ; deux autres outils focalisant sur les poissons et les macroinvertébrés benthiques sont de plus sensibles aux dégradations physiques des habitats. Irstea, sous la coordination technique de l’Onema, conduit actuellement une expertise pour déterminer si une méthode bâtie à partir des macrophytes serait pertinente, au regard du régime hydrologique très irrégulier des rivières. Cette expertise est en cours pour l’ensemble des départements d’outre-mer.
À 13 000 km de là, deux bioindicateurs ont été développés conjointement pour la Martinique et la Guadeloupe, dont les écosystèmes sont assez proches. Les travaux ont permis la formalisation d’indices pour les cours d’eau basés respectivement sur les diatomées et les macroinvertébrés. Le transfert de ces méthodes aux acteurs de terrain a commencé, en vue d’une mise en œuvre pour le 2e cycle DCE. Des outils de bioindication sont également disponibles pour les cours d’eau de Guyane, qu’il convient maintenant de renforcer en vue du 3e plan de gestion. Enfin, un partenariat de recherche INRA-Onema a été lancé en 2012 pour la construction de bioindicateurs spécifiques des cours d’eau de Mayotte, récemment devenu département d’outre-mer. Ces outils feront notamment la part belle à des aspects innovants, en lien avec les techniques de génétique et d’ADN environnemental.

Contact : yorick.reyjol@onema.fr

Article issu de La Lettre #16 - été 2013