Des exemples d’actions de restauration de la continuité écologique

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Des exemples d’actions de restauration de la continuité écologique

Présents sur tout le territoire, les agents de l’Onema se mobilisent en faveur de la restauration de la continuité écologique et accompagnent la mise en œuvre de ces actions en apportant leur expertise technique. Illustrations avec quelques actions.

Vallée de la Dordogne : 15 propriétaires s’associent pour la restauration de cours d’eau

Effacement d’une ancienne prise d’eau potable sur le Mamoul (avant)

Les bassins de la Bave, du Mamoul, de la Cère et du ruisseau d’Orgues, représentent plus de 20 % des habitats favorables aux grands poissons migrateurs du bassin de la Dordogne. Chaque année, des saumons, des lamproies marines et des anguilles colonisent ces territoires. Mais sur leur chemin, plusieurs obstacles se présentent à eux.

Pour caractériser les impacts des ouvrages, les agents du service départemental du Lot ont utilisé le protocole ICE (Informations sur la continuité écologique) mis au point par l’Onema. Dix-sept ouvrages ont été identifiés : moulins, anciennes prises d’eau potable, ouvrages hydroélectriques et seuils de stabilisation. Quatre ouvrages sont publics, les treize autres appartiennent à des propriétaires privés. Au-delà de l’expertise apportée sur les ouvrages, l’Onema appuie les services de l’État dans le choix des solutions techniques et le contrôle du bon déroulement des travaux. La restauration de la continuité écologique a été engagée : sept ouvrages ont été aménagés (dont un arasement total), les autres le seront en 2014 et 2015.

Effacement d’une ancienne prise d’eau potable sur le Mamoul (après)

Ce projet rassemble de nombreux partenaires : l’État, l’Agence de l’eau Adour-Garonne, l’Onema, l’Établissement public territorial du bassin de la Dordogne (EPIDOR), la Fédération départementale de pêche et de protection des milieux aquatiques du Lot, le Conseil général du Lot et l’association Migado. La maîtrise d’ouvrage est assurée par le Syndicat mixte du pays de la vallée de la Dordogne.

Pour les propriétaires des ouvrages, cette cohésion d’acteurs est l’assurance de coûts réduits. Pour les services de l’État, c’est le signe d’une mise en conformité rapide des ouvrages.

 Contacts : mathieu.chanseau@onema.fr ; vincent.jarno@onema.fr

Juillet 2014
Les Temps Forts 2013

Zones humides et continuité écologique : amélioration de l’ouvrage de Buzay

L’ouvrage hydraulique de Buzay, situé sur l’estuaire de la Loire près de Nantes, assure la régulation du niveau d’eau entre la Loire et le canal de la Martinière.

Créé en 1960, l’ouvrage, en mauvais état, a bénéficié d’une restauration importante. Elle fut entreprise dès 2009, alors que la procédure de classement des cours d’eau n’était pas encore à l’ordre du jour, le Syndicat hydraulique Sud-Loire, gestionnaire de l’ouvrage, ayant accepté d’intégrer la franchissabilité piscicole dans son projet.

Amélioration de la franchissabilité piscicole sur l’ouvrage de Buzay

L’ouvrage de Buzay ferme l’accès au bassin versant de 1 200 km2 du lac de Grand Lieu et de ses zones humides, dans la zone d’action prioritaire pour l’anguille (ZAP anguille). Il représente le premier obstacle à la migration des civelles entre la Loire maritime et le bassin de Grand-Lieu et était un point noir du braconnage. Sur proposition de l’Onema, le Syndicat hydraulique Sud-Loire a équipé, en décembre 2013, 3 des 6 vannes de l’ouvrage de vantelles piscicoles, dont l’ouverture permet le franchissement des poissons en fonction des coefficients de marées. La gestion indépendante de chaque vanne permet également d’effectuer des manoeuvres ponctuelles spécifiques au passage des migrateurs ou des sédiments. Une période d’expérimentations des modes de gestion des dispositifs de franchissement est nécessaire afin d’optimiser les ouvertures, en tenant compte des niveaux d’eau nécessaires au fonctionnement du marais. Les travaux réalisés courant 2013 feront l’objet d’une évaluation.

 Contact : bertrand.gaetano@onema.fr, (chef du service départemental Onema de Loire Atlantique)

Juillet 2014
Les Temps Forts 2013

Le Drac dans les Hautes-Alpes reprend sa place

La délégation interrégionale Méditerranée et le service départemental des Hautes-Alpes de l’Onema ont travaillé ensemble sur le plus gros projet de recharge sédimentaire de cours d’eau en France. Depuis les années 1950, l’extraction de matériaux a progressivement creusé le lit du Drac, allant jusqu’à 4 m de profondeur. Résultat : sur 4 km de cours d’eau, la sécurité des digues de protection du plan d’eau était fragilisée, les routes et habitations étaient menacées par les crues, les milieux naturels se dégradaient.

Le Syndicat mixte de la communauté locale de l’eau du Drac a donc sollicité l’Onema pour l’accompagnement de la partie ingénierie et le suivi de chantier. L’objectif était de redonner au lit de la rivière sa largeur historique, avant l’exploitation des matériaux par les hommes, pour garantir une bonne expansion des crues. L’Onema a fixé les préconisations sur le dossier et apporté son expertise pour la reconstitution des rives, des corridors biologiques et la restauration des zones humides.

Plus de 400 000 m3 ont été déposés pour rehausser le lit du Drac. La phase de chantier a consisté à suivre la construction des passes à poissons et accompagner les opérations de détournement des cours d’eau.

Une présence de l’Onema sur le terrain est vite apparue indispensable face à l’ampleur du projet, l’intérêt étant d’apporter des conseils en amont plutôt que d’avoir à corriger les erreurs en aval. Les travaux ont débuté en novembre 2013. Le rôle de l’Onema se prolonge… Un suivi écologique du cours d’eau sera réalisé sur les six années à venir. Il portera sur la flore, la faune et l’évolution des zones d’habitats et de frayères.


Réhabilitation du lit du Drac : le plus gros projet de recharge sédimentaire de cours d’eau en France

 Contacts :
dominique.baril@onema.fr (délégation interrégionale Méditerranée) ;
vincent.jarno@onema.fr (chef du service départemental Onema des Hautes-Alpes)

Juillet 2014
Les Temps Forts 2013

Une démarche concertée sur l’Ariège pour rétablir la continuité écologique

Le rétablissement de la continuité écologique est un enjeu prioritaire sur le bassin de l’Ariège. Classée Natura 2000, cet affluent de la Garonne est un axe majeur, favorable pour la reproduction des saumons atlantiques. Il est aussi fortement aménagé avec 11 ouvrages hydroélectriques difficilement franchissables par les poissons migrateurs. Depuis 2012, une démarche concertée a été initiée pour restaurer la migration piscicole. Elle associe les exploitants du département de l’Ariège organisés en association syndicale libre (ASL rivière Ariège), l’Onema, l’agence de l’eau Adour-Garonne, la DREAL Midi-Pyrénées, Migado, la fédération de pêche de l’Ariège et des bureaux d’études. Le levier de cette démarche ? Les contrôles de police de l’eau menés en 2010 par le service interdépartemental Ariège et Haute-Garonne de l’Onema sur les dispositifs de dévalaison. Ils ont donné lieu à des médiations pénales : les propriétaires des ouvrages (collectivités locales, particuliers) se sont alors engagés à mettre aux normes leurs dispositifs de franchissement. Grâce au financement majoré de l’agence de l’eau et à l’expertise des partenaires, six des huit barrages ariégeois devraient être traités d’ici fin 2014 ; pour exemple, un plan de grilles "ichtyocompatible" a été installé fin 2012 à Saverdun. Des perspectives de restauration de la circulation piscicole sur l’ensemble du linéaire de la rivière Ariège pourraient être envisagées grâce à une probable adhésion à l’ASL en 2013 des exploitants d’ouvrage situés en Haute-Garonne.

 Contacts : philippe.bobel@onema.fr et matthieu.chanseau@onema.fr

Août 2013
Les temps forts 2012

Concilier agriculture et restauration de la continuité écologique sur la Digeanne

Réservoir biologique, la Digeanne (Côte d’Or) subit des altérations de sa morphologie et des ruptures de sa continuité écologique. Sur le site des anciennes forges d’Essarois, les installations, désormais sans usage, impactent le fonctionnement écologique du cours d’eau : réduction de moitié de son linéaire, ralentissement des écoulements et blocage de la circulation des poissons et des sédiments. En 2011-2012, le propriétaire du site, un agriculteur-éleveur qui souhaite y développer l’élevage, sollicite l’Onema et le syndicat intercommunal des cours d’eau Chatillonais. Un projet de remise du cours d’eau dans son talweg d’origine et de suppression d’un obstacle à la continuité émerge, permettant à la fois de répondre aux attentes du propriétaire et de réaliser une action ambitieuse de restauration physique sur ce tronçon. L’opération a été menée par le propriétaire avec le soutien technique du syndicat et l’expertise du service départemental de l’Onema de la Côte-d’Or et de la direction interrégionale Bourgogne France-Comté. Une fois les démarches réglementaires effectuées, le cours d’eau a pu être remis dans son ancien lit sur 1500 mètres, les biefs de dérivation ont été comblés, l’obstacle au niveau de l’ancienne digue a été remplacé par un ouvrage plus large pour favoriser la continuité écologique. Une opération réalisée grâce à la volonté du propriétaire et à la coopération efficace entre les acteurs. Un suivi écologique associant les services de l’Onema et la fédération de pêche de Côte d’Or a débuté.

 Contact : anne-laure.borderelle@onema.fr

Août 2013
Les temps forts 2012

Quand les marais s’ouvrent aux civelles dans l’estuaire de la Charente

Depuis 2010, des travaux de recherche et de développement au niveau des 1ers ouvrages estuariens, les portes à flots, sont menés dans l’estuaire de la Charente dans le cadre du plan de gestion anguille. Ces travaux ont été conduits par le pôle écohydraulique Onema-Irstea-IMFT avec les services départementaux de l’Onema et de nombreux partenaires : le Conseil général de la Charente-Maritime, l’EBTP Charente, la fédération pour la pêche et la protection des milieux aquatiques de Charente-Maritime et l’UNIMA (union des marais de Charente-Maritime). Objectif ? Définir des solutions techniques pour la restauration de la libre-circulation des jeunes anguilles. Il s’agissait de mettre en place des dispositifs favorisant l’ouverture partielle de ces portes, permettant ainsi l’entrée en amont d’eau de mer et donc de civelles amenées par le flot de la marée. Les expérimentations ont été réalisées au cours de 47 marées sur deux sites : le canal de Charras et l’écluse Biard. Elles ont démontré l’efficacité biologique des dispositifs avec, sur une saison, plus de 60 et 100 kg de civelles recolonisant les zones amont sur les deux sites, tout en garantissant une faible incidence de ces entrées d’eau de mer tant du point de vue de la salinité des eaux des canaux que des risques de débordement. Ce travail va permettre la mise en œuvre de mesures de gestion équilibrée en faveur des anguilles.

 Contact : philippe.baran@onema.fr

Août 2013
Les temps forts 2012