Une démarche globale pour fixer les débits minimums biologiques

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Une démarche globale pour fixer les débits minimums biologiques

Quel débit minimum faut-il maintenir en aval d’un ouvrage pour garantir en permanence la vie, la circulation et la reproduction des espèces vivant dans les eaux ? Une approche globale et multicritères a été mise en place sur un bassin breton avec l’expertise du pole écohydraulique de Toulouse. Une démarche essentielle pour assurer une gestion équilibrée de la ressource intégrant la préservation des milieux.

Introduite en 2006 par la Loi sur l’eau, la notion de débit minimum biologique (DMB) reste difficile à définir. La réglementation, qui fixe des valeurs seuils, ne correspond pas nécessairement au processus écologique relevant d’interactions biologiques ou de progressions dans le temps. Certaines méthodologies comme les modèles d’habitat proposés dans la méthode des microhabitats peuvent constituer des aides à la fixation de DMB. Mais, appliqué seule et hors d’une démarche globale d’analyse, ces outils peuvent se révéler inappropriés comme ce fut le cas sur le bassin de l’Ellé en Bretagne. C’est pourquoi, le Syndicat mixte Ellé-Isole-Laïta a sollicité l’expertise du Centre de ressources et d’expertise scientifique sur l’eau de Bretagne (Creseb) et du pôle d’Ecohydraulique Onema-IMFT-Irstea.

Une approche globale multicritères

Le travail collectif a associé également l’Université de Rennes, l’Agrocampus et la délégation régionale de l’Onema. Il a surtout mis en place une démarche globale procédant par étapes successives afin de recueillir et d’analyser des informations susceptibles d’éclairer les choix de gestion parvenant à concilier les usages économiques et la préservation de la qualité biologique des cours d’eau, notamment en période d’étiage. Cette démarche vise à fournir des outils d’analyse à la fois vis-à-vis de la ressource en eau, des usages, de l’identification des déséquilibres, des enjeux en termes d’habitats aquatique et d’espèces. Dans cette démarche, les méthodes de type microhabitats constituent une étape ultime du travail.

Dans le cas du bassin de l’Ellé, la démarche a été complétée par l’analyse de plusieurs données complémentaires collectées par la délégation régionale de l’Onema dans le cadre des réseaux de surveillance et qui ont permis de relier les chroniques piscicoles aux variations de débit. Cette expertise et cette approche multicritère ont permis de proposer un premier ensemble de préconisations. Ainsi, ces valeurs s’établissent autour de 10 % du module (débit moyen) pour les DMB, à 12 % pour les débits d’objectif d’étiage et à 8 % pour des débits de crise sévères.

Cette démarche globale qui a précisé les différentes étapes pour aboutir à la définition d’un DMB pourrait par la suite être instaurée sur d’autres territoires bretons mais également nationaux dans le cadre notamment de la fixation des volumes prélevables.

Contact : philippe.baran@onema.fr

Août 2013