Préservation de l’eau, un PV comme élément déclencheur

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Préservation de l’eau, un PV comme élément déclencheur

Sept ans après avoir reçu un procès-verbal pour non respect du débit réservé, l’ASA du Canal de Gignac a validé sa politique volontariste d’économie d’eau en se munissant d’un vrai outil de planification, le contrat de canal.

A 35 kilomètres de Montpellier, le Canal de Gignac est essentiel pour le maintien des activités économiques - agricoles ou industrielles - sur ce territoire depuis plus d’un siècle. Alimenté par une prise d’eau sur l’Hérault, il dessert, à travers ses 250 km de réseau de distribution, un périmètre irrigué d’environ 3000 hectares (vignes, céréales, vergers,…) répartis sur 11 communes. Confronté à des problèmes récurrents de déséquilibre du fleuve, notamment en période d’étiage, l’Association syndicale autorisée d’irrigation (ASA) du Canal de Gignac qui gère cet ouvrage, avait été verbalisé en août 2005 par l’Onema pour non respect du débit réservé de 700 l/s défini par la loi Pêche de 1984. Suite à cette condamnation, l’ASA, consciente de la nécessité d’optimiser dans l’avenir l’utilisation de l’eau prélevée, s’est engagée volontairement dans une démarche de Contrat de Canal dès 2006. Après une longue phase de diagnostics basée sur une concertation de tous les acteurs, suivie de l‘élaboration d’objectifs stratégiques, un Contrat de Canal a été signé par 24 partenaires en décembre 2011 pour une durée de cinq ans. L’Onema, associé à la démarche de Contrat, a été force de proposition pour l’équipement technique de la prise d’eau afin de satisfaire au respect d’un débit réservé, mesurable et contrôlable, et qui permette le maintien d’une vie biologique dans le fleuve en période estivale.

Favoriser l’irrigation au goutte à goutte

Véritable outil de gestion et de planification à moyen terme, ce contrat (2011-2016) vise avant tout à pérenniser l’ouvrage ainsi qu’à relever le défi de l’économie d’eau. Il devrait également répondre aux objectifs qualitatifs fixés par la DCE ainsi qu’au durcissement des débits réservés fixé par la loi sur l’eau à l’horizon 2014. Le plus important des axes, la gestion économe, favorise ainsi la poursuite de la modernisation des réseaux afin d’inciter l’irrigation au goutte à goutte, plus économe et mieux adaptée aux besoins que l’actuelle distribution gravitaire. Pour l’agriculteur, le changement de mode d’irrigation est aidé à hauteur de 1000 euros par hectare, par les fonds européens Feader, les Conseils régional et général, et l’Agence de l’eau. Ces derniers financeront en outre près de 80 % du montant global d’intervention de ce contrat, évalué à plus de 13 millions d’euros sur la période 2011-2016. Au final, cette politique volontariste devrait permettre d’économiser 10 000 m3 d’eau par hectare chaque année sur la ressource, soit près de 20 millions de m3 à l’échelle du périmètre syndical.

Août 2013