Contamination aux PCB : des sédiments fluviaux à la chair des poissons

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Contamination aux PCB : des sédiments fluviaux à la chair des poissons

Vingt-cinq ans après l’interdiction à la vente des appareils contenant des PCB, ces composés toxiques se sont accumulés au fond de nombreux cours d’eau français... et dans les organismes qui y vivent. Les actions coordonnées par l’Onema ont permis d’améliorer la compréhension de leur transfert des sédiments aux poissons.

Début 2008, les pouvoirs publics français lancent un plan national d’actions sur les PCB*, suite à l’adoption par l’Union européenne de nouvelles normes sanitaires pour la consommation des poissons d’eau douce. Les sédiments contaminés jouant un rôle clé dans la contamination de ces derniers, un des objectifs majeurs du plan est de mieux comprendre le transfert des PCB depuis les sédiments vers les organismes vivants. A cette fin, l’Onema coordonne et finance plusieurs études de Irstea. L’une d’elles, menée en partenariat avec l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée et Corse, la Compagnie nationale du Rhône et les régions Rhône-Alpes et PACA, a permis de développer des modèles de bioaccumulation des PCB à partir des sédiments. Ils ont permis de déterminer une gamme de seuils de contamination des sédiments (de 2,6 à 14 ng/g de PCB), au-delà desquels les poissons ne seraient plus consommables. Ces deux modèles testés sur le Rhône devront être validés dans des environnements différents.

Une doctrine sera élaborée en 2012 pour fixer des valeurs de référence de concentration de PCB dans les sédiments à l’usage des gestionnaires. Elle sera notamment utilisée dans la gestion du dragage des sédiments dans les voies d’eau – opérations dont l’impact sur les milieux aquatiques est encore peu connu. Pour progresser sur ce point, l’Onema soutient plusieurs travaux de l’Ineris. Une synthèse bibliographique, réalisée en 2010 à partir d’études de cas en France et à l’étranger, a confirmé l’impact potentiel du dragage par remise en suspension des PCB. Elle alimentera la détermination de principes communs pour la conduite de ces opérations. Enfin, au plan méthodologique, une autre collaboration avec l’Ineris s’est traduite par le développement d’outils bio-analytiques novateurs pour la quantification des dioxines et de certains PCB dans les sédiments, adaptés à une utilisation de diagnostic et de surveillance. Par ailleurs, un travail d’enquête mené auprès d’organismes gestionnaires et d’experts scientifiques a permis d’identifier les besoins en matière de connaissances environnementales sur les PCB pour une meilleure gestion de cette pollution. Des propositions de nouvelles actions de recherche et développement à mener pourront être faites autour de quatre volets : comprendre et quantifier les sources ; évaluer les risques environnementaux ; surveiller les milieux ; améliorer les techniques de traitement des sédiments contaminés.

* Polychlorobiphényles, connus en France sous le nom de pyralènes, largement utilisés des années 1930 aux années 1980 dans la fabrication de transformateurs, condensateurs, pompes et turbines, ainsi que dans la composition d’huiles, de soudures, d’adhésifs ou de peintures.

Contact : olivier.perceval@onema.fr

Juillet 2012
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