Barrage de Poutès, en Haute Loire : une solution innovante

Bienvenue sur le portail technique "eau et milieux aquatiques" de l'Agence française pour la biodiversité.

Barrage de Poutès, en Haute Loire : une solution innovante

Le 6 octobre 2011, la ministre de l’écologie a annoncé officiellement l’arasement partiel du barrage hydroélectrique de Poutès sur l’Allier. La solution retenue, qui a mis fin à plus de 20 années de polémiques autour du démantèlement de l’ouvrage, permettra la circulation des saumons tout en préservant 90% de la production hydroélectrique. L’ensemble du dispositif a été conçu par le centre d’ingénierie hydraulique d’EDF, avec les ingénieurs du pôle écohydraulique de Toulouse de l’Onema.

Mis en service en 1941, dans les gorges de l’Allier, le complexe hydroélectrique de Poutès-Monistrol est toujours en activité. Le barrage de Poutès alimente la centrale hydroélectrique d’EDF de Monistrol et assure la production de 83 millions de kilowatts par heure, soit l’équivalent de la consommation annuelle du bassin du Puy-en-Velay (34 000 habitants).

Un impact sur la migration du saumon

D’une hauteur de 17 mètres et d’une longueur de 70 mètres, l’ouvrage constitue un obstacle majeur à la migration des saumons et à leur accès à 60% des frayères situées en amont. Malgré les efforts entrepris par EDF pour équiper l’ouvrage d’un dispositif de franchissement efficace, le barrage induit des retards à la migration et demeure infranchissable pour une fraction des saumons adultes.

A la dévalaison, l’impact est également important : les jeunes saumons, qui doivent rejoindre au plus vite l’océan, ont tendance à se perdre dans la retenue du barrage, longue de 3,5 kilomètres. Ce retard dans la migration peut leur être fatal, d’autant qu’ils deviennent alors la proie de prédateurs - truites et cormorans. Près de 90% des jeunes saumons arrivant au barrage transitent sans dommage par l’exutoire de dévalaison, ceux transitant par les turbines (10%) subissant une mortalité d’environ 50%.

Une solution innovante

L’ouvrage sera remplacé par un barrage de 4 mètres de haut, doté d’un clapet central qui pourra être abaissé totalement pour permettre à la fois le transit des sédiments et le franchissement des poissons en cas de besoin. Des aménagements seront réalisés pour la remontée du saumon – une passe à poissons à bassins successifs dont l’efficacité sera supérieure à 90% - et pour la dévalaison un exutoire de surface. La retenue ne fera plus qu’une centaine de mètres de longueur, évitant ainsi tout risque de stagnation et de retard de migration de dévalaison. Au niveau de la prise d’eau, l’installation d’une grille fine empêchera l’entrainement des juvéniles vers les turbines.

Le débit réservé, c’est-à-dire laissé en rivière, sera doublé pour atteindre 5 mètres cubes par seconde en moyenne, soit environ 30 % du débit moyen de la rivière, un niveau bien supérieur aux 10 % réglementaires.

Entièrement financée par EDF, cette solution permettra de maintenir 90% de la production d’électricité actuelle.

Contact: philippe.baran@onema.fr

Septembre 2012
Les temps forts 2011