Biodiversité aquatique : un état des lieux contrasté, des outils innovants

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Biodiversité aquatique : un état des lieux contrasté, des outils innovants

Scientifiques, gestionnaires, entreprises, associations... plus de 200 personnes étaient réunies à l’invitation de l’Onema, les 14 et 15 novembre derniers à Paris, pour un séminaire national consacré à la biodiversité aquatique. Au programme, une trentaine d’actions de recherche partenariales et autant de connaissances nouvelles sur la vie de nos rivières et plans d’eau.

 

En France métropolitaine, 15 espèces de poissons sur 69 sont sur la liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), comme un quart des espèces de crustacés. Constat alarmant, mais nuancé par une évolution positive depuis 1990 : le bilan pour la métropole réalisé par l’Onema révèle un accroissement de l’aire de répartition et de l’abondance pour la majorité des poissons, malgré de fortes disparités selon les espèces et les sites. À l’échelle locale, des chroniques au long cours affinent l’analyse – sur les populations de salmonidés migrateurs de la Bresle (Onema), ou sur les chaînes trophiques du Léman depuis 40 ans (INRA).

ADN environnemental et indicateurs fonctionnels

Au-delà de cet état des lieux, le séminaire a permis de présenter des outils novateurs pour l’évaluation de la biodiversité. L’ADN "environnemental", qui consiste à identifier les fragments d’ADN présents dans l’eau, a été testé en rivière (Onema/Université de Grenoble) : cette technique ouvre des perspectives prometteuses pour les inventaires de poissons mais aussi pour l’ensemble de la faune aquatique. De nouveaux indicateurs intégratifs de fonctionnement des écosystèmes, renseignant sur l’état des processus écologiques à une station donnée et permettant d’évaluer le succès des programmes de restauration des milieux, sont en cours de développement – par exemple, la vitesse de décomposition de la matière organique (Onema/Université de Metz).

Des impacts à la restauration

Questions centrales pour la recherche et la gestion, les liens entre pressions et biodiversité ont fait l’objet de trois sessions bien remplies : l’une consacrée aux impacts du changement climatique, une autre aux dégradations des habitats, une troisième aux espèces exotiques envahissantes. Parmi les résultats présentés, une comparaison (Université Toulouse 3) d’aires de répartition piscicoles entre deux périodes – "froide" (1980-1992) et "chaude" (2003-2009) – met en évidence des évolutions diverses : le barbeau méridional tend par exemple à apparaître en bordure de sa répartition initiale, tandis que la truite disparaît en périphérie de la sienne. L’analyse des liens entre hydrologie et biodiversité (Onema/HEPIA) étudie la nécessité d’assurer non pas un débit minimal, mais un régime de débit annuel pour le fonctionnement des écosystèmes – des crues saisonnales, qui conditionnent la reproduction de certaines espèces, aux débits d’étiage qui modifient la structure des peuplements. Enfin, des exemples de projets de restauration ont été présentés. Où l’on apprend que les actions de décloisonnement menées dans le cadre des projets Life Nature (voir Conservation de l’apron du Rhône : des signes encourageants) ont permis la recolonisation de tronçons de rivière par l’apron du Rhône ; ou que le déplacement d’une station d’épuration des eaux usées implantée au bord du Vistre (Gard) entraîne une amélioration rapide de la composition des communautés d’invertébrés (Onema/Irstea). En bref, que les actions de restauration de la biodiversité se traduisent, lorsqu’elles sont bien menées, par des résultats concrets !

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