Les réserves de substitution sous la loupe de la modélisation microéconomique

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Les réserves de substitution sous la loupe de la modélisation microéconomique

Dans de nombreux bassins, la mise en oeuvre de la directive cadre européenne sur l’eau se traduit par une remise en cause des prélèvements d’eau pour l’irrigation. En contrepartie, les agriculteurs irrigants réclament la création de réserves de substitution remplies en hiver. Au-delà des conséquences sociopolitiques éventuelles d’une telle solution, quel serait l’impact économique de la réduction du volume prélevable mais aussi de la création de réserves de substitution ?

Afin d’aider à la décision, l’Onema a financé une étude de modélisation microéconomique du comportement des agriculteurs réalisée par le Cemagref, En se basant sur l’exemple du bassin versant de la Boutonne (affluent de la Charente, bassin Adour Garonne), où une réduction de près de 85 % des autorisations de prélèvements est envisagée. L’étude évalue le coût associé à la réduction du volume prélevable puis le coût associé à différents niveaux de création de réserves de substitution.

Il est démontré que dans la situation actuelle de prix agricoles bas, ces réserves ne sont rentables du point de vue des irrigants qu’avec des taux de subventions de l’ordre de 60%. Du point de vue de la collectivité, il est également démontré que la création de ressource est une solution plus coûteuse que la mise en oeuvre d’instruments plus incitatifs (MAE) ou d’aides au désinvestissement. Les résultats ne tiennent cependant pas compte des bénéfices en terme d’aménagement du territoire ni des dommages environnementaux potentiels associés à la création des réserves.

Le rapport met en évidence la nécessité de définir une borne maximale de création de ressource, car il apparaît que la compensation intégrale de la réduction des autorisations de prélèvements par la création de réserves conduirait à un accroissement de la consommation en eau.

Contact : sebastien.loubier@cemagref.fr