Améliorer la surveillance des micropolluants dans les milieux aquatiques

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Améliorer la surveillance des micropolluants dans les milieux aquatiques

Pour lutter contre la contamination des milieux aquatiques par des micropolluants, le ministère en charge de l’écologie a lancé un plan national d’action 2010-2013. L’Onema y joue un rôle central, notamment dans l’amélioration de la surveillance des masses d’eau et celle des connaissances scientifiques et techniques. Il finance à hauteur de 3 millions d’euros par an des projets de recherche et développement sur les micropolluants. Parmi les premiers résultats, en collaboration avec l’Ineris : l’élaboration d’une méthode de priorisation des substances chimiques à surveiller et la construction d’un indice biomarqueur d’exposition à des pollutions multiples.

De nombreux contaminants, tels que les pesticides, les métaux lourds ou encore les médicaments sont susceptibles d’avoir une action toxique à des concentrations infimes, de l’ordre du microgramme par litre, d’où leur dénomination de « micropolluants ».

Élaboration d’une méthode de priorisation de ces substances

L’urgence est de définir les substances à étudier ou à surveiller en priorité. Jusqu’alors, les méthodes de priorisation étaient diverses et établies à une échelle locale, régionale ou nationale, sans référence commune. L’Onema et l’Ineris ont créé et animent un comité d’experts dédié à la priorisation des substances pour la protection des milieux aquatiques rassemblant notamment, outre leurs propres experts, ceux des universités, d’autres organismes de recherche publics et du ministère en charge du développement durable. Ce comité a élaboré une méthode commune et harmonisée, adaptable à l’échelle envisagée, pour prioriser les substances. Partant d’un univers initial de plusieurs milliers de substances existantes, répertoriées dans le référentiel, il propose ainsi des catégories de listes répondant à divers objectifs - substances à surveiller régulièrement, substances dont la présence est à vérifier, substances requérant des études complémentaires en écotoxicologie, substances qu’il n’est plus nécessaire de surveiller …- et au sein de chaque catégorie, une priorisation.

Un indice biomarqueur d’exposition à des pollutions multiples

Dans le domaine de la surveillance et de l’évaluation des risques, les biomarqueurs apparaissent comme des outils biologiques innovants pour détecter de façon précoce la présence de polluants dans le milieu aquatique et plus généralement d’étayer le diagnostic de risque environnemental. Complémentaires aux analyses chimiques classiques, ils permettent d’observer les changements intervenant à différents niveaux biologiques - moléculaires, cellulaires, biochimiques - d’un être vivant (poisson, invertébré…) et qui tiennent compte des interactions entre contaminants. L’Onema soutient, dans le cadre de ses conventions avec le Cemagref, l’Ineris, l’Ifremer et l’université du Havre, des travaux visant à développer des biomarqueurs chez les invertébrés et les poissons, qui signent des perturbations de certaines fonctions biologiques des organismes : effets toxiques sur la reproduction, effets sur la transmission de l’influx nerveux, des effets mutagènes ou encore immunotoxiques. Ces biomarqueurs, une fois validés sur le terrain, pourraient être utilisés dans le cadre des programmes de surveillance des milieux aquatiques de la directive cadre sur l’eau, comme les contrôles d’enquête, en tant qu’outils d’aide au diagnostic de contamination.

Un indice biomarqueur d’exposition à des contaminations multiples utilisable chez les poissons de rivière - épinoche, gardon - à l’échelle du territoire national a été construit par l’Ineris, en collaboration avec l’Onema. Il permet d’obtenir une lecture intégrée des différentes réponses portées individuellement par chaque biomarqueur. Il s’agit de quantifier, sur un même poisson, différentes réponses - perturbations endocriniennes, effets neurotoxiques… - pour les regrouper au sein d’un même indice. Ce dernier permet ainsi de discriminer les sites en fonction de leur niveau général de pollution, et de savoir quelles familles de polluants sont responsables de la toxicité de certains cours d’eau.

Contacts :
pierre-francois.staub@onema.fr
olivier.perceval@onema.fr

L’Onema en Région - Nord-Ouest : Une collaboration Ineris-Onema sur des biomarqueurs
Certains êtres vivant dans les milieux aquatiques réagissent à la présence de substances chimiques par des changements aux niveaux moléculaire, physiologique ou histologiques qui sont alors utilisés comme des biomarqueurs. La vitellogénine et la spiggine par exemple sont deux biomarqueurs de la présence de perturbateurs endocriniens dont les effets ont été suivis sur trois espèces, chabots, gardons et épinoches. Des gardons mâles soumis à de telles substances ont ainsi produit de la vitellogénine, une protéine normalement présente chez les femelles, et dans le cas de pollutions plus fortes, des ovocytes ont même été retrouvés dans les organes reproducteurs de ces mâles. C’est la survie des populations qui est alors remise en question. Vingt-huit lots de chabots, gardons et épinoches prélevés dans 31 points répartis sur 18 stations auront été nécessaires pour arriver à ces résultats, dans le cadre d’une collaboration Ineris-Onema. L’Onema apporte une contribution financière, la connaissance fine du terrain et les savoir-faire des équipes de la délégation interrégionale de Compiègne et des services départementaux. Ce partenariat s’inscrit dans le projet européen INTERREG-DIESE.
Contact : Christophe Blanchard, Délégation Onema Nord-Ouest christophe.blanchard@onema.fr

Juillet 2011
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