Aménagement du barrage de Vogelgrun : exemple de coopération transfrontalière pour favoriser le retour du saumon sur le Rhin

Bienvenue sur le portail technique "eau et milieux aquatiques" de l'Agence française pour la biodiversité.

Aménagement du barrage de Vogelgrun : exemple de coopération transfrontalière pour favoriser le retour du saumon sur le Rhin

 

 En septembre dernier, des experts de la commission internationale pour la protection du Rhin (CPIR) se sont réunis à Colmar pour faire le point sur le défi technique que revêt le rétablissement de la continuité piscicole au droit du barrage de Volgelgrun/ Breisach. Ce barrage est aujourd’hui l’obstacle majeur à dépasser pour que le saumon recolonise des rivières salmonicoles prioritaires situées plus en amont dans le haut Rhin autour de Bâle ainsi que des affluents de l’Aar où ont été cartographiés des habitats salmonicoles et la constitution d’un peuplement de poissons migrateurs dans le Vieux Rhin. L’Onema en tant qu’établissement public de référence en France sur les questions de continuité écologique participe à ces travaux au sein de la CPIR.

  Contact Onema : David Monnier

Les fleuves transfrontaliers européens sont gérés dans le cadre de commissions internationales. Ces instances de concertation traitent des aspects directive cadre sur l’eau (DCE) et inondations, mais aussi des programmes de réintroduction des poissons grands migrateurs.

La commission internationale pour la protection du Rhin (CPIR) a adopté en 2001 un programme ambitieux de protection du fleuve, « Rhin 2020 » qui s’articule avec les objectifs de la DCE. Un des volets du programme « Rhin 2020 » est le retour du saumon qui a disparu de ce fleuve depuis 1958. Le saumon a été pris comme emblèmes de la reconquête de la qualité du Rhin dès 1987, suite à l’incendie de Sandoz en 1986 qui avait détruit toute vie depuis la Suisse jusqu’à la mer. Pouvoir ouvrir la voie aux saumons jusqu’à Bâle est un défi technique majeur auquel la CPIR est aujourd’hui confrontée, aussi bien pour la conception d’ouvrages de franchissement sur les grands barrages en France (gérés par EDF) et en Suisse situés sur cet axe, que pour la dévalaison afin de limiter la perte de saumons lors de leur passage dans les turbines.

Depuis 2001, des avancées ont cependant été réalisées : six passes à poissons ont été ouvertes dans le delta du Rhin, de nombreux barrages ont été aménagés ou rasés sur les affluents du Rhin inférieur, Rhin moyen, Rhin supérieur et haut Rhin. Sur le Rhin supérieur même, la passe à poissons d’Iffezheim de dimension gigantesque, est entrée en service en l’an 2000. Une seconde passe celle de Gambsheim s’est ouverte aux poissons en 2006. Deux autres passes encore plus grandes que ces deux-là sont en construction à Strasbourg et en étude à Gerstheim. Mais un goulet d’étranglement majeur perdure sur l’axe migratoire des saumons remontant de l’Atlantique vers la Suisse : le barrage de Vogelgrun, dans le Haut-Rhin.

Une réflexion technique avec des experts internationaux est en cours pour trouver la meilleure solution pour équiper cet ouvrage. Le barrage de Vogelgrun est, en effet, complexe. Il ne s’agit pas "simplement de faire passer les poissons en amont d’un barrage mais de les collecter au pied de ce barrage où transite l’essentiel du débit, pour les envoyer vers le bras court-circuité à fort potentiel, le Vieux Rhin. Les poissons doivent ainsi passer soit au-dessus soit en dessous (dans un tunnel) d’une écluse grand gabarit. Ces deux pistes sont aujourd’hui à l’étude.
L’Onema, la délégation interrégionale Nord, membre de la CPIR, participe activement à ce travail d’ingénierie écologique avec l’appui du pôle d’expertise écohydraulique Onema/Irtsea de Toulouse.

 Tracés des deux variantes privilégiées
En bleu : tracé de la variante passe à fentes - tunnel (source : exposé Mende, M. et al.)
En jaune : variante passant par le point haut et descenderie directe (source : exposé Travade F, exposé Larinier, M. le 23.9.2014 à Colmar)