L’évolution des populations de saumons dans les rivières françaises ?

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L’évolution des populations de saumons dans les rivières françaises ?

Du 3 au 6 juin 2014, s’est tenue la 31eme assemblée générale de l’OCSAN, organisée avec l’appui de l’Onema à Saint-Malo. L’occasion de faire le point sur le saumon, poisson migrateur emblématique de la qualité des cours d’eau et classé vulnérable sur la liste rouge des espèces menacées établies par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Au cours de ces 20 dernières années, les stocks de saumons ont chuté de 75% dans le monde. En France, le saumon atlantique est encore présent dans une cinquantaine de cours d’eau, essentiellement sur le Rhin et sur toute la façade Atlantique (Bretagne, Loire, Garonne, Dordogne, Allier, Nivelle, Adour, etc.). Toutefois, les populations sont parfois peu nombreuses voire en voie d’extinction.

 

 

Le point dans chaque bassin

  •  La Bretagne compte 25 rivières à saumons, par exemple l’Odet, le Goyen, la Laïta, le Trieux, le Douron, les rivières de Morlaix…. Environ 9500 saumons adultes reviennent chaque année dans ces rivières.
  •  En Normandie, les rivières du Mont saint Michel (a sienne, la Séé et la Sélune) sont un milieu vertueux pour les saumons, permettant des échanges de populations. Sur la Saire et l’Orne, les saumons sont revenus depuis 15 ans grâce à une opération de repeuplement effectuée en 1995. Sur la Vire, l’Arques et la Bresle, les populations restent faibles, malgré parfois des travaux d’aménagement du cours d’eau.
  •  Longtemps la Loire et l’Allier ont été les deux plus longs cours d’eau à accueillir le saumon de l’amont à l’aval. A la fin du XIXème siècle, pour atteindre 2 000 au début des années 80 et seulement une centaine en 1990. Au-delà des aspects de libre circulation, la population sauvage est exposée à de multiples pressions tant en zone marine qu’en eau douce.
  •  Sur le bassin de la Garonne et de la Dordogne, la construction de barrages (160 dont 50 centrales hydroélectriques) sur les cours d’eau a fait disparaitre le saumon au début du XXème siècle. Plus de 9 400 remontées de saumons ont été enregistrées sur la Garonne et la Dordogne depuis 1993. Les populations ont augmenté de 1993 à 2002 puis ont chuté assez brutalement depuis. Entre 20 et 40% des saumons de la Dordogne sont issus d’une reproduction naturelle. Beaucoup moins sur la Garonne.
  •  Sur le bassin de l’Adour, environ 4000 saumons adultes reviennent pour frayer dans les gaves pyrénéens (Adour, Nive, Oloron, Pau) chaque année. Sur les 200 barrages qui jalonnent les cours d’eau, 100 sont équipés de passes à poissons. Si le saumon a quasiment disparu au début du XXème siècle, la politique de repeuplement dans les années 80 et l’aménagement des ouvrages ont permis de les faire revenir sur ce bassin. • Sur le Rhin, bassin qui couvre 9 pays depuis les alpes jusqu’à la mer nord, l’objectif est de revoir le saumon en 2020, celui-ci ayant disparu complétement depuis 1958.

    L’aménagement des rivières (barrages, seuils, …), obstacles à leur migration et les pollutions des cours d’eau qui les abritent sont deux des facteurs identifiés de son déclin. La restauration et la préservation des habitats ainsi que l’amélioration des migrations (montaison / avalaison) sont deux actions prioritaires à mener pour sauver le saumon atlantique dans les rivières françaises. La France s’est ainsi engagée à mettre en œuvre un plan national de continuité écologique et une politique de protection des grands migrateurs, comme le saumon. L’Onema assure pour partie la mise en œuvre du plan de restauration adopté en 2009