Mortalités de poissons sur la Loue - résultats de l’expertise collective

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Mortalités de poissons sur la Loue - résultats de l’expertise collective

Une dégradation globale de la qualité de la rivière depuis plusieurs décennies serait à l’origine des mortalités de poissons observées sur la Loue en 2010 et 2011. Telle est la conclusion de l’expertise collective mandatée par le Préfet du Doubs, pilotée par l’Onema et rendue publique le 7 mars 2012. Le groupe d’experts fait une série de recommandations en termes de suivi, de recherche et d’actions.


La Haute Loue, rivière du Doubs en bon état selon les critères de la directive cadre sur l’eau, est un joyau renommé pour la pêche de loisirs. Depuis janvier 2010, elle a subi deux épisodes de mortalité exceptionnelle de poissons, principalement des truites et des ombres, ainsi que des petites espèces benthiques telles que le chabot. Parallèlement, des proliférations de cyanobactéries toxiques ont été observées.

 

Des scientifiques d’horizons divers sollicités

Comment expliquer ces mortalités de poissons ? Existe-t-il un lien avec le développement de bactéries ? Pour tenter de répondre à ces questions, l’Onema a mis en place en février 2011 un groupe d’experts à la demande du Préfet. Durant un an, onze biologistes, hydrologues et chimistes ont analysé les données et publications existantes et échangé avec des experts et acteurs locaux. Première conclusion : il n’existe pas de lien entre la mortalité des poissons et le développement des cyanobactéries. En revanche, ces deux évènements traduisent un mauvais fonctionnement général du cours d’eau. Diverses causes peuvent l’expliquer : un excès de nutriments dans l’eau, de nombreux aménagements présents sur la rivière qui impactent la qualité physico-chimique et biologique, une présence probable de polluants et une vulnérabilité particulière de la rivière due à la nature karstique de ses sols...

Une dégradation globale de la rivière

La dégradation globale de la qualité de la rivière depuis plusieurs décennies aurait ainsi entrainé le mauvais état des populations. La Loue abrite aujourd’hui une faible diversité, et parfois en faible quantité, d’algues, de macro-invertébrés et de poissons. Certaines espèces de macro invertébrés sensibles à la qualité du milieu ont disparu et ont été remplacées par des espèces plus tolérantes à la dégradation du milieu.
Cette dégradation serait la conséquence d’une modification et d’une augmentation de certaines activités humaines, sans qu’il soit possible actuellement de les hiérarchiser : pollutions domestiques, pratiques agricoles, industrie du bois, pratiques de la pêche, urbanisation...

Comprendre le fonctionnement de la rivière pour pouvoir agir

A l’issue de cette expertise, le groupe de travail préconise la mise en place de suivis de la qualité physico-chimique et biologique ainsi que des activités humaines et des pressions qu’elles entrainent. Afin de redonner un meilleur état à la rivière, il recommande d’ores et déjà un certain nombre d’actions prioritaires, dont la maîtrise des flux de nutriments dans la rivière et l’effacement de certains seuils et barrages pour accélérer l’écoulement. Enfin, pour mieux comprendre son fonctionnement, plusieurs domaines clés de recherche ont été identifiés : impact des toxiques sur les poissons ; impact des pollutions par l’azote sur les organismes aquatiques ; impact des pratiques halieutiques, historique de la dégradation de la Loue ; identification des conditions environnementales qui conduisent à un développement massif de cyanobactéries toxiques.

Contact : romuald.berrebi@onema.fr

Article issu de La Lettre #12 - juin 2012