Témoignage de partenaires

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Témoignage de partenaires

Stéphane Stroffek \ Agence de l’eau Rhône-Méditerranée et Corse

 

« Les altérations physiques des milieux aquatiques sont un facteur majeur de la dégradation écologique des cours d’eau : dans le bassin Rhône-Méditerranée, il a été estimé qu’elles compromettent l’atteinte de l’objectif de bon état écologique en 2015 pour environ deux tiers des cours d’eau du bassin. Les aménagements hérités du passé (barrages, digues, techniques de stabilisation des berges…) altèrent la morphologie des lits, des berges, des régimes hydrologiques et cloisonnent les réseaux hydrographiques. Pour réduire ces effets négatifs, des mesures de restauration ont été identifiées ; dans certains cas, l’atteinte du bon état écologique a été reportée au-delà de 2015. Le protocole Carhyce va permettre de quantifier certaines caractéristiques physiques du cours d’eau à l’échelle locale d’une station. Les résultats, replacés dans leur contexte à des échelles plus larges grâce à d’autres outils (Syrah …), aideront à mieux comprendre les liens entre les habitats et les communautés aquatiques telles que nous les observons. Ce retour d’expérience est une condition nécessaire à l’acquisition des connaissances pour agir plus efficacement. »

Stéphane Stroffek est responsable « Méthodes, études et prospective », Agence de l’eau Rhône-Méditerranée et Corse.

 

Martin Arnould \ WWF

 

« Le label « Rivière sauvage » est en cours d’élaboration sous l’égide du WWF. Nous avons, en effet, constaté et, avec nous, l’Onema et les services de l’État, un manque de lisibilité, pour le grand public, de la nécessité de conserver les écosystèmes aquatiques en excellent état. Nous avons alors décidé de construire une culture de réconciliation avec la rivière, comme elle existe aux États-Unis, en Australie ou en Suisse, et ainsi créer des réseaux de rivières protégées, indemnes de toute atteinte, sauvegardées, à l’instar du littoral avec l’action reconnue et remarquable du Conservatoire du littoral. Ainsi est né le projet de réseau Rivières sauvages, naturellement en lien avec les diverses institutions en charge de la gestion du capital rivière : l’Onema, les agences de l’eau, les syndicats de rivière, les universités, mais également les entreprises privées qui souhaitent participer à la protection des rivières sauvages. »

Martin Arnould est responsable du programme « Rivières vivantes » du WWF et membre du conseil scientifique de l’Onema.

 

Hervé Piégay \ CNRS, ENS de Lyon

 

« Pour avoir une idée exacte de l’état hydromorphologique d’un cours d’eau, il est nécessaire de réaliser des mesures sur le terrain. Evalue-t-on la qualité de l’eau d’un simple regard ? Le problème est le même pour l’état physique ; des données objectives sont nécessaires. C’est ce que permet le protocole Carhyce et c’est essentiel pour comprendre comment évoluent les cours d’eau : la mesure de la granulométrie ou des hauteurs de berges apportent des informations pour évaluer l’état hydromorphologique des cours d’eau. Les suivis de terrain ainsi réalisés par l’Onema permettent de définir les priorités en termes d’actions réparatrices quand l’état morphologique du tronçon observé n’est pas satisfaisant. Cela consiste, par exemple, à replanter des arbres sur les rives, injecter des sédiments dans la rivière, favoriser la ré-érosion des berges ou encore lutter contre les plantes invasives. Le recueil des informations hydromorphologiques des stations du réseau de contrôle de surveillance ou du réseau de contrôle opérationnel nous permet de faire de la veille, de vérifier que le bon état des milieux aquatiques a été atteint, et à quel moment. »

Septembre 2010
Les temps forts 2009