Lettre #23 : Surveillance des eaux littorales : une méthodologie encore à définir

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Jeudi 10 novembre 2016

Lettre #23 : Surveillance des eaux littorales : une méthodologie encore à définir

Pour la surveillance de l’état chimique des eaux littorales, un suivi de la concentration de certaines substances chimiques dans les organismes vivants devient obligatoire. Une nouvelle contrainte qui pose certaines questions en outre-mer.

Selon les dispositions de la directive cadre sur l’eau, les États européens doivent établir des programmes de surveillance afin d’évaluer l’état de leurs masses d’eau, notamment l’état chimique des eaux littorales. Des normes de qualité environnementale (NQE) ont ainsi été définies, représentant des seuils de concentration à ne pas dépasser afin de protéger l’environnement et la santé humaine.

Plage martiniquaise © Alexandre Arqué – Agence des AMP

Depuis l’entrée en vigueur de la directive 2013/39/UE, 45 substances prioritaires sont à considérer (contre 33 lors du premier cycle DCE). Cette directive introduit, outre un suivi dans les eaux, une surveillance à mettre en œuvre dans le biote, c’est-à-dire dans différents organismes vivants, pour des substances bioaccumulables présentant un risque potentiel pour l’homme et les prédateurs supérieurs (oiseaux piscivores et mammifères) par la consommation de produits de la pêche ou de proies contaminées. Des travaux sont actuellement menés, en particulier par l’Onema et l’Ifremer, pour définir les stratégies de mise en œuvre de ces NQE dans les eaux littorales, en cohérence avec les méthodologies et critères mis en œuvre dans le cadre de la directive cadre « Stratégie pour le milieu marin ».
 
Mais pour les départements d’outre-mer (DOM), ce suivi dans le vivant peut représenter une réelle difficulté car il n’est pas à ce jour pratiqué dans tous les DOM. En outre, il repose sur des espèces dont les stocks peuvent être faibles ou limités. Il a donc été convenu que l’Onema ferait le point sur les espèces potentiellement disponibles dans chaque DOM.
 
Les échantillonneurs passifs comme alternative

Pour assurer la surveillance des substances hydrophobes, mais également celles des hydrophiles, une autre piste actuellement étudiée serait l’utilisation d’échantillonneurs passifs intégratifs. Introduits dans le milieu, ces dispositifs accumulent les contaminants chimiques au cours de périodes d’exposition plus ou moins longues et permettent ensuite de fournir une estimation de la concentration moyenne pondérée dans le temps de ces substances dans l’eau. Plusieurs études ont ainsi été lancées par le consortium de laboratoires Aquaref, avec le soutien de l’Onema, afin de développer ces outils et vérifier la faisabilité opérationnelle de leur déploiement pour la surveillance DCE dans les DOM. Les premiers retours semblent encourageants et placent ces capteurs passifs comme des alternatives pertinentes.
 
« Toutefois, ces échantillonneurs passifs ne sont pas reconnus aujourd’hui par la Commission européenne pour l’évaluation des eaux littorales. Il faudra donc la convaincre de l’intérêt de ces méthodes », a indiqué Olivier Gras, chargé de mission surveillance chimique des eaux de surface au ministère de l’environnement. « L’objectif est de valider les échantillonneurs passifs afin qu’ils soient disponibles pour le 3ème cycle DCE 2022-2027 ».
 
Contact : olivier.perceval@onema.fr