Lettre #20 - Quelques questions à Olivier Laroussinie, préfigurateur de l’Agence française pour la biodiversité

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Lettre #20 - Quelques questions à Olivier Laroussinie, préfigurateur de l’Agence française pour la biodiversité


Quel a été le processus de préfiguration de l’Agence française pour la biodiversité, que vous dirigez et qui vient de rendre son rapport à Ségolène Royal, ministre de l’écologie ?

Une première phase de rencontres avec les acteurs de la biodiversité, associée au travail mené avec le Conseil national de la transition écologique nous a permis d’identifier les questions fondamentales. Les enjeux et les spécificités ultra-marines ont été identifiés lors du séminaire outre-mer en début 2015. La Conférence nationale de Strasbourg de mai dernier a réuni plus de 200 acteurs de la biodiversité autour de la participation des acteurs économiques, la stratégie nationale pour la biodiversité, la participation des citoyens ou les besoins des territoires. Ses conclusions ont nourri le rapport de préfiguration.

Quelles seront les grandes orientations et priorités de cette agence ?

A terme, l’AFB devrait devenir le centre de référence sur la question de la biodiversité. Le développement des connaissances est une priorité pour évaluer l’état de la biodiversité. A l’instar du domaine de l’eau, on a besoin de renforcer le dispositif de collecte de données et de mettre en place un programme de surveillance de la biodiversité, ou encore de soutenir la recherche. L’agence sera un véritable centre de ressources pour informer, former, mettre à disposition les méthodologies et outils, les bonnes pratiques ou le partage d’expériences. Il y a urgence à mobiliser les acteurs publics et privés contre la dégradation rapide de la biodiversité, ainsi que les citoyens via des programmes de sciences participatives de type « 65 millions d’observateurs ». Enfin, le partenariat avec les acteurs économiques renforcera leurs actions en faveur de la biodiversité et l’évolution de leurs pratiques. L’enjeu majeur dans les territoires sera de soutenir financièrement la mise en œuvre des stratégies de création et de gestion des aires protégées ou des schémas régionaux de cohérence écologique.

Quels seront le positionnement et l’organisation de l’agence ?

L’agence française pour la biodiversité sera au service des politiques de l’eau, de la biodiversité et de la protection du milieu marin. Elle se partagera entre des missions régaliennes, contrôle de la règlementation, instruction des avis et évaluation, et des missions partenariales pour soutenir les actions en faveur de la biodiversité et de la préservation de l’eau et des milieux aquatiques. Elle agira en lien avec les instances de concertation existantes et animera la stratégie nationale de la biodiversité. La création d’agences régionales pour la biodiversité permettrait de mobiliser les acteurs et d’organiser les politiques avec l’ensemble des partenaires, en lien avec des directions régionales de l’AFB.

Les moyens humains et budgétaires de la future agence sont-ils à la hauteur de ses ambitions ?

Si les préfigurateurs approuvent l’idée de mutualiser les secteurs de l’eau et de la biodiversité, la seule fiscalité de l’eau – associée au principe de « l’eau paie l’eau » - ne pourra pas légitimement financer la biodiversité en général. Il faut chercher d’autres sources de financement et une réflexion sur la fiscalité verte est d’ores et déjà engagée. De même, tous les moyens humains ne seront pas dans l’agence et des discussions ont débuté pour une mutualisation avec l’ONCFS au niveau des équipes de terrain ainsi qu’avec le Cerema sous forme de services communs. Le même principe devrait s’appliquer avec le MNHN.

Les acteurs de l’eau ont exprimé leur inquiétude quant à la poursuite des missions spécifiques sur l’eau et la police au sein de l’AFB …

L’AFB reprend toutes les missions de l’Onema et notamment celles de police de l’environnement. Un rapprochement des services départementaux AFB avec ceux de l’ONCFS sera étudié.

 

La Lettre #20 - printemps 2015