Lettre #20 La sauvegarde des poissons migrateurs

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Lettre #20 La sauvegarde des poissons migrateurs

Suivi scientifique, soutien aux plans de gestion, études R&D, lutte anti-braconnage… L’Onema s’implique dans différentes missions complémentaires pour préserver et restaurer les populations des poissons migrateurs.

Aujourd’hui, en France comme en Europe, la majorité des espèces de poissons dits grands migrateurs, c’est-à-dire vivant alternativement en eau douce et en mer, sont en danger. La perte et le fractionnement de leurs habitats, la baisse de qualité des eaux, et la surexploitation due à la pêche, conjugués au phénomène de réchauffement climatique, sont autant de causes du déclin de populations de ces poissons amphihalins. Nombre de ces derniers, comme l’esturgeon ou l’anguille, sont désormais menacés d’extinction. Face à ce constat, de nombreux acteurs impliqués dans la gestion des milieux aquatiques, en particulier l’Onema, mettent en place des mesures pour favoriser la sauvegarde des onze espèces amphihalines présentes en métropole.

La R&D en faveur des migrateurs

Pour définir les mesures de restauration et de préservation des populations de ces espèces, l’amélioration de la connaissance est essentielle et nécessite la mise en œuvre d’actions de R&D, portées entre autres par l’Onema. Cette dernière intervient notamment dans le financement des différents programmes d’organismes de recherche (Inra, Irstea, MNHN). Afin de décrire l’état des populations des migrateurs, les pressions ainsi que d’évaluer les mesures de gestion, le pôle Gest’Aqua, commun entre l’Onema et l’Inra, travaille sur le développement d’outils de suivi. Par exemple, sur la Bresle, les agents de l’Onema effectuent un suivi scientifique des saumons et de la truite de mer depuis plus de trente ans, fournissant des données chronologiques sur les caractéristiques, le fonctionnement et l’évolution des stocks de ces deux espèces.
En outre, pour faciliter la circulation des poissons, le pôle écohydraulique de Toulouse (Onema, IMFT et Irstea) concentre, quant à lui, ses actions sur la continuité écologique, et notamment sur la conception de dispositifs de franchissement des obstacles par les migrateurs. L’Onema participe enfin à des expertises collectives avec le Groupement d’intérêt scientifique sur les poissons amphihalins (Grisam) au niveau national, et avec le Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM)au niveau international.

L’Onema, un appui technique et financier

Les résultats de ce travail de recherche aident à l’élaboration et la mise en place des plans nationaux de protection des migrateurs. Sur ces plans de gestion, l’Onema est avant tout un appui technique au ministère de l’Environnement, mais participe également au financement de certaines actions. Dans le plan national de gestion de l’anguille (PGA), l’établissement s’assure du suivi des mesures de « repeuplement » et contribue à la sélection des projets avec le ministère et les Dreal. L’Onema assure en outre l’évaluation de l’efficacité des mesures de ce PGA et contribue à la rédaction du rapportage pour la Commission européenne. L’établissement a également participé à l’élaboration de la Stratégie nationale pour les poissons migrateurs (StraNaPoMi), que doivent désormais s’approprier les bassins. Il contribue à son développement en outre-mer et soutient les travaux d’Irstea dans le cadre du plan national de restauration de l’esturgeon européen.

L’Onema, une action sur le terrain

Enfin, sur le terrain, les agents se mobilisent pour faire progresser les connaissances, diagnostiquer les obstacles qui entravent leur circulation, et faire évoluer la règlementation locale, notamment via les comités de gestion de poissons migrateurs (COGEPOMI). Ils font respecter la réglementation sur les ouvrages (bon fonctionnement des dispositifs de franchissement et délivrance du débit réservé) et luttent contre le braconnage pour favoriser la préservation des espèces amphihalines.

Contacts : benedicte.valadou@onema.fr et laurent.beaulaton@onema.fr

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