Lettre #19 Données sur l’eau : l’Onema organise son premier hackathon

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Lettre #19 Données sur l’eau : l’Onema organise son premier hackathon

A l’instar des pratiques qui se développent aujourd’hui dans le monde des nouvelles techniques de l’information et de la communication, entre création et innovation, l’Onema a organisé le 16 juin dernier le premier hackathon relatif aux données sur l’eau. Objectifs : imaginer, développer de nouvelles modalités techniques d’accès aux données sur l’eau et concevoir des utilisations originales de l’ensemble de ces données. Cet atelier organisé avec Etalab, service du premier Ministre chargé de l’ouverture des données publiques et du développement de la plateforme française opendata, a levé des problèmes concrets et ouvert des pistes de réflexion.

Hackathon, kesako ? Ce mot est une fusion entre hack et marathon. Il correspond à un événement où des personnes, principalement des développeurs informatiques, se réunissent pour faire de la programmation informatique collaborative sur plusieurs jours. Leur objectif : résoudre un projet commun le plus vite possible.

  •  Plus sur l’événement

    Le premier événement du genre organisé par l’Onema avait pour objectif de pouvoir juger en pratique l’accessibilité et le partage des données ouvertes sur l’eau pour les professionnels du secteur. Cet hackathon s’inscrit dans le plan d’action pour l’accès aux données sur l’eau adopté par le Comité national de l’eau en décembre 2013, en réponse au rapport remis lors de la conférence environnementale pointant le manque de lisibilité et d’accès au public de ces données.

    Recrutés par mail ou par tweet, les 35 participants volontaires ont planché près de 9 heures sur le sujet. Parmi eux, des journalistes, des ingénieurs de bureaux d’études, des web-entrepreneurs, des chercheurs, des gestionnaires de réseaux mais aussi des représentants de l’Onema, du ministère de l’écologie et de la santé, de l’Office international de l’eau, du BRGM. La journée s’est organisée autour de trois chantiers : le croisement des données sur l’eau, y compris les informations ne provenant pas du système d’information sur l’eau (SIE) ; les modalités de diffusion de ces données pour en faciliter leur réutilisation ; et leur représentation graphique, encore nommée data visualisation.

    Si le temps a manqué, cette première expérience permet déjà de tirer plusieurs conclusions. La plupart des données gérées par le SIE sont accessibles librement sur Internet, sous licence ouverte. Seules les données sur les débits des cours d’eau, accessibles sous réserve d’un login et d’un mot de passe, et les données de vente sur les pesticides (accès limité pour cause de secret fiscal), font exception. Leur récupération sous forme réutilisable reste cependant longue et difficile. En effet, les interfaces d’accès aux données sur les sites professionnels proposent de nombreux critères de sélection, certainement adaptés à des professionnels du domaine, mais rendant la récupération des données très laborieuse, voire souvent infaisable par un acteur extérieur au domaine. Enfin, les formats de données proposées par le SIE sont le plus souvent orientés vers les relations entre les machines plutôt que vers les réutilisateurs professionnels. Quant aux autres sources de données, elles sont en général moins librement accessibles, excepté celles provenant du site européen Eionet sur la baignade et l’eau potable. Autre point noir pour les données en dehors du SIE, certaines ne sont pas réutilisables car elles ne possèdent pas de données pivots permettant leur mise en relation avec d’autres données (code Insee des communes, coordonnées).

    À l’Onema, un travail sur la définition de formats des données adaptés aux réutilisateurs, en plus de ceux existants, est déjà engagé. Le SIE compte déjà sur le prochain hackathon en 2015 pour continuer dans ce sens et aussi pouvoir explorer d’autres problématiques pour toujours améliorer l’accessibilité aux données du SIE.

    Contact : laurent.coudercy@onema.fr

    Article issu de La Lettre #19 - été 2014