Inondations dans le var

Bienvenue sur le portail technique "eau et milieux aquatiques" de l'Agence française pour la biodiversité.
Mercredi 03 août 2016

Inondations dans le var

Dialogue et formation autour de l’entretien des cours d’eau

L’entretien des cours d’eau, nécessaire mais méconnu

Ces épisodes d’inondations, répétitifs depuis 2010, ont mis à jour un enjeu essentiel dans la gestion des ressources en eau, celui de l’entretien des cours d’eau. Bien souvent, en effet, l’entretien des cours d’eau n’est pas réalisé par les propriétaires riverains, agriculteurs viticulteurs. Les raisons ? Une réelle méconnaissance de la réglementation « loi sur l’eau », une réglementation jugée trop lourde et complexe à mettre en œuvre et la peur d’être verbalisé en cas d’infractions. Il a également été constaté que certains usagers mettaient en œuvre des travaux sans tenir compte des obligations du code de l‘environnement et du code de l’urbanisme. Par exemple un réflexe fréquent des propriétaires est, suite à des inondations, de rehausser le lit majeur de la rivière en créant des remblais illégaux pour tenter de se protéger. Et ceci en méconnaissance des impacts et avec l’illusion que cet aménagement est de nature à réduire la zone à risque et les débordements sur les parcelles cultivées alors qu’il en aggrave les conséquences.

Ce constat une fois réalisé, comment faire prendre conscience à ceux qui vivent sur le territoire et qui ont une activité agricole de l’importance d’entretenir les cours d’eau régulièrement ? La Chambre d’agriculture du Var a décidé de mettre en place avec l’ensemble des acteurs des formations sur cette thématique à destination des viticulteurs et en partenariat avec l’Onema, la DDTM (direction départementale des territoires et de la mer) et le Conseil départemental du Var.

En 2015, deux sessions ont eu lieu ; la première à Grimaud, la seconde dans le secteur de la Londe-les-Maures, zone prioritaire au niveau des risques inondations.

 

Une formation qui allie technique et dialogue

Qu’est-ce qu’un cours d’eau ? Quels services rendent-ils ? Quels sont les droits et les devoirs des propriétaires riverains ? Quels types d’aménagements ou de travaux peuvent-ils être faits ? Quelles sont les actions d’entretien régulier des cours d’eau ? Quelles sont les démarches administratives à faire et dans quels cas ? Pourquoi curer n’est-il pas de l’entretien de cours d’eau ?

La formation intitulée « entretien du lit et des berges du cours d’eau » a permis d’aborder l’ensemble de ces questions en salle avec des présentations de chacun des organismes présent puis sur le terrain.

En salle, l’intervention de l’Onema a permis de mieux faire comprendre le fonctionnement d’un cours d’eau et l’impact des actions que chacun mène de son côté, une action en aval du cours d’eau ayant un impact sur l’amont et vice versa. De son côté, la DDTM a fait les points sur les démarches administratives liées aux travaux d’entretien d’un cours d’eau et a présenté la procédure allégée créée pour répondre à des situations telles que celles connues post-crues en 2014. Enfin, le Conseil départemental a présenté le cas concret des techniques de protection des berges dites douces qui constituent une alternative éprouvée et durable aux techniques plus lourdes dites minérales. Sur le cas précis du Var, et face aux inondations récurrentes, ont été abordées des solutions comme le retrait stratégique, c’est-à-dire le déplacement sur des terres non inondables du vignoble, ou encore la reconstruction des berges par génie végétal pour limiter les dégâts matériels. Cette question du recul stratégique dans le Var, et plus particulièrement sur le territoire de la Londe-les-Maures, doit être mise en perspective d’une nouvelle politique foncière. En effet, les terres cultivables sont une denrée rare car convoitées pour l’urbanisme ou classées en espaces boisés. L’absence de structure porteuse pour la gestion des cours d’eau rend plus difficile la mise en œuvre d’une gestion globale de l’entretien associée à une politique foncière volontariste.

Les intervenants ont également précisé les domaines d’intervention de chaque organisme. Les viticulteurs déploraient en effet le manque de lisibilité de « qui fait quoi ».

Enfin, les viticulteurs ont pu aussi comprendre que l’entretien régulier des cours d’eau ne nécessite pas de procédure administrative dès lors qu’il se limite à l’enlèvement des embâcles, la reconstitution des berges, la taille de la ripisylve, l’entretien ponctuel des atterrissements.

Au-delà de l’aspect technique de la formation, celle-ci a eu également pour bénéfice d’instaurer un dialogue constructif entre la profession agricole et les organismes qui font appliquer la réglementation. En identifiant les besoins, les compétences et les interlocuteurs, en permettant une compréhension réciproque des contraintes de chacun, cette formation a joué un rôle dans l’apaisement des tensions qui parfois existent sur le territoire.

En particulier, la formation tenue à la Londe-les-Maures a permis a posteriori de débloquer quelques situations et la reprise d’actions d’entretien régulier de la part des viticulteurs concernés.
 

Et les suites ?

Après deux formations en 2015, la Chambre d’agriculture avec les partenaires souhaitent poursuivre en 2016 et proposeront certainement trois nouvelles journées sur de nouveaux secteurs géographiques. Une réflexion est également en cours pour que la formation se déroule sur une journée et demie, ce qui permettrait d’avoir une plus grande diversité d’intervenants et d’accorder un temps plus conséquent aux cas pratiques et aux visites de terrain. Cela permettrait, en outre, d’avoir un retour d’expérience sur le suivi de chantiers d’entretien déjà mis en œuvre en 2015.

 
Pour en savoir plus

Aspects réglementaires : voir la fiche





Lien avec les inondations : voir la fiche



 
Contact(s) référent(s): 

Odile Cruz -  Adjoint au délégué interrégional à la DIR Méditéranée