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LES IMPACTS DU MANQUE D’EAU SUR LES MILIEUX AQUATIQUES

- 29 juin 2011 -

L’étude des chroniques de débits naturels en France montre que les périodes de basses eaux sont depuis les 40 dernières années, de plus en plus sévères et longs, en particulier dans les cours d’eau du sud de la France. L’impact de ces étiages sur les écosystèmes aquatiques est d’autant plus important que les milieux sont dégradés ; en effet, les étiages ont tendance à exacerber la plupart des autres pressions comme la pollution la température, le colmatage du lit... Les expériences de 2003 et 2006 montrent par ailleurs que les étiages sévères corrélés à des températures élevées entrainent des dommages plus importants sur le fonctionnement des écosystèmes aquatiques.

Suivi de la situation en France

Débit des cours d’eau, niveau des nappes, pluviométrie déficitaires, sécheresse des sols,...les données présentées lors du comité de suivi hydrologique du 16 mai dernier, attestent d’une situation de sécheresse exceptionnelle sur une grande partie du territoire.
62 départements sont concernés par au moins un arrêté préfectoral limitant l’usage de l’eau au 4 juillet 2011 à 17 heures ; 11 départements sont en vigilance.

Sur le site du ministère en charge du développement durable, suivez en temps réel l’évolution de la situation et accédez à la liste des arrêtés sècheresse .

  •  Le communiqué de presse du ministère
  •  L’ensemble du dossier de presse avec des informations détaillées sur la gestion de la sècheresse en France, les seuils d’alerte et les mesures de limitation, le rôle des différents acteurs...
  •  
      De nouveaux outils pour améliorer la gestion des périodes de sécheresse

     

    Suivi de la situation des bassins

    Le bulletin national de situation hydrologique

    Ce bulletin mensuel (BSH) présente la situation des ressources en eau en France métropolitaine à l’aide d’un ensemble de cartes commentées et de données sur la pluviométrie, l’état des sols, le manteau neigeux, l’état des nappes souterraines, le débit des cours d’eau, l’écoulement dans les cours d’eau, l’état de remplissage des barrages réservoirs etc.

    Le BSH du 16 mai 2011  ; (PDF)

    Le BSH est disponible sur le portail www.eaufrance.fr
      Tous les bulletins de situation hydrologiques

    Sur le site Météofrance :

    Ce site propose une analyse des conditions météorologiques observées et des paramètres mesurés.

    Bilans climatiques et suivis antérieurs

      Accédez au site Météofrance

    Sur le site du BRGM :

    Le BRGM publie régulièrement sa note d’information sur le niveau des nappes d’eau souterraine en France

    Le point de situation des nappes d’eau souterraines
      Situation des nappe des mois antérieurs]

    Accédez au portail national d’accès aux données sur les eaux souterraines ADES

     

    En lien avec la sècheresse

    Etudes et rapports de nos partenaires...

    BRGM : Vers une connaissance patrimoniale de la ressource : Etude du fonctionnement des nappes - Evaluation et gestion des ressources Appui aux Services chargés de la Police des eaux

    INRA
    Sécheresse et agriculture : rapport d’expertise
    Irrigation et sècheresse : les publications

    Cemagref
    Baisse de la ressource en eau, l’été : le changement climatique peut-il être en cause ? Le Cemagref propose dans sa revue Sciences-eaux & territoires des articles sur la sècheresse / les étiages

    Pour aller plus loin : Impact de la sècheresse sur le fonctionnement des centrales nucléaires sur le site de l’IRSN

     

    De l’eau de la nature à l’eau domestique...

    Le mois d’avril 2011 est le second mois le plus chaud et parmi les plus secs du XXème siècle. La France reçoit par an environ 400 milliards de m3 d’eau de pluie. Les 2/3 de cette eau s’évaporent et viennent alimenter le grand cycle de l’eau. Le tiers restant soit environ 175 milliards de m3 permet de recharger les nappes d’eau souterraines et d’alimenter les eaux de surface (rivières, lacs, etc.). Les prélèvements en eau douce représentent environ 32 milliards de mètres cube d’eau et permettent de satisfaire les différents usages : industrie, agriculture, eau potable, etc.

    Des gestes simples pour économiser l’eau
    Chacun de nous, en modifiant ses habitudes peut réduire sa consommation d’eau de 30 %.

      Pour en savoir plus

    En savoir plus sur
  •  Le grand cycle de l’eau
  •  Le petit cycle de l’eau
  •  De l’eau potable à l’assainissement
  • Les effets de la température sur les milieux aquatiques

    L’élévation de la température dans les cours d’eau impacte de différentes façons les écosystèmes aquatiques :

      elle entraine une modification de la physiologie de certains organismes comme les poissons en entraînant une limitation de leurs activités (notamment les fonctions d’alimentation, de respiration et de déplacement),

      elle fragilise certains organismes (stress thermique) qui pouvent mourir selon les températures atteintes et leur capacité de résistance. Ce stress thermique peut rendre l’organisme plus sensible à d’autres facteurs (pollution et pathogène notamment). Les événements de 2003 avaient entrainé la mort d’un nombre notable d’anguilles alors que cette espèce présente l’une des tolérances à la température la plus élevée de la faune piscicole française (température létale : 39 °C),

      elle induit une modification de certains équilibres biologiques
    (phénomènes d’eutrophisation, développement de cyanobactéries, augmentation de la virulence de certains agents pathogènes),

      elle entraîne des déséquilibres physico-chimiques : par exemple une diminution des concentrations d’oxygène dissous (jusqu’à l’anoxie parfois), paramètre clef de nombreux processus biologiques et de la survie des organismes vivants.

    Les impacts du déficit hydrique

    Le manque d’eau peut conduire à la fragmentation des milieux aquatiques en rendant certains obstacles (naturels ou non) infranchissables ou en supprimant des connexions à des périodes critiques.
    Les conséquences de cette fragmentation sont de :

      Limiter les déplacements des poissons et ainsi bloquer leur cycle de vie.
    Les poissons migrateurs et le brochet doivent être en capacité d’atteindre leurs sites de ponte spécifiques pour se reproduire. La qualité de reproduction du brochet dépend par exemple étroitement de la mise en connexion du chenal principal avec ses annexes hydrauliques pendant les mois de mars et avril. De la même manière, une baisse des niveaux d’eau excessive au printemps et en été peut rendre de nombreux obstacles infranchissables pour les saumons et ainsi empêcher leur reproduction, particulièrement sur de grands axes comme celui de Loire-Allier, où une partie des saumons risque de ne pas pouvoir atteindre les zones fraîches de l’amont pour survivre pendant l’été.

      Concentrer les organismes dans certaines portions limitées de cours d’eau, à l’aval d’un seuil infranchissable par exemple, augmentant ainsi leur vulnérabilité (prédation, déficit d’oxygène).

    Les actions de l’Onema.

    Renforcer la surveillance des milieux aquatiques (ROCA)

    Suite à la canicule de 2003, en 2004, un réseau d’observation de crise des assecs (ROCA) a été mis en place par l’Onema à destination des préfets. L’objectif est d’apporter des informations complémentaires aux données existantes (débits et piézometrie) en temps réel sur la disponibilité de la ressource en eau. Il est activé à la demande des Préfets de département en période de crise. A partir des observations visuelles réalisées par les agents de l’Onema (écoulement acceptable, faible, non visible et assec), le ROCA permet de calculer un indice départemental qui rend compte de la situation :

     

    Situation de vigilance.

    Cette modalité indique que le ROCA a été déclenché et qu’une très faible proportion de stations présente une rupture d’écoulement ou un assèchement total. La gestion de la ressource en eau ne présente pas de difficulté importante ; l’action combinée des conditions hydro-climatiques et des prélèvements n’impacte pas fortement les écoulements des cours d’eau, même si leur débit peut être diminué.

    Situation délicate.

    Cette modalité correspond aux situations intermédiaires.

    Situation préoccupante.

    Cette modalité indique qu’une proportion importante de stations présente une rupture d’écoulement ou un assèchement total. La gestion de la ressource en eau présente des difficultés majeures.

    Des informations complémentaires en sus de l’écoulement peuvent être apportées par le ROCA : mortalités de poissons ou non, température, pH et oxygène, développement excessif d’algues et de végétation, l’évolution de la transparence de l’eau, etc..

    Les contrôles des arrêtés sécheresse – la police de l’eau

    La police de l’eau est assurée par les services de police de l’eau des directions départementales des territoires avec les agents de l’Onema et se coordonne au sein des mise (Mission interservices de l’eau qui regroupe la DDT, la DREAL, la préfecture, l’Onema, l’agence de l’eau, l’Oncfs…). Elle s’exerce sous l’autorité du Préfet .

    En période de sècheresse, dans chaque département, la police de l’eau est habilitée à contrôler le respect des arrêtés de limitation des usages de l’eau. Elle effectue sous la responsabilité du Préfet des contrôles sur le terrain pour expliquer aux différents usagers de l’eau l’application de l’arrêté sécheresse, vérifier le respect de la réglementation, constater les infractions et évaluer les dommages subis.

    Améliorer les connaissances et les savoirs

    La gestion quantitative de la ressource en eau

    L ’accroissement des besoins humains en eau liés à des usages de plus en plus intensifs (production d’eau potable, irrigation, usages industriels, hydroélectricité) entraîne la multiplication des prélèvements dans le milieu aquatique. Cette situation, associée à une succession d’épisodes de sécheresse ces dernières années, impacte les débits des rivières et peut conduire à des étiages sévères de cours d’eau et à des épuisements des eaux souterraines qui menacent le bon fonctionnement des milieux aquatiques et la pérennité de la ressource en eau... (+)


      Extrait de temps forts :

  •  Mieux connaître les régimes hydrologiques et surveiller les étiages
  •  Le contrôle des débits réservés
  • Mieux connaître les quantités prélevées

    Afin d’avoir une connaissance précise des prélèvements au niveau national (notamment pour les usages agricoles et de production d’eau potable), la création d’une « banque nationale des prélèvements d’eau » a été lancée fin 2009 par le ministère du Développement durable en partenariat avec l’Onema et le BRGM. Les premiers outils seront prêts d’ici fin 2012, et la banque finalisée en 2015.

    La température des cours d’eau sous haute surveillance

    La température d’un cours d’eau joue un rôle fondamental dans la dynamique des écosystèmes aquatiques : elle influe sur la distribution spatiale des organismes vivants, leur croissance, leur reproduction, leur comportement ou encore leur état sanitaire...

      Voir la fiche : la température des cours d’eau sous haute surveillance

    Changement climatique - Impact sur les milieux aquatiques et conséquences pour la gestion

    Quelques enseignements d’un séminaire organisé par l’Onema et le programme Gestion et Impacts du Changement Climatique (GICC) du ministère en charge de l’écologie...

  •  Retour sur le séminaire
  •  La synthèse du séminaire
  •  Les rencontre de l’Onema sur le changement climatique

    Baisse de la ressource en eau, l’été : le changement climatique peut-il être en cause ?
    Cette thématique est un axe prioritaire de la collaboration Onema-Cemagref.

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