Des méthodes de référence pour évaluer la continuité écologique

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Mardi 04 octobre 2016

Des méthodes de référence pour évaluer la continuité écologique

Après 4 ans de recherche, l’Onema publie une version finalisée de la méthode ICE (informations sur la continuité écologique) pour évaluer le franchissement des obstacles par les poissons en rivière. En identifiant les ouvrages les plus problématiques, cette méthode nationale permet de suivre et d’évaluer les risques de discontinuité au sein des cours d’eau et de prioriser, le cas échéant, les actions au rétablissement de la continuité biologique. Une méthode complémentaire, traitant de la continuité sédimentaire, est en cours de construction.













Fin 2014, plus de 80 000 obstacles étaient inventoriés en France métropolitaine et dans les départements d’outre-mer. Plus ou moins franchissables, les barrages, les seuils en rivière ou encore les buses participent à l’altération de la qualité des cours d’eau. Face aux exigences réglementaires et à l’ensemble des enjeux environnementaux autour de la restauration de la continuité écologique des rivières, l’Onema a développé une méthode permettant de diagnostiquer et quantifier les éventuels impacts des ouvrages hydrauliques sur la libre circulation des poissons.

La méthode ICE offre une expertise objective


Lancé en métropole en 2010 et finalisé en 2014, le projet ICE (informations sur la continuité écologique) est une méthodologie nationale à destination des acteurs de l’environnement et de l’aménagement du territoire, des scientifiques, des enseignants et des bureaux d’études. Cette méthode repose sur des protocoles d’acquisition des données et d’évaluation permettant de noter entre 0 et 1 la montée des poissons ; 0 correspondant au statut de barrière totalement infranchissable. Elle permet de confronter le type, la géométrie de l’obstacle et l’écoulement de l’eau sur ce dernier aux capacités biologiques de franchissement des poissons. Cette comparaison s’appuie sur les capacités de sauts, de nage ou encore de reptation pour les poissons comme les anguilles. Pour la descente des poissons, la complexité des mécanismes biologiques et la nécessité de disposer d’une bonne connaissance de la rivière ne permettent pas de procéder à une notation comme pour la montaison. La méthode ICE permet toutefois de recueillir des données suffisantes et homogènes pour réaliser une expertise objective. Le protocole doit être appliqué en période d’étiage pour des problèmes de sécurité des agents et de facilité dans la prise des mesures. Toutefois, la migration des poissons se déroulant pour l’essentiel à des niveaux d’eau plus importants, des relevés complémentaires peuvent être réalisés à la période de migration des espèces de poisson ciblées. En outre-mer, face aux spécificités des obstacles et des espèces, le projet est en cours d’adaptation. Découlant du projet ICE, un travail mené actuellement vise à produire une méthode complémentaire d’évaluation du transport sédimentaire.


D’ici à 2016, pour la métropole, les données collectées pourront être saisies par tout opérateur dans une banque regroupant les données du référentiel des obstacles à l’écoulement (ROE) et du recueil ICE, ceci afin de bénéficier d’une connaissance élargie sur les obstacles. En outre, l’Onema organise chaque année des cycles de formation à la mise en oeuvre de la méthode ICE et du ROE. Déjà plus de 30 opérateurs ont pu en bénéficier en 2015. De nouvelles sessions sont prévues pour 2016.
 
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Contact : karl.kreutzenberger@onema.fr