BIOINDICATION : UN DIAGNOSTIC PAR ET POUR LES ESPÈCES

Bienvenue sur le portail technique "eau et milieux aquatiques" de l'Agence française pour la biodiversité.

BIOINDICATION : UN DIAGNOSTIC PAR ET POUR LES ESPÈCES

Appréhender l’état écologique des milieux aquatiques est essentiel pour cibler les actions destinées à améliorer la qualité de l’eau. Or certaines espèces dites « bioindicatrices » s’avèrent d’excellents révélateurs de l’état de santé de leur environnement. L’Onema apporte un appui technique, scientifique et financier pour développer des outils de bioindication toujours plus efficaces et complets.

Apposer un diagnostic écologique à partir des informations que donnent les espèces bioindicatrices sur les altérations physiques et chimiques pourrait sembler simple, par exemple pour identifier la présence de métaux lourds ou de nitrates, ou encore suivre l’impact d’un seuil sur la reproduction des poissons… Il n’en est rien car les milieux aquatiques ne peuvent être suivis à l’identique, qu’il s’agisse de cours d’eau, de plans d’eau, d’estuaires ou d’eaux côtières. Mais surtout, tous les organismes vivants ne sont pas sensibles aux mêmes altérations de la qualité des milieux aquatiques. Aussi, 4 grands types d’organismes sont régulièrement échantillonnés pour évaluer la qualité écologique des cours d’eau : les invertébrés, les diatomées (algues microscopiques), les macrophytes (plantes aquatiques) et les poissons. C’est dans ce cadre que l’Onema pilote les projets et assure leur financement.

Des outils plus performants et robustes

Les développements en cours visent à améliorer les outils existants et à les compléter, avec l’objectif de gagner en fiabilité tout en apportant une réponse aux obligations réglementaires de la Directive-cadre sur l’eau (DCE). L’enjeu est de parvenir à caractériser les masses d’eau en identifiant l’origine des pressions le plus précisément possible. Avant d’être adoptés d’un point de vue réglementaire, les outils de bioindication doivent donc être testés, calés et validés scientifiquement ; l’Onema s’attachant à instaurer un dialogue constructif entre scientifiques et gestionnaires. Cette phase est d’autant plus importante que ces nouveaux outils, plus précis et sensibles à certaines pressions, peuvent modifier l’évaluation de la qualité d’une masse d’eau et donc influer sur les actions à entreprendre en priorité.

Où en est-on ?

Concernant les cours d’eau, les améliorations portées aux outils invertébrés (I2M2 à la place de l’IBGN) et poissons (IPR+ à la place d’IPR) sont déterminantes : elles assurent une plus grande sensibilité aux pollutions chimiques et aux altérations hydromorphologiques. En outre, pour les végétaux, un nouvel indicateur basé sur les plantes aquatiques a été développé, l’IBMR, en complément de l’indice diatomées (IBD). Il permet de mieux tracer les pollutions chimiques, notamment les nutriments. Concernant les plans d’eau et les eaux littorales, les développements sont à mi-parcours et la moitié des outils de bioindication requis par la DCE sont désormais opérationnels (exemple : indices poisson, macrophyte et phytoplancton pour les plans d’eau). L’année 2014 aura été marquée par une avancée majeure pour les départements d’outre-mer qui ne disposaient pas jusqu’alors d’outils adaptés à leurs spécificités : pas moins de 8 nouveaux indices de bioindication ont été développés pour les cours d’eau de Guyane, de la Réunion et des Antilles. Plusieurs défis restent à traiter dans les années à venir. Le premier consiste à développer des outils de diagnostic « multi-compartiments », c’est-à-dire des outils intégrateurs qui, en impliquant plusieurs organismes biologiques à la fois, aboutissent à une évaluation plus fine de l’état écologique des milieux. Un autre enjeu est de gagner en cohérence avec les outils des autres pays au travers de travaux d’intercalibration européenne.

Contact : yorick.reyjol@onema.fr

Décembre 2015
Les temps forts 2014