Banque nationale des prélèvements en eau : mieux cerner les pressions sur la ressource en eau

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Jeudi 28 juillet 2016

Banque nationale des prélèvements en eau : mieux cerner les pressions sur la ressource en eau

28 milliards de m3, c’est le volume d’eau prélevé chaque année en lien avec les activités humaines. Mais que recouvre ce chiffre ? Dans un contexte de changement climatique générateur de tensions sur la ressource en eau, la question prend un relief particulier. Depuis la mise en ligne du site de la Banque nationale des prélèvements en eau en janvier 2015, les acteurs de l’eau, mais également les simples usagers, peuvent cerner la réalité des volumes prélevés. Ces informations sont déterminantes dans une logique d’adaptation des pratiques face à l’évolution du climat.


 

Comment évaluer la réalité des prélèvements d’eau au niveau des territoires ? Quels usages conditionnent les besoins en eau ? Quelles tendances se dessinent ?... Autant de questions qui se posent avec acuité dans un contexte d’évolution des besoins et de vulnérabilité des ressources en eau face aux conséquences du changement climatique. Depuis début 2015, caractériser la nature des prélèvements qui s’exercent sur les eaux de surfaces continentales, les eaux souterraines et les eaux littorales est possible. Pour cela, quelques clics suffisent à partir du site bnpe.eaufrance.fr. La banque nationale des prélèvements en eau (BNPE) permet d’obtenir, par une simple requête en ligne, le volume prélevé en un point donné, à une période donnée et par catégorie d’usage de l’eau : irrigation, agricultureélevage, industrie, alimentation en eau potable, usages domestiques, énergie, loisirs, canaux... En complément de ces données élémentaires sur les prélèvements, l’outil propose des fiches de synthèse et des cartes.

      Une mesure concrète du plan national d’adaptation au changement climatique

Une telle avancée en matière de connaissance ne pouvait se faire sans disposer d’un système d’information fiable et cohérent sur les prélèvements en eau à l’échelle du territoire français (métropole et DOM). L’Onema s’est donc vu confier la maîtrise d’ouvrage du projet BNPE dans le cadre du système d’information sur l’eau dès 2010. Le projet BNPE a été intégré dans le Plan national d’adaptation au changement climatique 2011-2015 qui prévoit de « se doter d’outils efficaces de suivi des phénomènes de déséquilibre structurel, de rareté de la ressource et de sécheresse dans un contexte de changement climatique ». Depuis lors, une vraie dynamique est enclenchée : 85 000 ouvrages de prélèvement sont déjà référencés ; la collecte est réalisée à partir des données de redevances fournies par les agences et offices de l’eau. Elle doit encore s’enrichir des apports des données des dossiers d’autorisation et de déclaration de prélèvement d’eau fournies par les directions départementales des territoires (DDT).

       Anticiper les conséquences et objectiver la recherche de solutions

Comment passer du constat à l’action ? Face aux conséquences du réchauffement climatique, l’enjeu est de taille : il s’agit d’être en capacité d’affiner les prédictions au niveau local afin d’élaborer des solutions concertées pour continuer à répondre aux usages de l’eau. L’accès aux données de la BNPE permet de fonder des diagnostics par territoire sur des données objectives partagées par les parties prenantes : services de l’État, collectivités territoriales, acteurs économiques, associations… « En rendant facilement accessibles les informations sur les prélèvements en eau, la BNPE constitue un réel atout pour instaurer le dialogue entre les usagers, notamment dans le cadre des Schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux et des nouveaux projets de territoire. Ces données vont également pouvoir enrichir les simulations scientifiques et ainsi aider aux réflexions sur les scénarios d’adaptation au changement climatique », souligne Julie Chataigner, chef de projet BNPE à l’Onema. Une chose est certaine : l’élaboration de réponses pertinentes face au changement climatique demande une vision d’ensemble, associant les données des prélèvements quantitatifs en eau aux outils de suivi du niveau des nappes souterraines, aux données météorologiques, aux données sur les évolutions des activités.

Contacts : julie.chataigner@onema.fr

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