VERBATIM
Pierre Steinbach, ingénieur à la délégation interrégionale Centre - Poitou Charentes.
Pierre Steinbach coordonne l’inventaire et le diagnostic des obstacles à la continuité écologique sur l’ensemble du bassin Loire Bretagne
L’Onema participe actuellement à l’inventaire des obstacles sur les cours d’eau et le diagnostic de la continuité écologique dans l’ensemble des bassins français. Pourquoi un tel inventaire ?
Cet inventaire des obstacles nous permettra tout d’abord de repérer les principaux points de rupture de la continuité écologique qui entravent la libre circulation des poissons et des sédiments. Dresser un inventaire permet ensuite d’évaluer la pression globale qui s’exerce sur les cours d’eau français. En effet, les obstacles à l’écoulements déforment et fragmentent les cours d’eau. Ils exacerbent aussi les processus d’eutrophisation*, d’évaporation ou encore de réchauffement de l’eau. Au plan opérationnel, la connaissance des obstacles est un levier important pour restaurer la qualité écologique des cours d’eau, par le repérage des sites à traiter en priorité. Enfin, l’inventaire répond à la demande de plusieurs directives ou règlements européens.
Loire-Bretagne est le premier et le plus grand bassin de France à bénéficier de cet inventaire. Quelles en sont les spécificités et les difficultés ?
Le bassin Loire Bretagne couvre 28 % du territoire métropolitain et 135 000 kilomètres de cours d’eau. La difficulté de réaliser un inventaire réside dans l’étendue de ce périmètre, dans lequel l’évaluation doit être cohérente et homogène. Les 180 personnels techniques doivent travailler sur le terrain avec la même méthode d’évaluation, appliquée à des milieux aussi différent que les zones humides littorales en Vendée, ou que les petits cours d’eau de montagne en Lozère.. En ce qui concerne l’impact des obstacles, nous avons privilégié, pour les besoins du règlement européen, leurs effets sur la migration des anguilles, la restauration des populations de ce poisson migrateur représentant en effet un enjeu écologique majeur dans ce bassin.
Concrètement, comment avez-vous procédé ?
La méthode a été mise au point à la délégation interrégionale d’Orléans pour l’évaluation des obstacles à la montaison.. Les référents des délégations interrégionales du bassin Loire-Bretagne ont été formés lors d’un séminaire organisé à Poitiers, en collaboration avec le pôle écohydraulique de Toulouse. A partir de là, l’appropriation de la méthode et l’encadrement des travaux de terrain doivent être relayés au sein de chaque délégation.. Une grille d’évaluation renseigne pour chaque obstacle à la fois sur la localisation et l’état de l’ouvrage, l’usage économique actuel, et sur des caractéristiques physiques de l’obstacle : hauteur de chute à faible débit, inclinaison et rupture de pente, équipements de l’ouvrage. Quel débit transite par les turbines en service et quelles sont leurs caractéristiques ? Existe-t-il un dispositif de franchissement ou de contournement de l’obstacle pour les poissons ? Nous retournons sur le terrain pour des précisions si nécessaire. La question centrale pour nous est de savoir si les anguilles sont en mesure de coloniser le bassin et de redescendre vers la mer pour renouveler le stock.
Quels sont les premiers résultats de cet inventaire ?
L’inventaire entamé sur le bassin Loire Bretagne met en évidence l’importance du nombre d’ouvrages existant sur nos cours d’eau : en moyenne, un obstacle tous les 3,4 kms de cours d’eau sur le réseau principal de ce bassin. L’inventaire n’est pas encore terminé. Plus de 10000 ouvrages ont été recensés, il en existe probablement 20 000. Beaucoup d’obstacles se situent sur des cours d’eau du domaine privé, ce qui complique le travail d’inventaire. Ce travail montre qu’une très grande majorité des ouvrages ne présente plus d’usage économique avéré et que leur emprise sur la pente et le fonctionnement naturels des cours d’eau est très forte.
Contact : pierre.steinbach@onema.fr
... des services publics d’eau et d’assainissement. Le 18 novembre dernier, lors du congrès des maires de France, l’observatoire national des services publics d’eau et d’assainissement a été officiellement lancé par Chantal Jouanno, secrétaire d’État chargée de l’écologie.
Le suivi de la contamination des sédiments et des poissons par les polychlorobiphényles (PCB), développé dans le cadre du plan national d’actions sur les PCB, se poursuit.
Le Schéma National des Données sur l’Eau est un outil pour la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques de l’eau.