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CONTAMINANTS D’INTÉRÊT ÉMERGENT

Les contaminants dits « émergents » sont ceux pour lesquels l’évaluation des risques qui leur sont potentiellement associés n’a pas encore été suffisamment murie pour justifier de leur intégration dans des dispositions réglementaires ; en particulier, leur présence n’est pas surveillée de façon pérenne dans les milieux.

Retrouvez sur cette page :

  •  Priorisation des substances au niveau national
  •  Faisabilité de la surveillance des polluants émergents
  •  Résultats issus des études prospectives de terrain
  •  Cas particulier des perchlorates

    Priorisation des substances au niveau national

    Un premier référentiel national de priorisation des substances, visant à identifier les nouvelles substances pour lesquelles développer des actions contribuant à la protection de l’environnement, a été défini dès 2011 (1). Il a servi depuis à identifier de nouvelles substances à prendre en compte dans l’évaluation de l’état écologique des eaux de surface (2), ainsi que les substances pour lesquelles une amélioration des connaissances est nécessaire (3), notamment au travers d’une surveillance adaptée au niveau national lors du second cycle DCE 2016-2021.
    Ce référentiel a été élaboré par le comité d’experts en charge de la priorisation des substances, mis en place en 2010. Une forte interaction existe par ailleurs entre ces développements nationaux et les activités du réseau européen Norman sur les substances émergentes. L’Onema cofinance l’animation de ce réseau par l’Ineris qui a acquis une reconnaissance importante au niveau des instances communautaires.

  • Faisabilité de la surveillance des polluants émergents

    La chimie analytique a fait des progrès spectaculaires ces deux dernières décennies, mais l’analyse de molécules émergentes, c’est-à-dire souvent peu étudiées, constitue à chaque fois un défi à relever pour les laboratoires.
    Au-delà de l’identification des molécules à enjeux, il est donc essentiel d’explorer et de consolider les protocoles permettant leur mesure. C’est ainsi que les partenaires de l’Onema, et notamment Aquaref, ont été encouragés dans leurs récentes initiatives visant à établir les performances atteignables des méthodes analytiques, pour un certain nombre de familles de micropolluants.

    L’exercice national 2012 d’étude prospective concernant les contaminants émergents présents dans les milieux aquatiques (cf. section suivante) avait fourni une première occasion pour Aquaref de documenter l’état de l’art des techniques analytiques existantes pour de nombreux polluants émergents(4).

    Plus récemment, et en phase avec les priorités du récent Plan national Santé Environnement (PNSE3), un état des lieux approfondi a été initié en 2015 concernant les métabolites de pesticides (5.

    Plusieurs études semblables avaient précédemment produit des résultats de référence concernant cette fois des résidus aqueux de médicaments, qu’il s’agisse des conditions de stabilité de ces molécules après leur prélèvement des échantillons dans le milieu (6), (7) ou de la réalisation d’essais inter-laboratoires consacrée à ces résidus (8).

    Toujours dans cette même dynamique, le projet « Remèdes » (9)piloté par l’Inra et soutenu par l’Onema, a récemment abouti à la production d’un guide pour le diagnostic de résidus médicamenteux d’origine vétérinaire (10).

    De nouvelles techniques murissent par ailleurs, tel le criblage chimique environnemental, susceptible d’enregistrer à partir d’un unique échantillon une gamme d’information très étendue sur les contaminants qui y sont présents. Ces outils sont en phase de validation par les scientifiques. Aquaref a récemment produit un état des lieux sur le sujet (11).

    Enfin les techniques envisageables pour rechercher les nanoparticules dans l’environnement aquatiques ont aussi fait l’objet d’une démarche d’état de l’art de la part d’Aquaref (12).
    Ce travail a été l’occasion de mettre en évidence l’absence, à ce jour, de méthodes analytiques permettant de discriminer l’origine des nanoparticules dans les eaux naturelles.

    Résultats issus des études prospectives de terrain

    Des résultats d’études de terrain visant à rechercher certains polluants émergents dans les eaux continentales et littorales viennent enrichir les listes de substances pertinentes à surveiller déterminées a priori.

    Le Plan national de lutte contre Micropolluants Micropolluants 2010-2013 avait fortement impulsé la mise en œuvre de campagnes exploratoires visant à établir la présence ou non de molécules jusque-là peu ou pas recherchées dans les milieux aquatiques. Une première campagne exceptionnelle nationale s’est déroulée en 2011 et a ciblé les eaux souterraines de métropole (13). Une seconde campagne s’est déroulée entre 2012 et 2013, consacrée cette fois aux eaux superficielles continentales de métropole et des Doms (14), aux eaux littorales (15), ainsi qu’aux eaux souterraines des DOMs (16).
    De manière générale, ces deux campagnes de recherche, sans équivalent en Europe par la variété de molécules (plusieurs centaines de molécules recherchées) et le nombre de masses d’eau échantillonnées (plus de 500), constituent une base d’informations précieuses pour comprendre les origines et les sources des substances émergentes dans les milieux aquatiques. . L’Onema et ses partenaires ont récemment mis à disposition des éléments synthétiques sur les résultats de l’ensemble de ces campagnes (17).
      en savoir plus

    En tâche de fond et en parallèle de ces campagnes l’Onema a encouragé la veille active par Ifremer de la présence et de l’évolution interannuelle dans les mollusques du littoral de certains polluants organiques particulièrement persistants (retardateurs de flamme bromé, perfluorés, muscs synthétiques des produits cosmétqiues...) (18), (19) (20). Ces données sont précieuses car, de par leur localisation en proximité des estuaires, elles intègrent les effets cumulés des activités humaines de larges bassins versant situés en amont.

    Cas particulier des perchlorates

    Le constat récent de la pollution de certaines ressources en eau par les ions perchlorates , largement issus de zones contaminées par les vestiges de munitions utilisées lors de la première guerre mondiale, a retenu l’attention des pouvoirs publics. Dans ce contexte, l’Onema a soutenu le projet du BRGM de cartographier les secteurs a priori vulnérables à ce type de contamination(21),ainsi que la mise en œuvre par l’Ineris d’une fiche technico-économique précisant les usages de ces composés .

     
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