Accueil >> Lettre #19 L’Ocsan à Saint Malo, une réunion essentielle pour la sauvegarde du saumon



L’OCSAN À SAINT MALO, UNE RÉUNION ESSENTIELLE POUR LA SAUVEGARDE DU SAUMON

Début juin, l’Organisation pour la conservation du saumon de l’Atlantique Nord (Ocsan) s’est réunie à Saint-Malo pour sa 31ème assemblée générale afin de faire le point sur la situation préoccupante du saumon atlantique. Une réunion organisée par l’Onema, mandataire du Ministère de l’écologie.

Malgré d’importantes réductions des captures de pêche, la population de saumons en Atlantique Nord est passée de 10 millions dans les années 70 à seulement 3,6 millions aujourd’hui. En France, cette espèce migratrice est toujours présente sur une cinquantaine de cours d’eau, mais le nombre d’individus reste bas, voire insuffisant pour maintenir les stocks comme sur le bassin de la Loire. Afin d’échanger sur les recherches et les actions pour préserver le saumon, scientifiques et gestionnaires de l’Ocsan étaient présents pour leur 31ème assemblée générale à Saint-Malo du 3 au 6 juin 2014. Une des premières mesures adoptées a été le lancement d’un projet international de suivi des chemins migratoires de ces poissons pour comprendre notamment les facteurs influençant la mortalité des saumons en mer.

Améliorer et préserver la continuité écologique

Cette 31ème assemblée générale a en outre été l’occasion de présenter les progrès accomplis dans la mise en œuvre des actions liées à la gestion des pêches, à la restauration de l’habitat et à l’aquaculture. Chaque territoire de la convention Ocsan développe actuellement un plan quinquennal (2013-2018), déclinant un certain nombre de mesures à prendre pour respecter les recommandations de l’organisation. L’Onema, qui pilote le plan français, a ainsi « montré les efforts réalisés par l’Hexagone pour améliorer la continuité écologique, en s’appuyant notamment sur la directive cadre sur l’eau, mais également sur le processus de renouvellement des concessions hydrauliques et le plan de Gestion Anguille », précise Bénédicte Valadou, chargée de mission « plan de gestion des poissons migrateurs » à l’Onema.

Pour illustrer ces efforts, un film coproduit par l’Onema, EDF et l’Agence de l’eau Seine-Normandie a été diffusé à l’assemblée, mettant en avant deux projets exemplaires de restauration de la continuité écologique : l’aménagement du barrage de Poutès sur l’Allier et l’arasement des barrages de Vézins et de la Roche-qui-boit sur la Sélune (Manche). Les experts de l’Ocsan ont également pu se rendre dans la Baie du Mont Saint-Michel ainsi que la vallée de la Sélune où ces travaux de démantèlement renatureront une vingtaine de kilomètres de rivière.

Mieux définir la limite de conservation des saumons

Une séance spéciale portait sur la thématique des pêcheries de stocks individuels et mixtes (provenant des stocks d’au moins deux cours d’eau). Dans ce cadre, l’Ocsan a rappelé son combat contre les pêcheries mixtes qui posent certaines difficultés. En effet, il est difficile de savoir l’origine d’un poisson capturé, ce dernier pouvant provenir d’un stock en dessous des limites de conservation, qui définissent les niveaux adéquats d’abondance.

Enfin, l’organisation intergouvernementale a souhaité qu’un travail sur cette limite de conservation des saumons de chaque rivière soit entrepris. Le Conseil International pour l’Exploration des Mers (CIEM) avait donné une formule, mais trop peu de pays l’ont suivi. « En prenant en compte la proposition du CIEM, l’Oscan veut absolument harmoniser les méthodes de calcul de ces limites de conservation, ce qui permettra de faire de vraies comparaisons de stocks », souligne Bénédicte Valadou.

Contact : benedicte.valadou@onema.fr

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