Accueil >> Lettre #16 Contaminants et milieux aquatiques : quels leviers pour agir sur les sources polluantes ?



CONTAMINANTS ET MILIEUX AQUATIQUES : QUELS LEVIERS POUR AGIR SUR LES SOURCES POLLUANTES ?

Le séminaire "Contaminants chimiques et milieux aquatiques" des 17 et 18 juin derniers a fait le point sur cinq années d’études et recherche, soutenues par l’Onema et les agences de l’eau. Au programme : état des masses d’eau, substances émergentes, nouveaux outils de diagnostic… Une session très riche a été consacrée à la maîtrise des sources de pollution.

"Réduire les émissions à la source" : c’est l’un des grands axes du plan national Micropolluants 2009-2013. Face à la multiplicité des sources polluantes - sites industriels, eaux usées urbaines, ruissellement urbain…-, comment prioriser les efforts de réduction ?. L’Ineris développe une méthode d’inventaire d’émissions vers les eaux superficielles. Les rejets connus sont sommés par source, à l’échelle d’un bassin versant. Et lorsque les données sont manquantes, des modèles statistiques d’émissions sont utilisés. Les premiers inventaires sont en cours de calcul par les agences de l’eau. Ils nourriront à terme les stratégies de réduction des rejets.

3 000 sites industriels à la loupe

En parallèle, un ensemble d’actions ont été menées par l’Ineris pour identifier - par secteur d’activité émettrice - les substances et sources principales (hors pollutions diffuses agricoles, traitées par ailleurs dans le cadre du plan Écophyto). Ainsi, les Installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) font l’objet depuis 2010 d’une campagne ciblée : plus de 3 000 d’entre elles ont déjà été auditées, pour un total de 600 000 analyses. En cas d’émissions significatives, des études visant à la réduction des émissions peuvent être engagées : c’est le cas par exemple pour 28 % des sites suivis dans l’industrie papetière, ou 17 % dans le secteur des revêtements et du traitement de surface. Pour ce dernier secteur le Centre technique des industries mécaniques (CETIM) a réalisé une étude auprès de 495 industriels, identifiant des dizaines de corrélations entre les substances détectées et les procédés utilisés.

Améliorer le traitement des eaux usées

Derrière des valeurs moyennes "classiques", la qualité des eaux usées brutes des petites collectivités présente de grandes disparités, tant en qualité qu’en composition : c’est ce qui ressort d’une étude menée par Irstea à partir des données des agences de l’eau. L’évaluation des procédés de traitement fait l’objet de nombreuses recherches. Le projet Armistiq a notamment généré un ensemble d’avancées : évaluation de procédés innovants (ozonation, charbons actifs, matériaux adsorbants, meilleure dégradation des micropolluants par des boues activées…).

Artisanat, rejets urbain… et appel à projets

Une étude du Centre national d’innovation pour le développement durable et l’environnement dans les petites entreprises (CNIDEP) s’intéresse aux rejets de l’artisanat. Des analyses ont été menées, à ce stade, dans diverses entreprises de quatre secteurs : mécanique automobile, imprimerie, pressing et peinture en bâtiment. Une trentaine de substances ont été quantifiées à plus de 100 fois la limite de quantification, dont sept substances prioritaires au sens de la DCE.

Plus largement, les rejets urbains diffus constituent une source majeure et mal maîtrisée de pollution des milieux aquatiques. Quelles sont les substances à enjeux ? Quels changements de pratiques, quelles innovations permettraient de limiter leurs rejets ? Cette thématique fait l’objet d’un appel à projets de l’Onema et des agences de l’eau (voir article ci dessous).

Contact : pierre-francois.staub@onema.fr

Article issu de La Lettre #16 - été 2013