LES BANDES ENHERBÉES SONT-ELLES EFFICACES POUR RÉDUIRE LE TRANSFERT DES PESTICIDES PAR LES EAUX DE RUISSELLEMENT ?
Interview de partenaires
Joseph Ménard/ Chambre d’agriculture de l’Ille-et-Vilaine
La protection de la qualité des eaux et les enjeux environnementaux liés aux pratiques agricoles sont étroitement imbriqués...
Bernard Rousseau/ France Nature Environnement
Depuis 25 ans, les engagements des gouvernements successifs pour restaurer la qualité des eaux n’ont pas suffisamment porté leurs fruits et l’état des milieux aquatiques continue de se dégrader...

La pollution des milieux aquatiques par les pesticides touche à la fois les masses d’eau souterraine et les eaux de surface. Elle constitue une menace pour la pérennité des usages de l’eau et pour les êtres vivants qui s’y développent. L’Onema a financé un travail de diagnostic réalisé par le Cemagref avec l’appui des services territoriaux de l’Onema, afin d’évaluer l’efficacité et l’état des zones tampons en bordure des cours d’eau.
Les zones tampons végétalisées longeant les cours d’eau, telles que les bandes enherbées, séparent les terres cultivées du milieu aquatique pour empêcher le transfert des pesticides via le ruissellement d’eau. Quelle est leur réelle efficacité ? Sont elles suffisantes et en bon état ? Face au manque d’outils d’évaluation, l’Onema a financé un projet de diagnostic de leur efficacité.
Une méthode de diagnostic sur le terrain
La méthodologie a été testée sur le terrain par les chercheurs du Cemagref avec des agents de l’Onema, dans quatre départements : Orne, Côtes d’Armor, Mayenne et Moselle. Ensemble, ils ont réalisé, le long des cours d’eau, une série d’observations nécessaires au diagnostic : relief, nature des parcelles riveraines (agricole, prairie, bois…), état de la végétation et du sol, écoulements… Ces observations devront ensuite être analysées au regard du fonctionnement hydrique global du bassin versant pour évaluer l’efficacité des zones tampons et proposer un dispositif efficace sur ce bassin.
Ce travail a permis de montrer que la seule présence de zones enherbées n’est pas toujours suffisante pour réduire fortement le transfert des pesticides. De plus, il ressort que l’état des zones enherbées et leur situation au sein des bassins versants sont des facteurs à considérer pour compléter le diagnostic in situ. Un guide proposant une méthode homogène ainsi que des outils pratiques pour réaliser un diagnostic local sera publié. À terme, il pourra être utilisé par les bureaux d’études et des gestionnaires de bassins versants qui souhaitent mesurer l’efficacité des bandes enherbées et protéger ainsi plus efficacement et activement les captages et les masses d’eau.
Contact : nicolas.domange@onema.fr