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Hydromorphologie
La restauration des cours d’eau : retour d’expériences sur l’hydromorphologie

 

Restaurer-la-continuité
La dégradation des caractéristiques physiques des cours d’eau compromet l’atteinte du bon état écologique des eaux en 2015. Le défi majeur de restaurer la continuité écologique et l’hydromorphologie ne pourra être relevé que par la conjugaison d’actions incitatives et réglementaires.

 

Plan national continuité
Restaurer les cours d’eau est une des conditions pour atteindre le bon état des eaux d’ici à 2015. Le 13 novembre dernier, Chantal Jouanno, secrétaire d’État chargée de l’écologie, a annoncé le lancement d’un plan d’action national pour la restauration de la continuité écologique des cours d’eau. Un objectif ambitieux pour lequel l’Onema se mobilise et appor te son expertise.

 

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UN EXEMPLE EMBLÉMATIQUE DE LA RESTAURATION DES COURS D’EAU : L’HISTOIRE DU BASSIN DE LA TOUQUES

L’annonce du lancement du plan national d’action pour la restauration de la continuité écologique des cours d’eau a été faite sur le bassin de la Touques en Normandie, très bel exemple de reconquête de la continuité. En 30 ans, grâce aux aménagements réalisés et à l’implication de nombreux acteurs, la Touques est redevenue un axe complètement accessible aux poissons migrateurs.

  En 1978, dans le cadre du 1er plan saumon du ministère de l’environnement, une étude lancée sur la truite de mer révèle le fort potentiel du bassin de la Touques : l’importance des frayères et leur proximité de la mer favorisent l’abondance de cette forme migratrice de la truite commune. Pourtant, ce potentiel n’est alors exploité qu’à seulement 15% du fait de multiples obstacles aux migrations. Aux premières conclusions succèdent les premières actions. Ainsi, sur trois décennies, de nombreuses initiatives ont été engagées par les acteurs locaux et les services de l’État afin de ré-ouvrir les accès aux cours d’eau du bassin.

  Dans les années 80, les premières passes à poissons sont réalisées par la fédération de pêche du Calvados et l’Onema (CSP à l’époque) et l’entretien des berges est engagé. Une décennie plus tard, les actions pour le rétablissement de la circulation des poissons se multiplient : l’Onema et la direction départementale de l’agriculture et de la forêt (DDAF) travaillent aux projets techniques en appui aux partenaires locaux. L’accent est davantage mis sur l’hydro-morphologie des cours d’eau et la suppression d’ouvrages inutilisés. En 1999, une passe à poissons est construite au barrage du Breuil-en-Auge, verrou de la Touques ; elle permet le doublement de la surface de production accessible aux truites de mer. L’amélioration de l’aval du bassin s’accentue aussi grâce à la mise en service en 2004 de la nouvelle station d’épuration de Lisieux, principale agglomération du bassin. Ajoutons à ces actions, un cadre réglementaire en faveur de la circulation des poissons étendu au bassin en 1999 et la création en 2007 du syndicat mixte du bassin versant de la Touques, destiné à restaurer et entretenir les cours d’eau en veillant au bon fonctionnement des passes à poissons.

  En 30 ans, 71 obstacles ont été aménagés sur 200 km de cours d’eau, faisant passer la surface accessible aux truites de mer de 15% en 1982 à 86% en 2009. Aujourd’hui, le stock annuel de la Touques avoisine 10 000 truites de mer, ce qui en fait la 1ère rivière française à truite de mer et une des meilleures au niveau européen.

Contact : arnaud.richard@onema.fr

 
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