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L’IMPACT DE LA CHALEUR SUR L’EAU ET LES MILIEUX AQUATIQUES

- 30 juillet 2015 -

Au 31 juillet, 67 départements français sont en arrêté sècheresse. En cette période de sécheresse remarquable, et à l’heure du changement climatique, les ressources en eau et les milieux aquatiques en France ne sont pas épargnées. La hausse des températures entraine et entrainera sur les cours d’eau une diminution des débits, variable selon les saisons et les régions et des modifications de leur régime thermique. L’étude des chroniques de débits naturels en France montre que les périodes de basses eaux sont depuis 40 ans de plus en plus sévères et longs. Pressions sur la ressource, conflits d’usages (agricoles, domestiques, industriels et environnementaux), impact sur la biodiversité aquatique…. Retrouvez un point d’actualité sur l’impact de la chaleur sur l’eau et les milieux aquatiques.

Suivi de la situation en France

Au niveau national, suivez en temps réel l’évolution de la situation et accédez à la liste des arrêtés sècheresse.

Sur le site Propluvia
Suivi de la situation dans les bassins

Le bulletin national de situation hydrologique

Ce bulletin mensuel (BSH) présente la situation des ressources en eau en France métropolitaine à l’aide d’un ensemble de cartes commentées et de données sur la pluviométrie, l’état des sols, le manteau neigeux, l’état des nappes souterraines, le débit des cours d’eau, l’écoulement dans les cours d’eau, l’état de remplissage des barrages réservoirs etc.

Le BSH est disponible sur le portail EauFrance
Sur le site Météofrance :

Ce site propose une analyse des conditions météorologiques observées et des paramètres mesurés.

Accédez au site MétéoFrance

Sur le site du BRGM :

Le BRGM publie régulièrement sa note d’information sur le niveau des nappes d’eau souterraine en France

Le point de situation des nappes d’eau souterraines

Accédez au portail national d’accès aux données sur les eaux souterraines ADES

 

De l’eau de la nature à l’eau domestique...

La France reçoit par an environ 400 milliards de m3 d’eau de pluie. Les 2/3 de cette eau s’évaporent et viennent alimenter le grand cycle de l’eau. Le tiers restant soit environ 175 milliards de m3 permet de recharger les nappes d’eau souterraines et d’alimenter les eaux de surface (rivières, lacs, etc.). Les prélèvements en eau douce représentent environ 32 milliards de mètres cube d’eau et permettent de satisfaire les différents usages : industrie, agriculture, eau potable, etc.

Des gestes simples pour économiser l’eau
Chacun de nous, en modifiant ses habitudes peut réduire sa consommation d’eau de 30 %.

  Pour en savoir plus

En savoir plus sur
  •  Le grand cycle de l’eau
  •  Le petit cycle de l’eau
  •  De l’eau potable à l’assainissement
  • En France, le rapport dirigé par Jean Jouzel, vice-président du GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l‘évolution du climat) sur « le climat de la France au 21e siècle », remis à la Ministre Ségolène Royal, en septembre 2014, confirme à horizon proche (2021-2050) :

      la hausse des températures moyennes comprises entre 0,6°C et 1,3°C. Cette hausse devrait être plus importante dans le sud-est de la France ;

      l’augmentation du nombre de jours de vagues de chaleur en été compris entre 5 et 10 jours voire de 5 à 10 jours dans le quart sud-est ;

      la diminution des jours anormalement froids en hiver (jusqu’à 6 jours dans le nord-est de la France) ;

      une légère hausse des précipitations moyennes, en été comme en hiver, avec une forte incertitude sur leurs distributions géographiques.

    Le changement climatique et son impact sur la ressource en eau et les milieux aquatiques

    La France est constituée de 270 000 kilomètres de cours d’eau, de fleuves et de ruisseaux. Le territoire français reçoit également chaque année près de 480 milliards de m3 de précipitations, qui, soit s’évaporent (61%) soit alimentent les cours d’eau (16%) soit s’infiltrent dans le sol pour alimenter nos réserves souterraines.

    Toutes ces ressources en eau risquent d’être affectées par les effets du changement climatique. En effet, le réchauffement climatique (hausse des températures atmosphériques moyennes) entrainera une hausse des températures des cours d’eau, fleuves, lacs etc. avec des modifications tant sur les milieux aquatiques et en particulier les poissons et leurs activités (notamment les fonctions d’alimentation, de respiration et de déplacement), que sur la ressource en eau : réduction des débits hydrologiques, aggravation de la mauvaise qualité de l’eau, réduction des zones humides et de leur biodiversité,…

    Avoir une ressource en moins grande quantité et de plus mauvaise qualité aura pour conséquence d’accentuer les conflits entre les usages liés à l’eau (domestiques, agricoles, industriels et environnementaux).

    Des débits de rivière sous surveillance

    Dès 2050, il est prévu une baisse de 20 à 30% du débit annuel d’eau bleue dès 2050. Dans les régions françaises du sud-ouest et dans le nord, la baisse sera plus forte, aux alentours de 50%. Cette baisse du débit sera accompagnée de sécheresses plus longues sans diminuer le risque de crues qui s’élèverait dans certaines régions, en particulier dans le sud-est.

    Une étude menée par l’Onema et l’Irstea en 2013 confirme une tendance à la raréfaction de la ressource en eau et une aggravation des étiages (niveau le plus bas d’un cours d’eau) dans plusieurs régions de la moitié sud de la France. Elle confirme également des situations contrastée entre les régions et selon les périodes de l’année. Bâtie sur un vaste réseau de surveillance de 250 stations et sur 40 années de mesures de débit, cette étude avait pour objectif de détecter l’évolution des plus faibles débits d’eau en été dans les zones peu influencées par l’homme et ses activités et son éventuel lien avec le changement climatique. Les résultats de l’étude démontrent une augmentation de la durée et de la sévérité de la baisse des débits des cours d’eau sur de vastes portions du territoire.

    En savoir plus

    Les conséquences des déficits hydriques sur les milieux aquatiques

    La bonne santé des poissons dans les eaux douces dépend de facteurs environnementaux : la température de l’eau, la quantité d’eau, la qualité de l’eau (oxygène dissous, concentrations de polluants), et enfin les conditions hydro-morphologiques du cours d’eau.

    Le manque d’eau peut conduire à la fragmentation des milieux aquatiques en rendant certains obstacles (naturels ou non) infranchissables ou en supprimant des connexions à des périodes critiques comme la période de fraie par exemple. Les poissons migrateurs, mais aussi des poissons comme le brochet, ne pourront plus se déplacer pour dérouler leur cycle de vie, par exemple pour atteindre leurs sites de ponte spécifiques pour se reproduire. De la même manière, une baisse des niveaux d’eau excessive au printemps et en été peut rendre de nombreux obstacles infranchissables pour les saumons et ainsi empêcher leur reproduction, particulièrement sur de grands axes comme celui de Loire-Allier ; une partie des saumons risque de ne pas pouvoir atteindre les zones fraîches de l’amont pour survivre pendant l’été.

    Les effets de la température sur la ressource en eau et les milieux aquatiques

    La hausse de la température de l’eau entraine un stress thermique pour les populations de poissons. La canicule de 2003 avait entrainé la mort d’un nombre notable d’anguilles alors que cette espèce présente une tolérance à la température parmi les plus élevées de la faune piscicole française (température létale : 39 °C). Ce stress thermique peut rendre l’organisme plus sensible à d’autres facteurs (pollution et pathogène notamment) et donc le fragiliser.

    L’augmentation de la température de l’eau accélère également les phénomènes d’eutrophisation, le développement de cyanobactéries. Ces phénomènes impactent la ressource en eau utilisée pour produire de l’eau potable par exemple.

    Des déséquilibres physico-chimiques apparaissent, ainsi, une hausse de la température de l’eau est bien souvent corrélée avec une diminution des concentrations d’oxygène dissous (jusqu’à l’anoxie parfois), paramètre clef de nombreux processus biologiques et de la survie des organismes vivants.

    Le réchauffement climatique et la hausse de la température de l’eau induisent un changement des aires de répartition pour les poissons. A l’échelle de la métropole ces évolutions sont déjà observées. Ainsi, les aires de répartition des espèces d’eau froide glissent vers l’amont des cours d’eau. C’est le cas par exemple pour la truite ordinaire ou le chabot.

    Pour en savoir plus : Les poissons d’eau douce à l’heure du changement climatique : état des lieux et pistes pour l’adaptation

    Les actions de l’Onema

    Renforcer la surveillance des milieux aquatiques

    Observatoire national des étiages (ONDE)

    Le protocole d’observation nationale des étiages estivaux, Onde, est déployé sur l’ensemble du territoire métropolitain depuis 2012 sur 3345 stations.

    Onde constitue désormais un réseau de connaissance stable sur les étiages estivaux grâce à un suivi mensuel de mai en septembre ; c’est aussi un outil d’aide à la gestion des périodes de crise hydrologique avec la mise en place d’un suivi complémentaire au suivi usuel .


      Onde permet de décrire trois situations :

  •  Ecoulement visible : ecoulement de l’eau en continu permanent et visible
  •  Ecoulement non visible : eau présente mais absence de débit.
  •  Assecs : absence d’eau
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    Situation au 31 juillet 2015 :

    (Cliquer sur l’image pour agrandir la carte)

     
     
     
    Les données recueillies sont centralisées par l’Onema et seront rendues accessibles via un portail de diffusion. Elles sont valorisées dans le bulletin de situation hydrologique (BSH) national disponible sur le portail Eaufrance

    Les contrôles des arrêtés sécheresse

    La police de l’eau est assurée par les services de police de l’eau des directions départementales des territoires avec les agents de l’Onema et se coordonne au sein des MISE (Mission interservices de l’eau qui regroupe la DDT, la DREAL, la préfecture, l’Onema, l’agence de l’eau, l’Oncfs…). Elle s’exerce sous l’autorité du Préfet.

    En période de sècheresse, dans chaque département, la police de l’eau est habilitée à contrôler le respect des arrêtés de limitation des usages de l’eau. Elle effectue sous la responsabilité du Préfet des contrôles sur le terrain pour expliquer aux différents usagers de l’eau l’application de l’arrêté sécheresse, vérifier le respect de la réglementation, constater les infractions et évaluer les dommages subis.

    Améliorer la connaissance : La banque nationale de prélèvements en eau

    Quels sont les volumes en eau prélevés sur un territoire donné ? Pour quels usages ? Quelle année ? Quelles ressources sont concernées ? Depuis janvier 2015 La BNPE est désormais l’outil national permettra de qui répondre à ces questions. Cette banque de données permet d’avoir une connaissance précise des prélèvements d’eau (agriculture, eau potable, industrie…).

    En savoir plus

    Renforcer les savoirs : impact du changement climatique sur la ressource en eau - Interface sciences et politique

    Retour sur le séminaire : Eau et climat : comment se parlent scientifiques et politiques pour agir ?

    A lire également : les Rencontres de l’Onema n°30

    Changement climatique - Impact sur les milieux aquatiques et conséquences pour la gestion

    Quelques enseignements d’un séminaire organisé par l’Onema et le programme Gestion et Impacts du Changement Climatique (GICC) du ministère en charge de l’écologie...

  •  La synthèse du séminaire
  •  Les rencontre de l’Onema sur le changement climatique
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