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EVALUER LES IMPACTS ÉCOLOGIQUES DES OBSTACLES

Interview de partenaires

Thierry Clauss / Onema Bas-Rhin

Entre avril et juin, mon service a testé le protocole ICE pour recueillir des mesures sur des ouvrages afin d’évaluer leur impact sur la continuité écologique...

Michaël Ovidio / université de Liège

Mon équipe est spécialisée dans l’étude de l’écologie comportementale des poissons de rivière en utilisant les méthodes de radio télémétrie...

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Après avoir animé la réalisation d’un inventaire des obstacles à l’écoulement par capitalisation des connaissances nationales disponibles sur l’ensemble des cours d’eau de la métropole – le référentiel national des obstacles à l’écoulement (ROE) –, l’Onema pilote la mise au point d’une méthodologie nationale de diagnostic de la continuité écologique. Objectif : évaluer l’impact des obstacles sur la circulation des espèces aquatiques et des sédiments. Ce vaste projet qui s’inscrit dans le cadre du plan national pour la restauration de la continuité écologique des cours d’eau permettra d’identifier les ouvrages les plus problématiques et de prioriser les interventions.

Quel est le risque d’entrave d’un ouvrage à la circulation des espèces aquatiques et des sédiments ? Pour l’évaluer, l’Onema coordonne l’élaboration d’un protocole national standardisé de recueil de données destiné aux agents de l’Onema et autres acteurs de l’environnement et de l’aménagement du territoire chargés de recenser les obstacles. Appelé ICE (informations sur la continuité écologique), ce protocole a été élaboré avec un groupe de scientifiques nationaux et internationaux.

Une très forte implication des services territoriaux de l’Onema a permis de tester le protocole et de l’améliorer. Ainsi, dans chaque département, les agents ont appliqué la même méthodologie sur 20 ouvrages : recueillir les caractéristiques géométriques de l’obstacle – hauteur, forme, matériaux de construction, tracé en plan… -, ses caractéristiques fonctionnelles - type d’éléments mobiles, dimensions, fonctionnement et nature des écoulements…- et la structure physique du cours d’eau - granulométrie, comblement des retenues, indices d’incision… - en amont et en aval de l’obstacle.

Optimisation du protocole et élaboration d’indicateurs de risque de discontinuité pour les poissons

Suite au test réalisé en 2010, un groupe de travail réunissant les experts du pôle écohydraulique de Toulouse, de l’Université de Liège, de l’Université Paris 1 et de l’Onema, a été créé. Le travail du groupe a permis de simplifier fortement le processus de recueil de données sur le terrain et ainsi d’optimiser le temps d’intervention des opérateurs sur chaque ouvrage - moins d’une heure en moyenne. Il a également permis de construire des indicateurs de risque de discontinuité pour les poissons de métropole, regroupés en différentes catégories, en fonction de leurs capacités physiques de franchissement.

Ce travail a nécessité une analyse approfondie des connaissances scientifiques actuelles, une exploitation des résultats des pêches scientifiques réalisées sur les réseaux de surveillance et des modélisations écohydrauliques pointues.

Des indicateurs de discontinuité, résultant de la confrontation des caractéristiques de l’obstacle analysé, aux capacités physiques de la catégorie d’espèce considérée, ont ensuite été élaborés. Au final, ces indicateurs permettent de classer les obstacles en quatre catégories : barrière infranchissable, barrière partielle à impact majeur, barrière partielle à impact significatif et barrière franchissable à impact limité.

La conception d’un outil de saisie et d’interprétation des données a été lancée, afin de permettre aux agents recueillant les informations sur le terrain d’effectuer directement le calcul des risques pour une espèce, ou un groupe d’espèces.

Le protocole ICE sera utilisé en priorité sur les cours d’eau où les enjeux réglementaires sont forts et sur les masses d’eau du réseau de contrôle de surveillance. A l’issue de l’année 2011, un déploiement plus large est envisagé, notamment auprès des agences de l’eau, services techniques de l’État, acteurs locaux porteurs de SAGE ou de contrats de milieux et bureaux d’études, accompagné d’actions d’informations techniques et de formation.

Contact : jean-marc.baudoin@onema.fr

Septembre 2011
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