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L’influence de la ripisylve sur la bonne santé des cours d’eau
Pour la première fois en France et en Europe, une étude réalisée en partenariat entre l’Onema et le laboratoire Ecolab de Toulouse témoigne du rôle fondamental des ripisylves dans la vie des rivières. Cette étude rapporte que toute incidence sur la continuité des bandes végétales qui bordent les rivières interagit avec le bon fonctionnement des cours d’eau.

 

Mortalités de poissons sur la Loue - résultats de l’expertise collective
Une dégradation globale de la qualité de la rivière depuis plusieurs décennies serait à l’origine des mortalités de poissons observées sur la Loue en 2010 et 2011. Telle est la conclusion de l’expertise collective mandatée par le Préfet du Doubs, pilotée par l’Onema et rendue publique le 7 mars 2012. Le groupe d’experts fait une série de recommandations en termes de suivi, de recherche et d’actions.

 

Contamination aux PCB - des sédiments fluviaux à la chair des poissons
Vingt-cinq ans après l’interdiction à la vente des appareils contenant des PCB, ces composés toxiques se sont accumulés au fond de nombreux cours d’eau français et dans les organismes qui y vivent. Les actions coordonnées par l’Onema entre 2008 et 2012 ont permis d’améliorer la compréhension de leur transfert des sédiments aux poissons.

 

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FORMATION
Programme du Centre de formation sur l’eau et les milieux aquatiques [...]

 

 

POLLUTION DES COURS D’EAU PAR LES PCB : L’ONEMA MET EN ŒUVRE LE RÉSEAU NATIONAL DE SUIVI DE LA CONTAMINATION DES POISSONS

Afin de lutter contre la pollution des fleuves et des rivières par les polychlorobiphényles (PCB), les trois ministères en charge de l’Ecologie, de la Pêche et de la Santé ont lancé en début d’année un vaste plan national d’actions. L’Onema participe à quatre des axes de ce plan. Il est tout particulièrement chargé de mettre en place et coordonner le réseau national de suivi de la contamination des poissons.

Il y a tout juste un an, en juin 2007, un rapport réalisé par le Cemagref révélait une contamination du Rhône par les PCB, ou polychlorobiphényles, dérivés chimiques chlorés plus connus sous le nom de pyralènes, longtemps utilisés dans l’industrie notamment comme isolants électriques et lubrifiants. Les taux de PCB trouvés dans la chair des poissons circulant dans les eaux du Rhône, supérieurs aux normes sanitaires européennes, conduisirent les autorités françaises à en interdire aussitôt la consommation et la pêche. La production et l’utilisation des PCB sont interdites depuis plus de vingt ans du fait de la toxicité avérée de ces substances. Cependant, en raison de leur persistance (non biodégradable) et de leur faible solubilité dans l’eau, les PCB rejetés autrefois se sont accumulés dans les sols et les sédiments et contaminent encore aujourd’hui la chaîne alimentaire. En octobre dernier, une carte des contaminations des sédiments par les PCB, rendue publique par la direction de l’eau du ministère en charge de l’Ecologie, a montré que la pollution, loin de se cantonner aux eaux du Rhône, toucherait principalement deux autres bassins : ceux de Seine-Normandie et d’Artois Picardie.

L’Onema participe à quatre des axes du plan national

Face à cette situation, les pouvoirs publics ont mis en place en début d’année un plan interministériel d’actions qui s’articule autour de six grands axes.

Les 6 axes du plan national d’actions :

  •  intensifier la réduction des rejets de PCB
  •  améliorer les connaissances scientifiques sur le devenir des PCB dans les milieux aquatiques et gérer cette pollution
  •  renforcer les contrôles sur les poissons destinés à la consommation et adopter les mesures de gestion des risques appropriés
  •  améliorer la connaissance du risque sanitaire et sa prévention
  •  accompagner les pêcheurs professionnels et amateurs impactés par les mesures de gestion des risques
  •  évaluer et rendre compte des progrès du plan

    L’Onema apporte sa contribution à quatre de ces axes : il soutient des recherches sur le devenir des PCB dans les milieux aquatiques ; il coordonne le réseau national de suivi de la contamination des poissons ; il apporte son appui aux services de l’Etat pour accompagner les pêcheurs impactés par les mesures de gestion des risques ; enfin, il participe aux travaux du comité national de pilotage et de suivi.

    Mieux comprendre le devenir des PCB dans les milieux aquatiques

    L’Onema s’est engagé aussitôt à cofinancer une étude lancée par le Cemagref. Cette étude vise à mieux comprendre les phénomènes complexes de transfert des PCB depuis les sédiments vers les poissons d’eau douce et développer un modèle de simulation des transferts entre sédiments et poissons afin de déterminer la valeur limite de contamination des sédiments, en dessous de laquelle le niveau reste admissible pour les poissons. Par ailleurs, l’Onema soutient une étude de synthèse réalisée par l’Ifremer sur les travaux de la surveillance chimique et de recherche sur la distribution, la bioaccumulation et les effets génotoxiques des PCB. La mise en évidence de corrélations géographiques entre la contamination des sédiments et celle des poissons devrait permettre d’identifier les zones à décontaminer en priorité et celles où les sédiments devront être gérés avec précaution.

    Mise en œuvre d’un réseau national de suivi de la contamination des poissons

    Afin d’éviter toute consommation de poissons contaminés par les PCB et de rendre possible celle de poissons ne posant pas de problèmes sanitaires, il est avant tout nécessaire de réaliser une photographie nationale de la contamination des poissons. A cette fin, un plan national d’échantillonnage des poissons en milieux aquatiques a été lancé sous la maîtrise d’ouvrage de l’Onema et selon un cahier des charges défini par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments. L’objectif ? Définir la teneur en PCB des poissons dans différents sites géographiques choisis. En fonction des résultats, trois scenarios seront alors envisagés : la teneur en PCB se révèle en dessous des seuils autorisés pour l’ensemble des espèces de poissons, la pêche et la consommation devraient être alors autorisées ; la contamination est avérée seulement chez certaines espèces : des analyses complémentaires seront alors nécessaires pour déterminer si la consommation peut être limitée aux seules espèces non atteintes ; enfin, toutes les espèces de poissons sont contaminées et la consommation sera interdite en raison d’un risque sanitaire.

    300 sites à la loupe

    Au total, 300 sites feront ainsi l’objet de prélèvements de sédiments et de poissons. Mais, dans l’immédiat, face à l’urgence de la situation, le travail se focalise sur une centaine de sites considérés comme les plus à risque. Il s’agit des 87 sites français les plus contaminés - affichant des concentrations en PCB des sédiments supérieures à 141 ng/g MS - et 20 autres stations identifiées avec le concours des agences de l’eau, présentant des concentrations supérieures à 10 ng/g et situées en aval des agglomérations ou de sites industriels importants – elles sont en cela susceptibles d’avoir reçu des rejets pollués. Les 107 sites sélectionnés sont situés essentiellement dans les bassins les plus touchés, à savoir ceux de Seine-Normandie (31), Rhône-Méditerranée (31) et Artois-Picardie (28) et, dans une moindre mesure, les bassins Loire-Bretagne (11), Rhin-Meuse (5) et Adour-Garonne (1).

    Des prélèvements réalisés par les services territoriaux

    Les prélèvements de poissons et de sédiments ont été effectués durant le mois de mai, selon un calendrier détaillé établi conjointement par les délégations interrégionales de l’Onema et les agences de l’eau. Les méthodes les plus appropriées ont été utilisées par les agents techniques de l’Onema en fonction des espèces et des milieux - pêche à l’électricité, nasse à anguille ou filet. Les agents ont parfois fait appel à des pêcheurs professionnels, là où la pêche au filet pouvait être pratiquée. Les agents avaient pour consigne de prélever, sur chaque site, deux espèces indicatrices de poissons, l’une fortement bioaccumulatrice de PCB comme l’anguille, la brème, la carpe ou le barbeau, l’autre faiblement bioaccumulatrice comme le gardon, la perche, le sandre ou la vandoise. Ils ont constitué cinq lots de chaque espèce.

    Des échantillons de poissons prélevés seront conservés durant 5 ans au sein d’une alimenthèque en vue d’une utilisation ultérieure potentielle pour l’analyse d’autres polluants.

    Les résultats disponibles d’ici la fin de l’année

    Les échantillons de poissons seront préparés à Clermont-Ferrand, au Centre technique français de la filière viande et les analyses réalisées pour la fin de l’année par le Laboratoire d’étude des résidus et contaminants dans les aliments (Laberca) de l’école vétérinaire de Nantes, laboratoire national de référence pour les dioxines et les PCB. A la demande du ministère de l’Ecologie, les experts du Laberca procèderont également, en plus de l’analyse des divers PCB, à la recherche de mercure sur les échantillons d’anguilles ou de carnassiers. Les informations, saisies directement sur une base de données, seront aisément accessibles aux différents intervenants du plan PCB. Le coût de l’opération globale de suivi de la contamination des poissons s’élève à 900 000 euros pour l’année 2008, financé pour moitié par l’Onema et cofinancée à hauteur de 35% par le ministère de l’Agriculture et de la Pêche et à 15 % par le ministère de la Santé.

    Les dates clé

    • juin 2008 : fin des opérations de prélèvements de sédiments et de poissons • Fin juillet 2008 : fin de la préparation des échantillons • Fin 2008 : résultats d’analyse par le Laberca • Début 2009 : interprétation par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) des données issues de la première centaine de sites analysés

    Pour en savoir plus :

    Rapport du Cemagref de juin 2007

    Plan national d’actions sur les polychlorobiphényles,

    Site des données du plan national d’actions sur les PCB

    Document Onema

    Liste et carte de localisation des sites de suivi

    Schéma général de plan d’échantillonnage

    Contact : Romuald Berrebi romuald.berrebi@onema.fr

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