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ACQUIS ET BESOINS OPÉRATIONNELS : UN BILAN DES DIX DERNIÈRES ANNÉES

Quels sont les apports opérationnels de la recherche sur les zones humides depuis 2001 ? Dans quelle mesure répondent-ils aux besoins des gestionnaires ? Retour sur le bilan présenté par le Muséum national d’histoire naturelle, lors de la journée d’échange du 13 décembre dernier.

Depuis la fin du second programme national de recherche sur les zones humides, en 2001, la thématique « zones humides » a été traitée dans au moins 440 projets de recherche soutenus entre autres par plus de 30 programmes : Agence nationale de la recherche, Eaux & Territoires, PNETOX, Liteau, Invabio… En 2012, à la demande de l’Onema, Guillaume Gayet a réalisé sous la direction de Geneviève Barnaud (Muséum national d’histoire naturelle – Service du patrimoine naturel) un bilan des acquis opérationnels apportés par ces recherches. "La démarche a consisté à analyser les sujets abordés par les scientifiques sur cette période de dix ans et l’intérêt des résultats opérationnels pour la gestion, en les confrontant aux besoins exprimés par les acteurs de terrain", explique Guillaume Gayet, qui a présenté ce travail lors de la journée d’échanges organisée à Paris le 13 décembre dernier.

Un nombre limité d’approches opérationnelles

La typologie des objets de recherche révèle que les zones humides littorales sont les plus fréquemment traitées (57% des projets), suivies des zones humides alluviales (14%) et artificielles (15%). Plus de la moitié des projets de recherche étaient centrés sur les fonctions « habitat », devant les fonctions « biochimique » (26%) et « hydrologique » (16%)… Enseignement majeur : les approches à caractère opérationnel ne représentent qu’une faible proportion de ces travaux. "Sur 80 projets annonçant des livrables pour la gestion, seul un tiers a débouché sur des outils et méthodes transférables sans pour autant être toujours validés scientifiquement", observe Guillaume Gayet.

Rapprocher l’offre de la demande

En parallèle, l’équipe du MNHN a sondé les attentes des gestionnaires par le biais d’un questionnaire diffusé aux structures concernées, à l’échelle nationale : associations, collectivités, organismes publics et privés. L’analyse des 156 réponses obtenues illustre l’écart entre politique scientifique et besoins du terrain. Exemple ? "L’intérêt manifesté par les acteurs pour des acquis opérationnels sur les prairies humides, bras morts, ripisylves, roselières, forêts ou encore les mares est très important comparé à la fréquence des projets de recherche abordant ces sujets", indique Guillaume Gayet. À l’inverse, les gestionnaires ont indiqué peu d’attentes opérationnelles sur les zones humides littorales (plus de la moitié des projets). Plus globalement, ces derniers s’intéressent d’abord aux fonctions d’habitat des zones humides, et expriment très fréquemment le besoin d’outils de diagnostic et d’aide à l’action. L’enquête du MNHN débouchera sur quatre rapports en cours de publication, dont le dernier s’attache à identifier les acquis scientifiques pertinents pour la gestion (en vue de leur transfert) et à dessiner les contours d’une politique scientifique répondant davantage, demain, aux attentes du terrain.

Contacts : gayet@mnhn.fr et barnaud@mnhn.fr

Issu de La Lettre #18 - hiver 2013-2014

 
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