Accueil >> Actualités >> 26-01-2010 / Séminaire "continuité écologique et gestion de l’anguille"

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RESTAURER LA CONTINUITÉ ÉCOLOGIQUE : UN AXE PHARE DU PLAN NATIONAL DE GESTION DE L’ANGUILLE

- 22 janvier 2010 -

Retour sur le séminaire anguille organisé conjointement par l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques et le ministère en charge de l’écologie, avec l’appui technique de l’Office international de l’eau, le mardi 26 janvier 2010

  Téléchargez "Les Rencontres de l’Onema" N°3 consacrées au séminaire

   Le 26 janvier dernier, l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema) a organisé conjointement avec le ministère en charge du développement durable et en partenariat avec le ministère en charge de l’agriculture, l’Union française de l’électricité, une journée d’échange consacrée à l’anguille européenne, espèce menacée d’extinction. Pollutions, pêches, construction d’ouvrages, assèchement des zones humides, autant de causes plus ou moins directes de l’effondrement des stocks d’anguilles dans les rivières françaises.

Pour faire face à cette menace d’extinction, la France a rédigé, sur demande de l’Europe, un plan national de gestion de l’anguille qui doit être prochainement approuvé par la commission européenne. Dans ce plan, le volet relatif aux ouvrages représente l’un des enjeux les plus ambitieux. Sur les cours d’eau et fleuves français, ce sont plus de 60 000 obstacles qui menacent la survie de l’espèce en l’empêchant d’accomplir son cycle de vie.

Améliorer les connaissances sur l’impact des ouvrages...

Sans attendre la validation de ce plan, les acteurs (agences de l’eau, collectivités locales, hydro-électriciens, gestionnaires de cours d’eau, ministères …) se mobilisent et entreprennent des actions en vue d’améliorer la libre circulation des anguilles. La conciliation des usages et la préservation des activités économiques (pêche, énergies renouvelables, activités récréatives…) demeurent des contraintes prépondérantes à toutes ces opérations.

Concernant les ouvrages, il existe une panoplie d’outils règlementaires tels que la loi sur la pêche de 1984, les lois sur l’eau, respectivement de 1992 et plus récemment de décembre 2006. Dans le cadre des activités de police de l’eau, ces textes permettent d’agir à la fois sur les cours d’eau classés et aussi sur ceux qui ne le sont pas.

Les actions en droit d’être exigées, s’exprimant soit par une adaptation de l’exploitation de l’ouvrage, soit par la mise en place d’une passe à poisson ou encore par un effacement de l’ouvrage, sont d’une importance capitale en vue de la sauvegarde de l’anguille.

Deux ans, 187 actions ciblées : un programme recherche & développement

Afin d’améliorer l’état des connaissances, l’ONEMA développe un référentiel des obstacles à l’écoulement (ROE) capable de centraliser, d’unifier et de consolider les informations existantes. Dans la même logique, une banque de données permettant d’évaluer les impacts des obstacles sur la continuité écologique (ICE) est en cours d’élaboration.

Cette meilleure connaissance au service de l’action publique passe également par un programme ambitieux de recherche et développement signé le 8 décembre 2008 entre l’Onema, les producteurs d’hydroélectricité regroupés sous le titre de l’UFE (union française d’électricité) et l’Ademe.

Ce programme de recherche 2008 - 2010 porte sur de nombreux thèmes (187 actions au total). L’étude des possibilités de franchissement des ouvrages par les jeunes anguilles, l’évaluation de l’impact des ouvrages sur la mortalité (étude menée notamment à Fessenheim sur le Rhin), la recherche de techniques permettant de réduire cet impact (grille à faible espacement des barreaux, barrières comportementales, arrêt des turbines, turbines ichtyocompatibles, gestion des ouvrages à marée, etc.), la détermination et la prédiction fine des périodes de migration ainsi que l’acquisition de techniques de monitoring innovantes, font partie des principales thématiques de recherche.

Des actions de restauration déjà mises en œuvre

En pratique, des études d’évaluation des conditions de circulation de l’anguille ont d’ores et déjà été menées. Par exemple, dans les Landes, une étude portant sur 1 200 km de cours d’eau et 12 000 ha de plans d’eau a recensé et expertisé 199 obstacles. A partir de là, il a été mis en place un plan d’actions qui hiérarchisent les interventions selon l’impact de l’ouvrage sur la circulation des poissons mais aussi en fonction du rapport coût de l’intervention et bénéfices biologiques.

Enfin, des exemples de cas concrets de rétablissement de la continuité écologique au droit des ouvrages hydroéléctriques ou non ont été présentés. Parmi eux, on citera : l’arrêt coordonné des turbinages sur la Mayenne, la mise en place de grilles fines sur les prises d’eau dans le bassin du Rhône, la gestion d’ouvrages à usage agricole dans le Marais Poitevin, la mise en place d’un contrat restauration entretien sur le Vicoin aboutissant à l’effacement de clapets hydrauliques …

En définitive, bien que l’adoption du règlement européen et la déclinaison du Plan de Gestion français soient des évènements récents, des actions en faveur de la continuité et de l’anguille ont d’ores et déjà été mises en œuvre.

Afin d’entretenir cette dynamique, il parait aujourd’hui primordial de mobiliser les maîtres d’ouvrage et de mettre en place une concertation entre acteurs locaux. Ces aspects, sont, au vu des échanges tenus tout au long de la journée, l’une des clés de réussite des actions ultérieures à menées.

Retrouvez ci-dessous toutes les présentations du séminaire :

  Allocutions

   Introduction

   Le volet ouvrage du Plan de Gestion Anguille

   L’évaluation des conditions de circulation de l’anguille

  L’exemple d’une démarche collective

  Mise en oeuvre de la continuité au droit des ouvrages hydroélectriques : cas concrets

  Mise en oeuvre de la continuité au droit des ouvrages non-hydroélectriques : cas concrets

  Conclusion

 
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