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DIAGNOSTIQUER LES ALTÉRATIONS PHYSIQUES ET RESTAURER LES COURS D'EAU

Dynamiques et mobiles, en remaniement permanent, les rivières évoluent tout au long de leur trajectoire mais aussi au fil du temps. Une succession d’eaux turbulentes, courantes ou lentes, une morphologie diversifiée (profondeur, largeur), des berges naturelles, un substrat de qualité et un fond connecté aux eaux plus profondes, des bancs alluviaux mobiles, une végétation rivulaire fournie et variée, une continuité écologique assurée et un espace de mobilité de la rivière respecté sont des signes de bonne santé des cours d’eau. Ce bon fonctionnement hydromorphologique soutient la biodiversité et le bon état écologique des cours d’eau.

Depuis plus d’un siècle, le développement industriel et agricole ainsi que les différentes politiques d’aménagement du territoire ont conduit à modifier les caractéristiques physiques des cours d’eau. La rectification du tracé des cours d’eau, leur chenalisation, le déboisement et l’artificialisation des berges, l’installation de digues et la construction de nombreux barrages et seuils ont engendré une uniformisation des milieux aquatiques et un appauvrissement des peuplements biologiques aquatiques. Aujourd’hui, l’altération de la morphologie et du régime hydraulique des cours d’eau est devenue l’un des principaux facteurs de dégradation des cours d’eau.

C’est pourquoi la directive cadre sur l’eau impose désormais de prendre en compte les caractéristiques hydromorphologiques des cours d’eau dans l’évaluation de l’état écologique des eaux de surface. L’Onema pilote la réalisation d’un diagnostic et la mise en place d’un suivi national des caractéristiques morphologiques des cours d’eau en France. Un bon diagnostic du dysfonctionnement des milieux aquatiques permettra de mettre en lumière les principales altérations physiques, d’en rechercher les causes et d’orienter les actions de restauration les plus efficaces à réaliser. Un vaste chantier qui réunit de nombreux partenaires.

Témoignage de partenaires

Stéphane Stroffek \ Agence de l’eau Rhône-Méditerranée et Corse

Martin Arnould \ WWF et membre du conseil scientifique de l’Onema

Hervé Piégay \ CNRS, ENS de Lyon

Témoignage de partenaires

Olivier Thibault \ Agence de l’eau Artois-Picardie

Laurent Valette \ pôle Onema-Cemagref de Lyon.

Témoignage de partenaires

Serge Lepeltier, président du comité de bassin Loire-Bretagne , ancien ministre de l’environnement et maire de Bourges

Gilles Pétel, président du Syndicat Mixte des Vallées de la Veyre et de l’Auzon

La morphologie des cours d’eau à la loupe
Afin de dresser un diagnostic de la qualité hydromorphologique des cours d’eau, comme le requiert dorénavant la directive cadre sur l’eau, l’Onema pilote la mise en place d’un suivi national des caractéristiques physiques des cours d’eau. Pour cela, il a élaboré, avec ses partenaires, un protocole de mesures de suivi - le protocole Carhyce - qui a été déployé en 2009 sur des stations du réseau de contrôle de surveillance. Ce suivi est désormais intégré dans le programme de contrôle de surveillance lié à la directive cadre sur l’eau...
Une cartographie des risques d’altération hydromorphologiques
En partenariat avec les agences de l’eau et avec l’appui scientifique et technique de son pôle « hydroécologie » commun avec le Cemagref à Lyon, l’Onema dresse une cartographie des zones à risque d’altérations hydromorphologiques susceptibles de constituer un risque de non atteinte du bon état écologique. Cette cartographie, qui repose sur la méthodologie Syrah, vise à identifier les zones où une attention particulière doit être portée. Elle contribuera, en 2013, à la révision de l’état des lieux requis par la DCE...
Promouvoir la restauration physique des cours d’eau
L’altération de la morphologie des cours d’eau est l’un des principaux obstacles au bon état écologique des milieux aquatiques. C’est pourquoi la mise en œuvre d’opérations adaptées de restauration physique des milieux aquatiques basées sur de bonnes pratiques de génie écologique et portées par des maîtres d’ouvrage locaux est une nécessité. Face à la proche échéance de 2015 pour la reconquête du bon état et l’ampleur des travaux à mener, il est urgent d’accélérer la diffusion de bonnes pratiques déjà connues, d’améliorer les techniques de restauration et le niveau d’ambition des projets. En 2010, l’Onema a mobilisé et sensibilisé les acteurs et piloté l’élaboration d’une méthode de suivi des opérations de restauration...